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- L'affaire du 8 août 2004 par LaTribune


L’affaire du 8 août :

Le puzzle est-il reconstitué ?

La Tribune du 1er septembre 2004

 

Comme nous le disions dans notre édition qui a suivi l’éclatement de l’affaire, l’opinion a difficilement digéré tout ce que les autorités ont avancé comme arguments, puis comme preuves.

Même si deux des officiers incriminés sont passés à des aveux publics, même si le gouvernement a voulu donner une grande ampleur à l’affaire en faisant intervenir différents acteurs, l’impression générale est qu’il n’y avait pas matière à faire tant de fumée. La libération d’une partie des officiers concernés par l’enquête devait conforter les sceptiques. Celle imminente des autres incriminés devra confirmer les appréhensions.

A La Tribune nous essayons de démêler les fils de l’affaire. Nous avons mené notre enquête. Puis nous avons essayé de donner la parole aux différents protagonistes. Certains, comme Moustapha Chafii, ce Mauritanien vivant au Burkina, ainsi que le ministre de la sécurité du Burkina, ont accepté de nous parler. Nos autorités à nous se sont contentées de se murer dans leur silence habituel après les premières déclarations fracassantes. Ni le ministre de la communication, ni un autre responsable n’a accepté de nous accorder un entretien.

Après le putsch réel, le putsch virtuel…

 

Quand le colonel Sidi Ould Riha, chef d’Etat Major de la Gendarmerie nationale, fait son apparition pour rendre public les conclusions de l’enquête, la surprise est générale. L’homme, très controversé sur le plan professionnel, très peu communicatif et très peu avenant sur le plan humain, n’est pas le mieux indiqué pour expliquer les tenants et aboutissants d’une affaire qui paraissait compliquée.

 

De Zarquaoui au Burkina…

 

Avant sa sortie, il y a eu d’abord le discours du ministre de la défense qui a intervenu au début de l’éclatement de l’affaire et dans lequel il faisait état de la découverte par les services de renseignements d’une tentative de déstabilisation du régime en place. On ne savait pas s’il s’agissait d’un coup d’Etat dont les auteurs voulaient profiter du voyage du Président Ould Taya en France pour s’emparer du pouvoir, ou d’une tentative d’assassinat qui devait être perpétrée en attaquant l’avion présidentiel. Et le ministre de lier cette tentative à celle de juin 2003 en disant qu’il s’agit là de la «troisième» tentative du même groupe. Le ministre comptabilisant sans doute l’affaire Haidalla comme une tentative réelle de prise de pouvoir.

Même si elle est destinée à éclairer l’opinion publique, l’intervention du ministre de la défense a ajouté à la confusion. Surtout qu’il a parlé d’un lien avec le chef radicale islamiste jordanien Abu Mous’ab Zarquaoui. De quoi s’esclaffer ! Le mérite de l’intervention du ministre aura été cependant de donner le feu vert à une enquête militaire menée, selon les prisonniers libérés, «dans les règles du professionnalisme, sans contrainte aucune» par le deuxième bureau de l’Armée, quelques officiers de la Gendarmerie et de la Garde.

Quelques jours après son intervention, le ministre de la défense, Baba Ould Sidi, devait se rendre au Burkina Faso où il a été reçu par les principaux responsables dont le Président et son homologue à lui. Le message dont il était porteur avait visiblement trait aux événements du 8 août 2004 et ceux du 8 juin 2003. Les autorités de Nouakchott demandaient au Burkina de leur livrer les fugitifs de 2003, les ex-commandants Saleh Ould Hanenna, Mohamed Ould Cheikhna et Abderrahmane Ould Mini, ainsi que 7 de leurs compagnons qui se trouveraient sur le sol burkinabé. La Mauritanie est formelle : ces fugitifs sont établis à Ouagadougou, «tout près de la Présidence du Burkina», accusant Moustapha Ould Limam Chafii, un Mauritanien établi dans ce pays, de les héberger, lui qui est le protégé du Président Blaise Compaoré. La réponse des autorités du Burkina a été de promettre de tout faire pour retrouver les fugitifs. Mais «pour ce faire, nous avons demandé à la partie mauritanienne de nous envoyer plus de précisions sur les concernés et probablement un officier qui sache les identifier». Selon les autorités du Faso, «nous attendions ces renseignements quand cette accusation est tombée».

 

Engrenage tribal

 

Tandis que ces développements se déroulaient à l’extérieur, l’affaire prenait un tournant dangereux en Mauritanie. Perçue par la plupart des observateurs comme une purge visant à éliminer de l’Armée tous ceux qui ont un lien de parenté avec les putschistes de juin, elle a été intensément exploitée par les détracteurs du régime en place pour attiser un feu qui pouvait embraser le pays. Ce qui obligera les autorités à accélérer l’enquête afin de donner une explication autre. D’où la précipitation à annoncer en grande pompe les premiers résultats de l’enquête. De la pire manière. Parce qu’elle met finalement tous les officiers touchés par l’enquête dans le même sac.

