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- Interviews du SG du Parti, député


A Propos de la dissolution du parti de Ahmed Ould Daddah

A propos de la "crise des vallées fossiles"

A Propos d'une rencontre avec Ould Taya


"La dissolution du parti de Ahmed Ould daddah a creusé un grand fossé entre l'opposition et le pouvoir"

Par Mohamed El Moustapha Ould Bedreddine (Calame n° 297 du 8 novembre 2000)


La dissolution de l'UFD/EN d'Ahmed Ould Daddah, décidée la semaine dernière par le pouvoir, continue de susciter des remous. La classe politique, à l'exception notable des partis de la "majorité présidentielle" (PRDS, UDP et RDU), a unanimement condamné la mesure qu'elle considère comme "un fait sans précédent qui ternit encore plus l'image d'une démocratie moribonde". L'UFD-EN (B),qui conteste à l'autre UFD la paternité du parti, après s'être réjouie dans un premier temps (Ould Bedreddine a démenti par la suite l'information), a fini par condamner, à son tour, la décision qui prive ce qu'elle appelle "le groupe d'Ahmed Ould Daddah de son droit à l'existence et à la libre expression". Son secrétaire général, Mohamed El Moustapha Ould Bedreddine, revient sur la position de son parti et les relations entre le pouvoir et l'opposition à la lumière de cette décision. Le Calame: Quel pensez vous de la dissolution du parti de votre principal adversaire politique, Ahmed Ould Daddah et quel pourront être ses conséquences? MMOB: Nous pensons que cette décision ne participe pas dans la décrispation du climat politique et d'ouverture pour une concertation avec les partenaires politiques. Le pouvoir doit donner des signes de bonne volonté en acceptant les autres et montrer qu'il ne tient pas à tirer la Mauritanie vers des issues incertaines. Le Calame: Sincèrement, ressentez-vous maintenant une certaine victoire politique sur vos adversaires concernant la représentation de l'UFD-EN? MMOB: Ahmed, pour moi, est un compagnon de route avec lequel j'ai partagé les bons et les mauvais moments de la lutte politique pendant six ans, durant lesquels on ne s'est presque pas séparés. Nous avons connu ensemble l'isolement de l'exil et sa solitude, et chacun de nous a eu à goûter l'amertume de l'emprisonnement à répétition et nous sommes toujours dans le même camp, celui de l'opposition démocratique. Il est vrai que nous avons eu une divergence d'opinions depuis deux ans à propos de la ligne politique du parti et sur la représentation de l'UFD-EN. Il est vrai aussi que cette divergence a parfois pris des dimensions dépassant de beaucoup ses limites naturelles. Nous, de notre part, avons toujours tenu à résoudre ce différend entre nous à travers les négociations. Mais le pouvoir nous a dépassés et a pris cette décision qui nous a tous surpris et a choisi une voie que nous n'acceptons pas et qui n'honore aucun d'entre nous. Pour notre parti, nous considérons que ce différend n'a plus lieu d'être et lui tournons le dos entièrement. Le Calame: Certains stipulent que votre parti n'a pas montré beaucoup de motivation pour soutenir l'Intifada palestinienne. Quelle est votre position par rapport à ces événements? MMOB: Il ne peut pas y avoir de position plus claire que celle que nous avons publiée dans notre communiqué de presse sur la question, et qui condamne Israël pour les actes barbares et les tueries sauvages qui se passent en Palestine. Nous avons soutenu l'Intifada et demandé la rupture des relations avec Israël. Nous avons aussi appelé à l'organisation de manifestations pacifiques de protestation en soutien au peuple palestinien et à l'ouverture des médias publics pour couvrir ces événements. Le 12 octobre dernier, nous avons publié un autre communiqué dénonçant l'arrestation d'un groupe de cadres et d'imams suite à la marche organisée le vendredi 10 octobre pour soutenir le peuple palestinien et avons exigé leur libération immédiate et sans condition. Le 14 octobre nous avons organisé un rassemblement populaire au siège de notre parti durant lequel nous avons fait un historique de la lutte du peuple palestinien et avons demandé à nos militants d'être prêts pour toute forme possible de lutte pour soutenir l'Intifada. Notre président et son secrétaire général ont rendu visite à l'ambassadeur de Palestine pour lui manifester leur soutien au peuple palestinien et à son Intifada. Et nous avons publié immédiatement un communiqué demandant le boycott des produits américains, en particulier coca cola qui fait la propagande pour Israël partout dans le monde. Le mardi passé nous avons organisé un autre rassemblement populaire pour sensibiliser autour de notre campagne de soutien et une marche de protestation est prévue le mercredi 8 novembre pour cela. Le Calame: Quel et votre opinion par rapport à la position du pouvoir et sa manière de traiter les événements au Moyen Orient et qui s'opposent entièrement à la tendance de l'opinion? Est-ce qu'il vous paraît justifié que le pouvoir ait tenu à conserver ses relations avec Israël pour ne pas mécontenter ses alliés occidentaux en l'absence d'une position arabe unifiée sur la question? MMOB: Nous croyons que le gel des relations diplomatiques avec Israël, la couverture médiatique des événements dans les territoires occupés à travers les médias nationaux et l'organisation d'une campagne nationale de soutien aux Palestiniens englobant pouvoir et opposition sont nécessaires tant qu'Israël mène ses actes barbares dans les territoires et refuse la paix. Et aucune excuse ni aucun calcul politicien ne peuvent être acceptés pour justifier la démission. Le Calame: Les derniers événements ont montré la fragilité de l'opposition, y compris votre parti et la profondeur des divergences qui la partagent. N'êtes-vous pas d'accord avec nous que l'opposition a d'abord besoin d'un dialogue en son sein avant d'être apte à négocier avec un pouvoir qui se réserve toutes les cartes cognantes et ne donne pas beaucoup de crédit à ses adversaires politiques? MMOB: Je suis d'accord avec vous sur la nécessité d'un dialogue interne au sein des partis d'opposition comme préalable à un dialogue entre le pouvoir et cette même opposition et un gage de sa réussite. Je crois aussi que les conditions actuelles sont plus favorables à ce dialogue qu'avant, parce que tous les partis d'opposition adoptent, à des degrés divers, le principe du dialogue comme voie à la résolution des problèmes du pays. Le régime, avant les événements au Moyen Orient, avait donné des signes palpables à travers lesquels on pouvait lire sa non objection au principe du dialogue avec l'opposition. Mais la position du pouvoir par rapport à ce qui se passe au Moyen Orient et ses relations avec Israël, ajoutés à la dissolution du parti de Ahmed Ould Daddah, tout cela a ouvert un grand fossé entre lui et l'opposition qu'il faudra beaucoup de temps et d'efforts pour combler. Notre parti considère que le pouvoir doit s'ouvrir sur l'opinion publique et en particulier en ce qui concerne sa demande continue de rompre les relations diplomatiques avec Israël. Il doit s'ouvrir sur l'opposition et abandonner sa politique répressive, en particulier en ce qui concerne le droit du groupe de Ahmed Ould Daddah à s'organiser et à profiter de ses droits constitutionnels. Il est aussi du devoir de l'opposition de travailler pour renforcer son unité et continuer son combat pour créer le changement pacifique à travers le compromis et le consensus. Propos recueillis par Riadh Ould Ahmed El Hady