Même si Ould Riha savait déjà que la grande majorité des officiers arrêtés n’avaient rien à se reprocher, il ne le dit pas explicitement. Au contraire : après avoir parlé de la tentative, avancé les preuves électroniques, accusé les pays étrangers, il donne à lire la liste des officiers concernés. Pour tous les téléspectateurs et auditeurs tous ceux dont les noms ont été cités font partie de la conspiration même si seulement deux d’entre eux passent aux aveux. Moins de soixante-douze heures après cette déclaration, sept, puis trois des 31 officiers sont libérés sans annonce officielle. Autre source de confusion : le sort des autres.

 

Responsabilités diffuses

 

En fait et selon toute vraisemblance, les 31 officiers seraient divisés en trois groupes. Un groupe composé de cinq personnes : le lieutenant-colonel Mekhalla Ould Mohamed Cheikh, les commandants Mohamed Lemine Ould Wa’er, Dia Abderrahmane, Sidati Ould Hammadi et Habib Ould Abou Ahmed. Ceux-là auraient été d’une manière ou d’une autre en contact avec les deux chefs des putschistes de 2003, Mohamed Ould Cheikhna et Saleh Ould Hanenna. Trois d’entre eux auraient avoué. C’est le cas des deux premiers dont une partie des aveux est passée à la télévision nationale. Mekhalla aurait reconnu avoir été contacté au début de l’année par un anonyme qui lui transmettait un message de Saleh Ould Hanenna dont il est l’ami. Il aurait reçut instruction de se rendre à Rosso, au marché du bétail, et de laisser la portière droite de sa voiture ouverte et de revenir après une dizaine de minutes passées au milieu du marché. Au retour il trouvera un portable posé sur le siège. Quelques instants pour que le portable sonne. C’était Ould Hanenna. Il établissait ainsi son premier contact qui se fera toujours à travers cette puce sénégalaise activée à l’approche des frontières. Ould Wa’er lui a reconnu aussi avoir été en contact avec Ould Hanenna par le même procédé. Tandis que Dia Abderrahmane, le troisième à avoir reconnu, il aurait déclaré avoir été contacté par le net. C’est visiblement son site qui a été piraté permettant la découverte de la toile. Dia qui était en Espagne, avait refusé un premier contact de Ould Hanenna le jugeant «extrémiste» voire «raciste». Seuls les appels répétés de Ould Cheikhna le convaincront. Oralement sa réponse a été de donner son accord à condition de préserver l’unité du pays, son intégrité et sa stabilité. Il prétendra qu’il s’apprêtait à donner sa réponse par écrit quand il a été arrêté. Les deux autres, Ould Hammadi et Ould Abou Ahmed, nieront toute implication. Mais les révélations de leurs trois compagnons et celles contenues dans les mails en font des éléments conscients du projet.

Le deuxième groupe compterait une dizaine de personnes. Il s’agit d’officiers que les mails révèlent comme étant au courant du projet tout en refusant d’y prendre part. Leur faute : ne pas avoir rendu compte. Et le troisième groupe est celui de la majorité des officiers. Il s’agit de ceux dont les noms ont été cités comme cibles potentiels à impliquer le moment venu. C’est le cas des officiers de la Garde et des autres officiers de l’Armée ne faisant pas partie du quarteron de tête (Dia, Wa’er, Mekhalla et Hammadi).

D’après les confidences faites ici et là par les milieux de l’enquête, le premier groupe sera envoyé devant la justice. Le dossier pourrait être joint à celui des présumés putschistes qui attendent d’être jugés depuis juin 2003. Le deuxième groupe sera sanctionné par un conseil de discipline et le troisième sera libéré sans permettre à ses membres de réintégrer leurs postes de responsabilité. Mais depuis la libération, dimanche, des sept personnes, puis lundi de trois autres, l’affaire semble prendre un cours différent. En effet on parle de plus en plus d’un conseil de discipline pour tous ceux qui sont restés. C’est à partir des décisions de ce conseil que les uns et les autres seront traités suivant le degré d’implication.

 

Interférences extérieures

 

Mais quand est-ce qu’a commencé cette affaire ? Personne ne semble savoir avec précision l’origine du renseignement donné et qui a déclenché l’affaire. On parle beaucoup d’une information donnée par une partie tierce. On a parlé de la Libye, du POLISARIO et même de l’Algérie. On sait que le mail objet d’une «incursion», celui de Mekhalla, a été ouvert et géré à partir de l’Espagne. Des services étrangers pourraient avoir découvert l’existence d’un projet de complot et vendre cela aux Mauritaniens. Le POLISARIO y a intérêt. Tout comme la Libye qui venait de sceller la réconciliation avec le pays. La conjonction entre les deux services est facile à établir. Surtout que nous croyons savoir qu’à son retour du Maroc où il venait de rencontrer les libyens, Mohamed Val Ould Bellal, notre ministre des affaires étrangères, s’est immédiatement rendu à la présidence. Ce serait à l’issue de sa réunion en tête avec le Président que celui-ci a convoqué son conseil de sécurité. Moins de deux heures après les premières arrestations sont opérées. Par ailleurs, l’intervention inopportune du reste, de Ould Riha est venue prouver que quelque part c’est par ce biais que la «machination» a été découverte. Le Président Ould Taya a toujours utilisé de tels codes pour faire passer des messages à l’opinion. Si donc cette version s’avère juste, les autorités mauritaniennes ont, dans la précipitation, commis la faute de réagir sans discernement. Les arrestations ont été opérées sans prendre en considération les sensibilités tribales et régionales : sur les 31 officiers, 12 appartiennent à une seule tribu (Awlad Nacer), 7 à la tribu des Kounta… Cela suffit pour faire revivre le spectre de la tribalisation. Les manipulations sur le Net avec diffusion de tracts dont les auteurs sont publiquement connus pour avoir pignon sur rue, ont fait le reste. Très tôt l’affaire prend l’aspect d’une purge au sein des forces armées et de sécurité. Pourquoi en est-on arrivé là ?

 

Le syndrome du 8 juin

 

Au lendemain du 8 juin 2003, l’attitude des autorités a été de vouloir faire passer la rébellion des blindés pour un phénomène marginal, circonscrit à un cercle familial ou amical. Cela arrangeait tout le monde. Pour les différents services de renseignements, il s’agissait d’expliquer leur inefficacité dans le seul cas avéré de coup d’Etat : la préparation et l’exécution ont été le fait d’un groupe restreint uni par des affinités particulières. Pour les politiques (pontes du PRDS), il fallait préserver l’illusion d’un soutien populaire massif aux «acquis de la Direction nationale». Pour le Président enfin, c’était l’occasion de ne pas se remettre en cause, de ne pas sentir l’obligation d’apporter des correctifs et d’éviter de crever l’abcès. Moins on en sait mieux cela valait. Mais c’est l’absence d’une telle enquête qui a ouvert la voie à toutes les manipulations ultérieures.

D’abord sur le coup, cette volonté de certains compartiments du renseignement de vouloir en faire une affaire tribale avec l’arrestation puis la démission de figures appartenant aux Awlad Nacer, tribu dont est issu Saleh Ould Hanenna supposé être le principal cerveau du 8 juin. L’épisode Haidalla et l’incertitude concernant l’élection présidentielle devaient donner un répit. Mais dès la fin du procès et la condamnation du directoire de campagne du candidat Haidalla, la chasse reprend. C’est l’épisode de l’affaire «Ould Dowmane & Consort» qui défraie la chronique en janvier au-delà des frontières et qui donne une dimension internationale à l’affaire du 8 juin. C’est ensuite l’arrestation en février-mars d’un adjudant à la retraite issu de la tribu Awlad Nacer et les manipulations qui s’en suivent, qui font revenir sur la sellette le fameux concept de «délit de parenté». En avril, trois officiers supérieurs Awlad Nacer dont l’ancien aide de camp du Président, colonel Mohamed Ould Abdi sont envoyés, presque contre leur gré, en formation. Diabétique, Ould Abdi n’a certainement pas demandé à faire le cours d’Etat Major en France. Les deux autres, même s’ils ne doivent aller qu’en décembre prochain, sont immédiatement mis en position de stage. Quelques semaines après, c’est le fameux mouvement au sein des Brigades de la Gendarmerie qui intervient. Cinq commandants de Brigade Awlad Nacer perdent leurs postes. Plus aucun officier ou sous-officier appartenant à cet ensemble n’est dans un poste de responsable dans le corps de la Gendarmerie. Pour couronner le tableau, les cadres civils appartenant à l’ensemble sont écartés un à un. Dernière grande figure à quitter un important poste de responsabilité, Cheikh Ould Sid’Ahmed qui a battu tous les records de longévité à la tête des travaux publics et qui a été limogé de façon très peu chevaleresque. Dans un pays comme le nôtre, cela suffit pour parler d’une rupture entre les Awlad Nacer et le Président Ould Taya. Hier son soutien principal, ils sont aujourd’hui dans sa ligne de mire. Les détracteurs du système mettent en avant «sa propension à appliquer des sanctions collectives». Ses soutiens ne font rien pour endiguer cette sensation de tribalisation systématique des rapports. Dans cette atmosphère, toutes les portes des dérapages sont ouvertes.