REMONTER


Par Mohamed El Moustapha O. Bedreddine

En 2000 une crise éclate entre la Mauritanie et le Sénégal connue sous le nom de "crise des vallées fossile", le journal l'Authentique interpelle de SG de l'UFD/EN.

(L'Authentique n° du )


L’UFD/B aura été le premier parti de la place à avoir réagi à la crise actuelle entre le Sénégal et la Mauritanie.. Son secrétaire général, Mohamed El Moustapha Ould Beddredine s’exprime, entre autres, sur cette question ainsi que sur d’autres relatives à la vie politique locale

Q : Et d’abord quelle lecture faites-vous des événements actuels opposant la Mauritanie au Sénégal?

R : Notre lecture de ces événements est double.

D’abord il nous parait, qu’il y a le problème du partage des eaux du fleuve Sénégal, en rapport avec le projet dit de la ‘’revitalisation des vallées fossiles’’ que le Sénégal avait à un moment donné initié et auquel, il avait renoncé à cause de l’opposition de ses deux autres partenaires, surtout la Mauritanie. Il semblerait que les nouvelles autorités sénégalaises ont décidé de la relance de ces projets et envisageraient leur mise en oeuvre de façon unilatérale

Ensuite, il semblerait qu’entre les présidents Ould Taya et Wade persiste un climat de défiance réciproque qui a, malheureusement joué pour beaucoup sur le cours actuel des événements.

Quelles propositions suggérez-vous aux deux gouvernements ?

- Face à cette situation nous pensons, en ce qui concerne le problème des vallées fossiles, comme tous les problèmes relatifs à la gestion et la distribution des eaux du fleuve Sénégal, eaux patrimoines communs de tous les pays riverains, il doit être réglé exclusivement dans le cadre de l’OMVS, qui représente le seul cadre légal et représentatif des Etats riverains.

Tout pays qui prend une initiative en dehors de ce cadre mettra gravement en péril les intérêts communs de tous les peuples riverains.

C’est pourquoi, nous estimons qu’il faut réunir de toute urgence les instances de cette organisation afin qu’elles règlent définitivement les problèmes en suspens.

Ceci étant , le Sénégal doit cesser définitivement et sans délai toute action visant à relancer son projet des Vallées Fossiles.