Pour revenir à l’affaire du 8 août, les révélations faites par les trois officiers ainsi que l’enquête concluent à un projet de conspiration qui semble encore être à l’état de la conception. Cela prouve effectivement à Ould Taya que le 8 juin n’est pas terminé et que ses auteurs ont encore la possibilité de mobiliser un potentiel au sein des forces armées. Mais la réponse à cette menace ne peut être le manque de discernement. Au lieu de pratiquer la méthode «ana la’ma willi khbattu mahu bghardhi» (je suis aveugle et si je frappe quelqu’un, ce ne sera pas exprès), mais une action politique en profondeur visant à renverser la vapeur. A redresser la barre et à reprendre le cap. Et à faire du discours de Kiffa un nouveau point de départ. C’est probablement ce qui dérange le plus les prédateurs établis. C’est certainement ce qui sert le plus la Mauritanie.

 

MFO


 

Libres, mais…

 

Quand nous arrivons chez Mohamed Ould Baba Ahmed, le lieutenant-colonel de la Garde nationale, il est encore en tenue, comme s’il s’apprêtait à parader. Une manière pour ce Kounta de signifier qu’il sort indemne de l’affaire. En fait les onze premiers libérés sont maintenus dans l’Armée mais ne resteront probablement pas à leurs postes. «Si Ould Baba Ahmed continue d’occuper son poste d’Intendant de la Garde, l’affaire n’aura servi à rien», disent ceux qui croient dur comme fer à une manipulation visant à écarter certains des officiers incriminés. D’autres pensent qu’«il est normal qu’ils soient réaffectés, après tout ils ont été arrêtés devant leurs hommes, interrogés peut-être par eux…». Les officiers incriminés sont pour la plupart connus pour leur professionnalisme, parfois pour leur soutien inconditionnel à Ould Taya et à son système. La confiance est partie, la carrière est remise en cause. Pour eux tout a changé du jour au lendemain.

 

 

Ouf !

 

C’est une grande joie qui a accueilli la nouvelle de la libération des sept premiers prisonniers dimanche dernier dont le lieutenant-colonel Mesqarou Ould Leghweizi. A Aïoun, ville d’où sont la majorité des incriminés, il y a eu une grande marche avec un concert de klaxons et de nombreux piétons ont arpenté les rues de la ville. Il y a deux semaines, les habitants de la ville s’étaient abstenu de parader aux côtés des militants PRDS soutenant le régime contre une tentative de putsch. Malgré l’hostilité de ces populations, le fédéral Cheikhna Ould Sidi Ali avait réussi à organiser cette manifestation dans des conditions que l’administration elle-même avait jugé dangereuses. Les manifestants, il est vrai sont essentiellement venus de Tintane et Kobenni, mais la manifestation s’était déroulée sans le moindre incident. Ce qui était une gageure la veille. Aujourd’hui Aïoun respire après la libération du lieutenant-colonel Mesqarou Ould Leghweizi. Mais elle retient le grand souffle pour le pousser quand tous les fils de la ville seront libres.

L’état de la ville est sensiblement celui de toutes les villes de Mauritanie. En fait cette affaire a mis à mal tous les segments de la société. Et c’est probablement ce malaise général qui a obligé les autorités à revoir la démarche.

 

Parmi eux

 

Lt-colonel Mohamed Val Ould Hendayé, natif de Mederdra. Brillant officier d’artillerie, il était mis aux arrêts par son commandant de région avec lequel il s’entend peu. Profitant de l’amalgame né de l’affaire, il a été joint à l’affaire.

Sidi Ould Ely Savi a été arrêté à Akjoujt où il dirigeait l’école des sous-officiers. Son nom aurait été cité dans l’un des mails échangés entre Mohamed Ould Cheikhna et Mekhalla Ould Mohamed Cheikh. Officier cultivé, droit et rigoureux, Ould Ely Savi digérera difficilement cette méprise. C’est probablement le cas de son cousin, le commandant Brahim Ould Sneiba qui paye visiblement pour l’engagement de son frère Ely de l’Alliance Patriotique.

Abdallahi Ould Cheikh Ould Jiddou, le plus atypique de tous les officiers arrêtés, aurait été cité par un ami à lui, officier faisant une formation à l’étranger. L’officier en question aurait écrit à Ould Cheikhna que le contact avec Ould Jiddou avait été établi. Discipliné, rigoureux, cet officier de grande compétence physique et intellectuelle a tout nié. Il a prouvé que jamais son ami ne l’a mis au courant d’un quelconque projet du genre.