Ensuite, il doit être mis fin immédiatement aux déplacements massifs des populations, qui doivent retrouver une atmosphère de sécurité et de quiétude que justifient les forts liens historiques, de fraternité et d’intérêts qui ont toujours uni leur destin.

Enfin, les médiateurs, dont nous soutenons les efforts louables, ne doivent limiter leur médiation seulement au niveau du dossier de vallées fossiles, mais au delà de ce problème ils doivent organiser une rencontre entre les deux chefs d ’Etats, en vue de dissiper le malentendu qui existe entre eux et créer un climat de confiance et d’entente quant à la façon de gérer les intérêts communs de leurs deux peuples, Et ce, malgré les différences dans leurs conceptions politiques et idéologiques éventuelles.

Que vous a inspiré l’élection du Président Abdoulaye Wade au Sénégal ?

- Cette élection revêt une grande importance en ce sens que c’est un exemple que le peuple sénégalais et ses dirigeants donnent non seulement à leurs voisins ; mais à toute l’Afrique par la réussite d’une alternance démocratique par la voie pacifique, celle des urnes.

Nous avons, en son temps, félicité le peuple sénégalais et l’opposition pour cette réussite. Réussite qui résulte d’un long processus au cours duquel, l’opposition sénégalaise a réussi à arracher des réformes progressives, notamment en matière de transparence dans les élections et de liberté de la presse écrite et parlée. Ce long processus a permis également à cette opposition d’accumuler des forces en participant aux élections et d’être ainsi en mesure de remporter pacifiquement la victoire.

Et c’est sur ce processus que les dirigeants de FPO refusent de méditer avec tout le sérieux que réclame leur statut de responsables politiques.

Certes, la voie des urnes ne conduit pas nécessairement de bons dirigeants au pouvoir. Mandéla autant que Natanyahou sont issus d’élections pour l’essentiel transparente. Les peuples peuvent momentanément se tromper dans leur choix ; et le grand mérite de l’élection est justement de leur permettre de se rectifier et de sanctionner les dirigeants qui trahissent leurs aspirations. C’est pourquoi, il est inconcevable que le vrai démocrate fasse appel, dans un pays doté d’une Constitution fondamentalement démocratique, à un changement par un putsch militaire fut-il du “type ivoirien’’.

Venons en à la politique locale. Que pensez-vous de ‘’la nouvelle ouverture vers

l’opposition’’ que l’on prête au Pouvoir?

- Vous faites allusion certainement à la correspondance de certains ministres, paru dans notre presse. Que la presse présente cela comme une ‘’nouvelle politique d’ouverture’’ suppose qu’elle admette qu’il y avait une ancienne politique d’ouverture. Qu’elle ne veuille pas s’étendre sur celle-ci relève de ses propres responsabilités. Pour l’analyste politique, et le responsable politique en est un, il ne doit pas seulement être porté par les événements. Il doit les saisir dans leur profondeur. Pour nous d’abord, il s’agit d’appréhender les tendances profondes, à l’échelle mondiale et nationale, tendances qui canalisent tout le reste et lui imprime une orientation. Ces tendances aujourd’hui c’est l’évolution des sociétés et des Etats vers plus de démocratie et la régression des dictatures d’une part, et d’autre part, que cette évolution s’opère de plus en plus de façon pacifique ; les voies violentes s’avérant de moins en moins porteuses de changements salutaires pour les peuples.

L’évolution pacifique de l’Afrique du Sud du régime fasciste et raciste de l’Apartheid en régime démocratique et multiracial est parmi les faits historiques qui ont marqué l’entrée de la nouvelle ère.

En Mauritanie, trois courants se disputent pour savoir dans laquelle de ces évolutions, le pays va s’engager :

Le premier de ces courants, est celui pour le statut quo. Ces courants sont opposés à toute ouverture qui est synonyme de réforme ; et qui par-là même constitue un danger pour leurs intérêts, souvent acquis en l’absence de toute transparence. Ses tenants sont déterminés à recourir aux moyens extrêmes pour maintenir les choses en l’état. Ils sont en grande partie responsable de la flambée répressive récente.

Les tenants du second courant tiennent au changement disent-ils radical, c’est-à-dire le départ de ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir et leur arrivée eux, au pouvoir. Pour ce faire, ils sont pour les moyens les plus extrêmes. Et un des porte-parole de cette tendance proclamait, récemment sur les antennes d’une radio étrangère que l’alternance à la sénégalaise, c’est-à-dire pacifique, était exclue pour la Mauritanie. Pour lui, la Mauritanie n’avait le choix qu’entre le statut quo intolérable, et le changement par la violence soit à la malienne, soit à l’ivoirienne. Il n’est pas exclu , comme l’envisageait un des dirigeants du FPO, que les tenants de cette tendance aient cherché à attiser, à dessein, les tendances répressives au pouvoir.

Ces deux courants versent dans la tendance opposée à l’évolution pacifique vers plus de démocratie.

Face à ces deux courants qui poussent à la confrontation, sans égards à ses conséquences, il y a l’opposition, dont nous sommes, qui veut inscrire le destin de la Mauritanie dans le cadre de la tendance principale de changement de la période nouvelle ; pour des réformes graduelles et consensuelles.

Notre parti a décerné très tôt, les besoins de notre pays de s’inscrire dans la perspective nouvelle favorable aux peuples et il a compris aussi la nécessité pour le pouvoir en place, pour certains intérêts en place de s’engager dans la voie des changements, afin de sauvegarder la paix civile. Pour nous, les évolutions, certes encore timides, hésitantes du régime mauritanien, son ouverture, s‘inscrivent dans ces tendances. Et les événements (correspondances des ministres) dont il a été questions plus haut s’inscrivent dans le cadre de ces évolutions mais n’en constituent guère les prémices, et surtout, ils ne sont pas les plus significatifs. Les prémices de la justesse de nos analyses, qui sont aussi celles qui annoncent l’ouverture du régime, ont été la réduction de la caution pour les listes électorales et l’annulation, pour fraudes, des résultats du premier tour à Nouakchott lors de dernières municipales. Mais, les pas les plus importants et les plus significatifs jusqu’à maintenant ont été, à notre avis, la première audience, sur notre initiative, accordée à la délégation de l’UFD/en, l’invitation des partis politiques d’opposition au congrès du PRDS et le discours du président Ould Taya à cette occasion, et enfin le discours de Kaédi définissant, pour la première fois, le statut de l’opposition et ses relations avec le pouvoir. Espérons qu’interviennent, dans une période proche, d’autres évolutions encore plus importantes.

Quels avis donnez-vous sur l’affaire dite de l’avocat Ould Lematt ?

- Pour nous cette affaire est très claire ; c’est des citoyens victimes d’inadmissibles brutalités policières. Nous disons des citoyens, car en plus de cet avocat, il y a Yedaly Ould Cheikh et surtout une femme, Fatimetou mint Haïdallah. Avant, il y a d’abord l’arrestation de Ahmed Ould Daddah. Notre attitude dans de pareilles circonstances a toujours été claire et ferme : nous sommes opposés aux entraves à la liberté d’exercer pleinement les droits démocratiques fondamentaux, aux atteintes aux droits universellement reconnus de la personne humaine. Et dès les premiers incidents nous avons vu les autorités pour leur signifier notre désapprobation. Nous avons fait une déclaration dans ce sens. Nous avons demandé aux responsables de la section du parti à Nouadhibou de rendre visite et exprimer la sympathie de la direction à chacune des victimes des brutalités policières.

Enfin, et à notre connaissance nous sommes le seul de tous les partis, à avoir envoyé une délégation exprimer notre solidarité avec l’Ordre National des Avocats dans sa lutte pour le respect de l’Etat de droit et des droits de la défense.

Quelles appréciations faites-vous des échanges de correspondances entre les avocats de l’Ordre et Ahmed Ould Daddah d’une part et de l’autre, les Ministres de la Communication et de l’Intérieur ?

- Il n’est pas dans nos habitudes de lire le courrier adressé aux autres. Même adressé à nous, nous ne raffolons pas tellement de la lecture du courrier administratif, surtout, si certains de leurs auteurs, imbus de culture d’exclusion, n’hésitent à recourir aux insultes. Mais puisque, malheureusement, notre pays en est à ce que sa presse propose de morceaux choisis de cette littérature à ses lecteurs, nous ne nierons pas que cette correspondance témoigne d’une certaine décrispation comme le prétendent nombre de commentateurs. Et nous ne pouvons que souhaiter de ce retour, au niveau de l’administration à un minimum de civilité soit durable et profite à certaines de ces plumes, et aussi à certains de leurs adversaires.

Le nouveau dynamisme de l’autre UFD/EN sur la scène nationale, ne se fait-il pas au détriment de votre parti ?

- Le groupe de Ahmed est engagé ces derniers temps, de façon isolée, dans une activité fébrile que vous appelez ‘’nouveau dynamisme’’. La veille des élections municipales, fin 99 également on avait assisté de la part de ce groupe à ce même type de dynamisme. Pour s’engager et engager les autres de ce genre d’activisme, les leaders de ce groupe ne sont jamais à court de ressources imaginatives pour faire croire aux autres que le grand changement est pour tout de suite. Que l’état des choses résiste un moment, la fièvre retombe. L’apathie succède à l’agitation. Tout récemment, vous, journalistes, n’en étiez-vous pas à vous interroger où était passée une certaine opposition ? Ceci dit, pour nous, le plus important serait que face à toute entreprise politique, vous journalistes, vous puissiez, en toute objectivité, permettre à nos concitoyens de répondre à la question de savoir si cette entreprise va dans le sens d’un changement bénéfique ; ou est-ce qu’elle est plutôt porteuse de confrontation, de dangers de ruine et de désolation ? Le leader qui a choisi la voie ivoirienne comme l’une des voies de changement pour la Mauritanie, peut-il honnêtement dire aujourd’hui, où celle-ci fera aboutir ce pays frère ?