Les autres sont là sur la foi de révélations faites par les officiers qui ont parlé lors des interrogatoires, ou parce qu’ils sont cités dans l’une des correspondances sur le net. Il s’agit de : Lt colonels Sid'Ahmed Ould Ely Savi, Abdellahi Ould Mohamed Ould Jiddou (libéré), Mohamed Lemine Ould Hama Khattar (libéré), Zeidane Ould Mohamed Mahmoud, Misgharou Ould Sidi (libéré), Mohamed Ould Baba Ahmed (libéré), Mohamed Val Ould Handeyé, Makhalla Ould Mohamed Cheikh, Commandants Siyid Ould El Assry, Sidatty Ould Mohamed Mahmoud, Dia Abderrahmane Mamadou, Habib Ould Ebou Mohamed, Mohamed Lemine Ould Sidi Mohamed (communément appelé Ould El Waere) Saleh Ould Sidi Mahmoud, Mohamed El Moustapha Ould Sid, Mohamedou Ould Hamady, Brahim Ould Bakar, Mohamed Mahmoud Ould Ely dit Bouna, Mohamed Abdallahi Dieng (libéré), Sid'Ahmed Ould Baba, Capitaines Mohamed Mahmoud Ould Sid'Ahmed, El Moustapha Ould Cheibany (libéré), Sid'El Moctar Ould Abdallahi (libéré), Mohamedou Ould Abderrahmane (libéré), Diagana Chouaibou, Coundou Oumar, Mohamed Ould Cheikh Ahmed (libéré), Lieutenants Mohamed Ould Cheikh Ahmed, El Hacen Ould Taleb, Oumar Ould M'hamed (libéré), Adjudant Habib Ould Ahmed Leebeid (libéré).

De quoi perdre le nord

 

«Situation géographique : au Nord-ouest du «Sahara Occidental», à l’Ouest de l’océan atlantique, Sud-Ouest du Sénégal, Nord-ouest du Sahara Algérien, à l’Est du Mali, Sud-est du Burkina Faso, La Mauritanie couvre près de 1 030 000 km2 dont plus de 677 000 km2 de désert». Nous ne faisons que reprendre les termes de la présentation faite dans la revue Marhaba distribuée à bord des avions de la compagnie nationale Air Mauritanie. A supposer le sérieux avec lequel ce genre de brochures est élaboré, on ne peut que prendre pour argent comptant tout ce qui se dit sur le pays. Et parmi ce qui est dit, il y a cette présentation. On comprend alors pourquoi nous craignons le débarquement de commandos arrivants du Burkina. Ce pays qui s’est subitement rapproché de nous, la Mauritanie étant «sud-est du Burkina Faso». Un pays si proche…

 

Ouagadougou saisit l'UA

 

(PANA) Le Burkina Faso a déjà saisi l'Union africaine pour une enquête indépendante sur les accusations de la Mauritanie selon lesquelles il se serait impliqué, avec la Libye, dans une tentative de déstabilisation du régime de Nouakchott, a déclaré, dimanche, le ministre burkinabé des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, Youssouf Ouédraogo. Dans une interview exclusive accordée à la PANA, M. Ouédraogo, qui séjourne à Tripoli dans le cadre d'une tournée africaine destinée à préparer un sommet extraordinaire de l'Union africaine (UA) sur la lutte contre la pauvreté et l'emploi prévu pour les 8 et 9 septembre prochains à Ouagadougou, a énergiquement rejeté ces accusations, précisant que l'enquête demandée visera à "démasquer cette arrogance et ce complot ourdi contre notre pays et la Libye". Le chef de la diplomatie burkinabé a indiqué que son collègue en charge de la Sécurité, le colonel Djibril Ypiéne Bassolé, a déjà apporté des précisions sur cette affaire, dénonçant le caractère "très inamical et même hostile" du gouvernement mauritanien. Il a rappelé, à cet effet, que le Burkina Faso a beaucoup aidé la Mauritanie dans cette affaire, soulignant que depuis le mois de janvier dernier, des opposants au régime du président Ould Taya ont été identifiés et ont été rendus à la Mauritanie à travers la coopération du Mali. Expliquant que le colonel Bassolet s'était même déplacé en Mauritanie à cet effet, M. Ouédraogo s'est déclaré étonné de l'attitude de la Mauritanie, avant d'ajouter que Ouagadougou s'attendait à être remercié plutôt qu'à être accusé par voie de presse. Il a ajouté que le Burkina Faso, en démasquant les opposants mauritaniens avant de les rendre à leur pays, n'est pas passé par voie de presse mais elle a traité l'affaire entre "pays frères". Le ministre burkinabé des Affaires étrangères, qui a indiqué que son pays préparait actuellement un sommet de l'UA, a rappelé que tous les pays africains ont adhéré à l'accord d'Alger qui interdit la prise de pouvoir par force. Il a, à cet effet, indiqué que la Libye et le Burkina Faso, qu'il a qualifiés de "moteurs" de l'Union africaine, ne pouvaient pas être impliqués dans cette affaire, ni être en aucun cas associés à de tels actes. Répondant à une question sur les motifs qui ont poussé la Mauritanie à lancer ces accusations, le responsable burkinabé a dit en substance : "les motifs devraient être au niveau de la Mauritanie. Ce serait certainement des motifs d'ordre intérieur, mais nous ne pouvons pas le savoir. Ce que nous savons, c'est que nous avons aidé ce pays à démasquer ses opposants. Nous les avons reconduits en Mauritanie et nous sommes récompensés par des accusations par voie de presse". "La Mauritanie aurait pu nous traiter en amis et frères et venir nous demander notre position et essayer de travailler (avec nous) pour l'aider davantage", a-t-il affirmé, ajoutant que le Burkina Faso, qui se trouve à plus de 2.000 km de la Mauritanie avec qui il n'a pas de frontière, n'a pas de raison particulière pour déstabiliser ce pays.