Où en sont actuellement vos discussions avec le Pouvoir ?

- Elles se poursuivent. Le président du parti vient de rencontrer, en tête-à-tête, le Président Ould Taya. Il a eu longuement à lui expliquer, encore une fois nos préoccupations et nos soucis devant la persistance des dangers qui pèsent sur notre pays par défaut d’un minimum de consensus politique.

Et, sérieusement, nous espérons que cet entretien puisse conduire à des résultats concrets, particulièrement en matière de relations entre acteurs politiques.

Par ailleurs permettez-moi de souligner que nous ne bornons pas nos contacts uniquement en direction, comme on dit, du sommet. Nous entretenons des relations de discussions et/ou d’échanges d’informations tant avec d’autres dirigeants de l’opposition que de nombreuses associations de la société civile, de personnalités politiques et religieuses. De même, périodiquement, nous rendons des visites d’information à certaines missions diplomatiques en poste ici.

Quelles conclusions tirez-vous des propos tenus par le Président Ould Taya à l’égard de votre parti lors de sa tournée au Gorgol ?

- Le Président de la République a eu d’abord à définir dans ce propos sa position sur le statut de l’opposition par rapport aux intérêts nationaux d’une part, et d’autre part les rapports de cette opposition et le Pouvoir ainsi que la majorité qui gouverne. On peut dire que pour l’essentiel, sa compréhension est républicaine et souligner que c’est la première fois qu’il y a, chez nous, une telle reconnaissance.

Ensuite, il a parlé, en illustration apparemment de sa position ci-dessus, de ces entretiens avec les dirigeants de certains partis d’opposition, dont le nôtre et il a pris publiquement l’engagement de donner suite, en temps opportun, à leurs propositions.

Nous pensons que faisant suite à d’autres propos, notamment au congrès du PRDS, ces engagements ainsi pris, constituent des avancées sans précédent dans le sens de l’ouverture du régime en direction de l’opposition.

Que la presse nationale se soit polarisée sur le fait que parlant de nous, il a eu à utiliser le sigle de l’UFD/EN, ne nous a nullement fait perdre de vue l’importance de ce qui précède.

En tout cas, cela ne nous a nullement fait monter la tête, pour la simple raison que nous n’avons à aucun moment compté sur l’administration pour résoudre le différend entre nous et une quelle conque partie de l’opposition, et notamment avec le groupe de Ahmed ould Daddah. Contrairement à ce groupe qui a porté ce différent devant l’administration, puis devant le tribunal pénal, nous, nous avons toujours soutenu le principe de recherche d’une solution à l’amiable ou par arbitrage.

Maintenant, c’est le tour de ce groupe de voir l’administration, dans une correspondance lui coller indûment cette étiquette. Si ça flatte leur ego, que bien leur fasse . Mais on peut toutefois s‘étonner que cette fois, il n’y pas un tollé dans la presse pour ‘’ le manque de neutralité’’ du Ministre de l’Intérieur, de même nature que ‘’celle’’ du Président de la République.

Parvenez-vous toujours à faire passer votre message, votre stratégie, dans ce pays où une grande partie de la population a toujours réfléchi en termes d’adhésion aux thèses du Pouvoir ou d’opposition radicale à celles-ci ?

- Votre jugement, pour être valable, doit être restreint à la seule minorité agissante. Et encore ! C’est sans compter avec une minorité non négligeable de démocrates et patriotes indépendants qui se définissent en fonction de propositions qu’on leur avance ou actifs dans des associations ou syndicats autonomes.

La masse des Mauritaniens religieusement, culturellement a plutôt tendance à ce que un politicologue mauritanien appelle le ‘’consensus mou’’, c’est les hommes du jute milieu et de la ‘’choura’’ et de la ‘’maslah’’.

Notre problème majeur dans la mise en œuvre de notre stratégie n’est pas tellement à la tendance à la bipolarisation de la minorité active. La difficulté, c’est l’absence de confiance de la majorité de nos concitoyens envers les politiques. Soutenir dans cette situation une stratégie ouverte de compromis est rapidement assimilé à une volonté d’arrivisme. C’est pourquoi, même souvent quant la raison adhère, il reste qu’on préférera observer l’expectative. Aussi dés le départ avions-nous projeté notre action dans la durée. Nonobstant ces considérations, il faut que nous ayons la satisfaction de constater que notre politique fait du chemin chez nos compatriotes, et ce, dans tous les milieux. Et, en partie, cela résulte du fait que nous avons la chance de compter parmi nos cadres, des hommes politiques dont la fidélité est unanimement reconnue, après des dizaines d’années de luttes et parfois de dures privations, d’une part et d’autre part de jeûne dont la sincérité et le dévouement détonent en ces temps où la volonté de réussite matérielle mène à toutes sortes de dérives. Par contre, nous sommes fortement handicapés par l’indigence de nos moyens, la situation économique et sociale déplorable de la plupart de nos militants actifs.

En conclusion, on peut dire que notre stratégie est bien acceptée, mais nos forces et nos moyens sont encore insuffisants compte tenu des exigences de la situation.

Certains vous qualifient d’être le parti d’une poignée d’intellectuels nonobstant les voix obtenues lors des dernières municipales... Pourquoi n’avez-vous encore jamais mesuré votre popularité par voie de meeting ou marche sur la scène nationale ?

- Avant de répondre à votre question, je tiens d’abord à lever toute ambiguïté en ce qui concerne la qualification de notre parti d’être un groupe d’intellectuels. Certains entendent, en effet, par-là, nous réduire effectivement à une poignée de gens coupés des populations et qui passent leur temps à disserter sur des questions complexes, inaccessibles aux simples gens. Cette image et pour l’essentiel fausse. S’il est vrai en effet que nous nous distinguons sur la scène politique nationale par le souci d’aborder de façon intellectuelle toutes les questions qui se posent à notre société ; c’est de manière analytique, critique et approfondie, il est aussi vrai que nous sommes ceux qui comptent dans plusieurs directions, à tous les échelons, des petits employés aux ouvriers, aux paysans... Ils participent activement aux débats et analyses et les enrichissent de connaissances empiriques riches et eux-mêmes acquièrent la maîtrise des concepts théoriques. En outre, nous avons un bon contingent de cadres expérimentés dans la formation politique de ces couches et nous accordons une priorité à cette tâche. Beaucoup de ceux qui nous considèrent comme une poignée d’intellectuels incompréhensibles ont, au fond, plus de mépris pour nos simples compatriotes que certaines des institutions anti-populaires internationales qui, avec leurs slogans sur la développement participatif, prônent le principe selon lequel les populations savent mieux cerner leurs préoccupations et les expriment mieux que nos bureaucrates enfermés dans leurs cabinets. Par ailleurs comme vous le soulignez, les élections municipales ont bien montré que nous avons une base politique et un électorat populaires, ce qui nous ramène votre question.

D’abord, nous n’avons rien contre les meetings, ni les manifestations de rue, et même pas les grèves.

Nous sommes probablement le seul parti politique qui a suivi et manifester la sympathie à la CGTM lors de la grève des boulangers et lors des actions récentes des travailleurs de l’infrastructure à Zouerratt. Nous avons suivi, avec la plus grande attention, la lutte, émaillée d’arrêt des moyens de transport, des syndicats des transporteurs et celui du Rassemblement Des Bennes de Mauritanie (RADEBEMA). Nous les avons encouragés et nous avons effectué des démarches auprès des autorités afin que leurs doléances soient prises en considérations.

Mais, pour nous ce sont des formes de luttes et d’action parmi d’autres et dont on use selon besoins, suivant les objectifs à atteindre dans des circonstances données et compte tenu certains moyens disponibles.

En tout cas, ils ne peuvent, seuls, être des indicateurs de ce que vous dites, surtout pas chez, en Mauritanie, où meetings et marches drainent curieux et sympathisants. Et pour des démocrates la mesure de popularité c’est les suffrages électoraux, même s’il nécessaire de les corriger par des coefficients raisonnables de fraude.

Pour terminer, je rappelle que nous venons d’achever un programme d’action dans le cadre duquel nous avons mené certaines actions publiques tant à Nouakchott (conférences à l’ancienne Maison des Jeunes, Assemblées générale ou meetings dans certains département) qu’à l’intérieur ( Kiffa, Magtaa Lahjar, Bora et Bassi Guindi). Un meeting prévu à Nouakchott dans le cadre de programme n’a pas pu se faire faute de moyens. Le nouveau programme prévoit des actions publiques à Nouakchott. Leurs formes seront déterminées selon les circonstances et les moyens. Il ne faut donc pas désespérer de nous voir en meeting ou marche à Nouakchott, et peut être aussi ailleurs.

Propos recueillis par Amar Fall


Par Mohamed El Moustapha O. Bedreddine

A propos d'une rencontre avec Ould Taya


L’Authentique : dans quel cadre s’inscrit votre rencontre avec le président d’il y a quelques jours ?

Mohamed El Moustapha Ould Beddredine : cette rencontre s’inscrit évidement dans le cadre de notre effort permanent depuis notre congrès extraordinaire d’août 1998 en vue d’amener tous les protagonistes de la scène politique nationale au dialogue et ce, afin de sortir pacifiquement le pays de la crise multiforme qui affecte les fondements même de son existence. Cet effort s’est poursuivi depuis lors sous diverses formes, au gré des évolutions que nous constatons.