S'agissant du sommet extraordinaire de l'Union africaine prévu les 8 et 9 septembre prochains à Ouagadougou, M. Ouédraogo a mis l'accent sur l'importance de la rencontre, affirmant que l'Afrique est confrontée aujourd'hui à la problématique de la lutte contre la pauvreté et à la promotion de l'emploi pour permettre à la jeunesse de participer aux efforts de développement. Il a déclaré s'être déjà rendu à Libreville, Brazzaville, Yaoundé, Asmara et Alger, ajoutant qu'il se rendra ce dimanche après-midi à Tunis à partir de Tripoli en vue de continuer à sensibiliser les hauts responsables de ces pays sur l'importance du sommet extraordinaire de Ouagadougou.

 

La Libye doit coopérer avec le Burkina pour "livrer les criminels"

 

(AFP) Le ministre mauritanien de la Communication, Hamoud Ould Abdi, a déclaré samedi que "la Libye n'a d'autre choix que de coopérer avec le Burkina Faso pour livrer les criminels que les deux pays continuent d'encadrer", après la tentative de putsch présumée du 9 août. La Mauritanie exige de la Libye et du Burkina Faso une "position claire qui garantisse à la Mauritanie de vivre dans la stabilité" et demande à toutes les forces éprises de paix et de justice de l'aider dans ce sens par "l'extradition des fugitifs qui sont bien sur le sol du Burkina Faso", a déclaré samedi le ministre à l'AFP. "La Libye n'a pas d'autre choix que de coopérer avec le Burkina Faso pour livrer les criminels que les deux pays continuent d'encadrer et mettre fin à leur agression conjointe contre la Mauritanie", a indiqué Hamoud Ould Abdi. Pour lui, le Burkina Faso constitue le "bras armé de la Libye dans cette région (ouest-africaine) comme en témoignent le Togo et la Côte d'Ivoire notamment", a-t-il ajouté. Dans cette entreprise "du mal libyen, Moustapha Limam Chavi, conseiller personnel de Blaise Compaoré, constitue l'élément de coordination et le fil conducteur qui mène à tous ces complots", a-t-il poursuivi. "Cet homme (Moustapha Limam Chavi) est connu pour avoir fui son pays, le Niger, avec sa famille, après la mise en échec d'un complot pour lequel il était poursuivi dans les années 1970", a-t-il expliqué.

Cette déclaration intervient au lendemain des accusations portées par Nouakchott contre le Burkina Faso et la Libye d'être impliquées dans la tentative de putsch du 9 août, accusations que les deux pays ont fermement démenties vendredi. Evoquant la réaction libyenne, le ministre mauritanien a estimé que "le démenti est bien dans les habitudes de Tripoli qui en fait sa parade appropriée, mais qui finit toujours par accepter, voire compenser financièrement comme en témoignent ses derniers déboires en Occident" (indemnisations des victimes de l'attentat de Lockerbie en Ecosse).

 

Déclaration du colonel Sidi Ould Riha

 

"Le 10 du mois d'août courant, le ministre de la Défense nationale a déclaré qu'une tentative de coup d'Etat a été déjouée par les forces de sécurité. L'enquête menée pour faire la lumière sur cette tentative a permis de parvenir aux conclusions suivantes : - les instigateurs de cette lâche tentative sont Saleh Ould Hanena et Mohamed Ould Cheikhna qui se trouvent au Burkina Faso et qui ont fui avec leurs collègues après l'échec de la tentative du 8 juin 2003 qui a fait des victimes parmi nos concitoyens. La disponibilisation de l'ensemble des moyens financiers, des équipements et de l'armement nécessaires à l'exécution de cette lâche tentative était assurée par ce groupe en raison de l'appui que lui apporte la République du Burkina-faso et de l'encadrement que ce pays lui prodigue.

le courrier électronique était le moyen de communication entre les principaux membres de ce groupe. C'est ainsi que trois cybercafés à Nouakchott ont été utilisés méthodiquement pour l'échange de leurs correspondances. Il s'agit de : * TOP-CYBER en face de la direction de l'hydraulique sur l'avenue Gamal Abdel Nasser. * IPK à l'ilot'' L' en face de l'école privée Alkhiyar. *NET-LAND sur l'avenue qui relie le quartier ''SMAR'' au palais des congrès.

Pour leurs communications, les comploteurs ont utilisé 11 (onze) adresses électroniques (e-mail) disponibles pour qui voudrait les connaître. Toutes ces informations ont été confirmées au cours des opérations d'enquête menées sur le réseau Internet et par la base de données ''RIPE''. En plus du courrier électronique, les comploteurs ont utilisé le réseau de téléphonie du Sénégal (no 002215765523) à partir de la zone frontalière avec ce pays dans lequel ils se rendaient pour leurs communications importantes. Les organisateurs de cette tentative ont embrigadé leurs acolytes essentiellement parmi les forces armées et les forces de sécurité en recouvrant aux méthodes sournoises et à l'intoxication. L'approche retenue consistait pour eux à jauger l'officier pour s'assurer de sa disponibilité avant de prendre contact avec lui de façon directe. Il était décidé que cette lâche tentative soit mise à exécution au cours de l'absence du Président de la République et selon le scénario suivant : *infiltrer dans le pays des dirigeants des groupes qui participeront aux opérations pour se réunir avec leurs principaux acolytes locaux afin de procéder aux derniers préparatifs du coup et de coordonner son exécution.

* faire entrer dans le pays deux groupes commandos, le premier en provenance du Burkina Faso et le second de Libye au cours de la période allant du 16 au 20 août. Ces deux groupes sont constitués de mauritaniens et d'éléments de l'Azawad.

* les comploteurs ont cru avoir tiré les leçons de l'échec de leur précédente tentative de juin 2003. Ils ont décidé cette fois d'exécuter leur plan de façon simultanée contre les casernes militaires à Nouakchott et dans les villes de l'intérieur pour maîtriser la situation.

- Pour parvenir à cet objectif, les comploteurs en se fondant sur l'appui d'éléments qui collaborent avec eux au sein de certaines unités, ont planifié la liquidation des officiers du commandement militaire qui ne leur sont pas affiliés, la maîtrise des unités de l'armée, l'arrêt du fonctionnement des centrales électriques et des réseaux de communication pour isoler le pays.

Ainsi donc, l'enquête a permis de définir le niveau de responsabilité de chaque participant et de fournir les résultats à l'Etat Major des Forces Armées Nationales.

 

Révélations des deux officiers :

''Moi, Lt-colonel Mekhalla Ould Mohamed Cheikh reconnais avoir été en contact depuis quelques temps avec le groupe Saleh Ould Hanena et Mohamed Ould Cheikna en vue de renverser le pouvoir. A travers mon contact avec ce groupe, il m'est apparu qu'il réside dans l'Etat du Burkina Faso, qu'il dispose de moyens très importants et qu'il est en rapport avec la Libye. Au cours de la dernière communication téléphonique avec Saleh Ould Hanena, je me suis rendu compte que l'opération du coup d'Etat doit être exécutée durant le mois d'août en raison du congé dans la majeure partie des sphères officielles et qu' un groupe armé renforcera celui accompagnant les dirigeants de l'opération en provenance de la République de Libye''.

 

''Moi, commandant Mohamed Lemine Ould El Waer reconnaît ma liaison avec l'ex-commandant Saleh Ould Hanena résidant actuellement en République du Burkina Faso qui m'a entretenu d'un projet de coup d'Etat qui bénéficie de l'appui de parties étrangères telle que l'Etat de Libye''.

 

Complot virtuel

 

Ce sont surtout les boîtes électroniques du lieutenant-colonel Mekhalla Ould Mohamed Cheikh – delaly2003@yahoo.es et paismar2004@terra.com – que l’essentiel des renseignements sur l’affaire a été révélé. Nous avons choisi de vous faire lire un échange entre Mekhalla et Mohamed Ould Cheikhna :

 

Messsage du 8/8 bjour chers freres

J ai pu prendre ctc avec les amis. Celui qui etait avec moi se porte bien et maintient le cap. Par contre mon ctc local me parait tres crispe.

Quant aux autres que je devais contacter. Celui qui etait de l autre cote avec moi c est a dire le jeune est tres dispose et engage>

Le deuxieme toujours notre proche m a exprime son desavouement de ma demarche et est tres loin de ce que nous voulons tout en me rassurant par ailleurs de ne jamais entreprendre une quelconque demarche qui nous nuirait>

Pour le sonde innoportune car est tres proche du systeme qui profite a son pere malade et lui meme. Car vient d etre promu a un poste assez important pour son niveau.

L avis sur l autre ; personnage enigmatique ayant souvent vecu sous la houlette de l ancien qui est parti a la retraite et pour qui il servait d infiltre chez les nasseristes. Rien n exclut qu il soit en ctc avec les s.s > En conclusion element dangeureux a eviter de tres loin.