L’Authentique : n’est-ce pas ces mêmes questions que vous abordiez auparavant avec le ministre de l’intérieur ?

Mohamed El Mustapha Ould Beddredine : pas tout à fait… Tout au début, à la veille des municipales, les contacts se limitaient certes au ministère de l’intérieur. Ceux-ci visaient à tester la volonté de réforme du pouvoir à travers des mesures, si minimes fussent-elles, pour assurer à cette élection un minimum de crédibilité. Ces mesures furent : la réduction de la caution, la remise du procès verbal aux représentants des partis et l’annulation des résultats de Nouakchott.

C’est sur cette base que nous avons pris, au lendemain des élections, l’initiative de rehausser le niveau des contacts. Les premières rencontres sous forme de larges délégations de dirigeants du parti avec le président de la République, revêtaient un caractère protocolaire et visaient à provoquer l’instauration d’un climat plus serein entre l’opposition et le pouvoir, climat favorisant le dialogue et la recherche de compromis. Il s’en était suivi, si vous vous en souvenez, un concert unanime des leaders des partis politiques, de nombreuses voix de personnalités politiques et de la société civile affirmant leur attachement au dialogue.

C’est alors, que saisissant le climat nouveau ainsi créé, nous avions avancé, après l’avoir remis au président de la République, notre plate-forme politique pour un compromis National ( PPCN) axé autour des demandes les plus urgentes : réduction de la fracture sociale, consolidation de l’État de droit, approfondissement de la démocratie.

Dés lors, nos initiatives auprès des toutes les forces dynamiques de la société furent orientées dans le sens de mieux faire comprendre ce programme minimum de salut du pays. Avec le président de la République, pour ce faire, nous avons abandonné les rencontres avec de larges délégations en faveur des entretiens en tête-à-tête, plus convenables pour des analyses fouillées de certaines questions clefs et les éclaircissements sur les autres. Quelques rencontres de ce genre, très prometteuses, avaient déjà eu lieu lorsque sont intervenues les malencontreuses décisions gouvernementales touchant à la question sensible de la cause palestinienne, aux libertés fondamentales avec la dissolution du parti de Ahmed Ould Daddah et à la vie des Mauritaniens avec le renchérissement de certaines denrées de grande consommation. La tension des rapports entre le gouvernement et l’essentiel de notre peuple ne pouvait pas ne affecter nos rapports avec le pouvoir. Et les motifs de belligérance entre les deux camps demeure. Et nous continuons toujours à penser que les mesures d’apaisement que nous avions proposées, ou d’autres allant dans le même sens, restent nécessaires. Bien que le Président de la République ait préféré plutôt avancer sur un autre terrain; fallait-il que nous ignorions sa démarche ? Nous pensons que non... Regardez en France, Monsieur Jacques Chirac, qui est pourtant un président sans majorité parlementaire, et qui donc ne gouverne pas. Quant il intervient sur une question, comme celle de “ la vache folle ”; le gouvernement est obligé de changer tant soit peu sa conduite. Aussi, à l’initiative du président de la République, le 28 novembre 2000, nous avons, par écrit avancé des propositions, et nous avons été les seuls à le faire. Mais comme avec la plate-forme politique pour un compromis national, nous n’avons pas voulu en rester là. D’où cette dernière rencontre; sur notre initiative. Il faut, toutefois rappeler que parfois, c’est le Président qui invite; il en a été ainsi, par exemple, lorsqu’il nous a annoncé les mesures relatives à la carte d’identité non falsifiable et la mise sur pied d’un nouveau fichier électoral basé sur le RANVEC.

L’Authentique : les dernières mesures du gouvernement concernant les futures élections n’ont pas été satisfaisantes au vu des propositions que vous lui avez faites. Avez-vous saisi l’occasion pour en discuter avec le président ?

Mohamed El Moustapha Ould Beddredine : permettez-moi d’abord de saluer ces mesures qui bien sûr ne sont pas toutes les mêmes. Ainsi, le financement des partis et la proportionnelle constituent des doléances de la seule UFP. Sur la première, on peut s’estimer satisfait. Quant à la seconde, certes c’est déjà quelque chose que le principe soit retenu, mais il faut aller plus loin encore pour donner une réelle portée. C’est-à-dire aller dans le sens de notre proposition qui est fondée sur le souci de faire entrer à l’Assemblée de cadres nationaux capables effectivement de suivre et de contrôler l’action gouvernementale et de doter le pays d’une législation moderne. Enfin, la dernière mesure vise à répondre à la plus ancienne revendication de toute l’opposition, et même de certains partis de la mouvance présidentielle. Les mesures la matérialisant semblent rester à la discrétion de l’adminstration. Pour nous, cela n’est pas du tout rassurant.