Par ailleurs le courrier que m a annonce mon ctc qui etait avec moi de l autre cote c est a dire D ne m est pas encore parvenu.

salutations a tous et prudence. \a bientôt

 

cool aish <coolaish863@yahoo.fr> wrote:

Cher frere

Tres content de votre courage et disponibilite.se sentir responsble et prendre a coeur cette oeuvre historique avec nous ou seul est quelque chose qui nous fait honneur et qui nous encourage a tous points de vue.

toutefois il est utile que vous nous dites vos suggestions ,vos craintes et autres appreciations des situations et des hommes.

pour cela il nous faut rapidement votre nouveau email pour qu'on vous donne un autre et expliquer des manieres et des procedures de communication sures meme apres ton retour et aussi pour vous designe,si vous voulez r quelqu'un de tres sur pour coordination avec l'interieur apres votre retour,mais toutes ces mesures on doit les boucler la ou vous etes actuellement.donc envoyez nous rapidement ton nouveau email et essayons d'avancer sur certaines questions des a present et ce pour des raisons d'efficacite car il est important que vous rentrerez avec une vision en peu claire de ce qu'il ya a faire et dans quels delais.

pour sid'ahd ,il etait mieux que vous le voyez mais si ce n'est pas votre avis ,on va le toucher,mais s'il est partant comme il est tres attendu de lui car il ya des precedents avec lui,peut on lui parler ou lui dire de se mettre en rapport avec vous quant il nous demande a qui il doit etre rattache.

est ce qu'il lui rentrera le meme jour que vous.?

bien a vous29.6.04

 

Les civils

 

A notre connaissance aucun civil ne figure actuellement dans la liste des détenus. Il y a eu bien sûr cette interpellation de Jamil Mansour. C’était les premiers jours. L’activiste islamiste n’ayant rien à voir avec l’affaire a été relâché avec les excuses de la police politique. Il a été question d’arrêter Khalil Ould Tiyib, dirigeant de l’APP, ancien chef de file de la mouvance nassérienne. Son nom arrangeait bien vu ses relations parentales avec Limam Chafii et son passé d’activiste nationaliste. Mohamed Mahmoud Ould Hammadi, ancien fédéral du PRDS de Nouakchott, et père de l’un des officiers incriminés, et Me Hmahalla Ould Regad, ancien administrateur, ont tous les deux été convoqués lundi par la police qui les aurait mis en garde contre tout activisme visant à faire bouger la rue. La police semble les accuser d’être derrière des tracts circulant ces jours-ci à Nouakchott. A part ceux-là aucune autre personne n’a été vraiment inquiétée pour son implication dans l’affaire.

 

Le Collectif des avocats de la défense des prévenus dans le dossier 746/RP 2003 communique :

Le juge d'instruction du premier cabinet près le tribunal de la wilaya de Nouakchott qui a en charge le dossier 746/RP/2003 s'est déplacé ce jour à la garnison de la gendarmerie de Wad Naga pour signifier à nos clients et détenus leur renvoi devant la cour criminelle de la wilaya de Nouakchott en vue d'être jugés pour dévastation et atteinte à la sûreté de l'Etat. Cet acte ultime de l'instruction par lequel, Monsieur le juge donne droit à toutes les demandes du parquet est intervenu dans les conditions qui suivent :

1. malgré le caractère impératif des dispositions légales en la matière, la clôture de l'instruction s'est faite sans que nous en recevions avis ; la juridiction d'instruction n'a pas à ce jour répondu aux diverses demandes introduites auprès d'elle par la défense ; le dossier n'a pas été mis à la disposition des avocats avant la clôture de l'information comme le prévoit impérativement la loi.

2. pour être faite valablement, la notification de cet acte majeur à nos clients nécessite comme préalable la convocation par écrit des avocats commis dans ce dossier et la fixation d'une date pour le faire signifier en leur présence aux détenus.

3. le lieu lui – même où cette notification s'est faite n'est en rien conforme à la loi : a) la garnison de gendarmerie de Wad Naga (Wilaya du Trarza) transformée accessoirement en centre de détention est située en dehors du ressort territorial de Monsieur le juge d'instruction dont la compétence se limite exclusivement à la Wilaya de Nouakchott. Or durant sa détention préventive, tout inculpé doit être interné dans une maison d'arrêt relevant de la juridiction d'instruction et de jugement. L'article 3 du décret régissant les établissements pénitentiaires est à cet égard sans équivoque. b) les conditions où s'effectue cette notification sont incompatibles avec les exigences d'une justice sereine et d'un procès équitable : les avocats n'ont pas librement accès à leurs clients, les visites de familles se font avec beaucoup de difficultés et le régime de détention étant celui d'un établissement militaire.

En un mot, la préparation de la défense des accusés ne peut pas se faire dans un tel cadre. C'est pourquoi nous demandons aux hautes autorités judiciaires et administratives d'intervenir pour que : - nos clients soient détenus dans une maison d'arrêt relevant territorialement de la compétence du juge qui a en charge le dossier et répondant aux conditions légales dans lesquelles s'exerce la détention préventive ; - la régularisation des procédures judiciaires de clôture de l'instruction.

A nos yeux, il s'agit là des conditions minimales pour le déroulement de cette phase décisive de l'instance judiciaire qu'est l'instruction.

Nouakchott, le 23 août 2004 Les avocats de la défense


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