Ainsi, comme vous le dites, l’écart entre nos ambitions de consolidation de notre démocratie et les positons actuelles du gouvernement reste encore important. Le dernier entretien n’a pas spécifiquement porté sur les propositions déjà avancées, mais plutôt sur la forme et les voies d’en discuter désormais, c’est-à-dire du cadre de dialogue.

L’Authentique : y a-t-il espoir de voir les choses se décrisper et pousser un peu plus le processus de dialogue ou est-ce toujours la prudence de la part du pouvoir ?

Mohamed El Moustapha Ould Beddredine : Votre question est très complexe. La décrispation générale dépend de beaucoup trop de choses, internes et externes. Comme dit plus haut, l’état de belligérance demeure et cela n’est pas tout à fait favorable au progrès. Malgré tout, il n’est pas exclu qu’on puisse faire avancer, comme vous dites, les choses, dans telle ou telle direction, ouvrant ainsi des perspectives portant à plus d’optimisme.

Je crois que c’est le cas dans la situation actuelle, à la suite de la rencontre du président du parti et du président de la République. En effet, nous avons soumis à l’attention du président deux questions : celle d’un cadre de dialogue tripartite Administration-partis d’opposition -partis de la mouvance présidentielle, et celle relative aux fonctionnaires mauritaniens victimes des événements de 89 et qui se sont auto-rapatriés volontairement, faisant preuve d’un grand esprit patriotique et civique.

L’Authentique : avez-vous constaté dans ce cadre une certaine amélioration ?

Mohamed El Moustapha Ould Beddredine : relativement à la concertation, au dialogue, nous estimons qu’un pas décisif a été franchi puisse que pour la première fois le président de la République qui est à la fois chef de l’administration et chef de la majorité présidentielle accepte formellement le principe de la concertation formelle Partis d’opposition-Etat-Parti au pouvoir. Il reste à en définir, maintenant, le cadre et les procédures. Nous même, on envisage chaque question avec prudence si on entend par là avec sagesse. Mais, la sagesse, au lieu d’exclure la largeur et la hauteur de vue, les commande. Dans le projet à envisager il faudra certainement faire preuve d’imagination et de hardiesse. En ce qui nous concerne, nous croyons qu’il doit s’articuler autour de la définition de deux points : le cadre du dialogue et les questions urgentes à discuter. Le cadre doit être supervisé par l’administration afin d’éviter les questions de préséance et de protocole que poseraient les partis. Il sera sans exclusive et donc cherchera à associer tous les partis ayant une certaine vie.

L’ordre du jour aura pour objectif de définir les conditions les meilleures pour la réussite des prochaines élections en leur conférant fiabilité, moralité et crédibilité.

L’Authentique : que fait-il particulièrement pour la réussite des futures élections ?

Mohamed El Moustapha Ould Beddredine : nous pensons que d’une part il faudra élaborer un code de bonne conduite au terme duquel les trois parties s’obligent moralement de respecter entièrement la Constitution, de ne pas recourir à fraude et la corruption, de renoncer à tout usage de la violence et de propagande mensongère, de recourir à la répression et aux pressions de tout genre, de s’abstenir de recourir au moyens de l’administration, notamment à ces véhicules et ceux des projets, d’éviter les gaspillages en s’auto-limitant dans les dépenses pour les campagnes. Code moral et d’honneur, ses règles, librement acceptées par tous s’imposent à chacun. D’autre part, ce cadre sera le lieu où l’administration pourra constituer et recueillir le consensus de toutes les parties sur les questions relevant de la législation, de la réglementation et autres mesures administratives. Les conclusions éventuelles sur ces points, revêtant un caractère purement consultatif, auront, vous verrez, une grande influence du fait de leur caractère objectif, concret et consensuel. C’est à ce niveau que pourront être étudiées des questions comme : l’accès au médias publics; l’organisation, le contrôle et la supervision des élections; le financement des élections; la révision des listes électorales; du bureau de vote et des représentants des partis, de la distribution des cartes électorales, du vote citoyen des forces armées et de sécurité, de l’encre indélébile, des urnes, des enveloppes de vote, du bulletin de vote.

L’authentique : au style de bulletin jusque-là adopté ?

Mohamed El Moustapha Ould Beddredine : Non… Nous souhaitons et tenons beaucoup au bulletin unique pour toutes les listes candidates. Ainsi tout le monde sera logé à la même enseigne : une liste ne verra pas ses bulletins perdus et/ou exposés tardivement et des pauvres citoyens ne seront pas contraints de présenter des bulletins qui ont leur place dans l’isoloir.

L’Authentique : êtes-vous optimiste à propos de la tenue des prochaines échéances électorales ?

Mohamed El Moustapha Ould Beddredine : oui ! Dans la mesure que nous le commande la sagesse et notre confiance inébranlable en les enfants de ce pays. Évidemment, nous ne perdons pour autant pas de vue, les nombreux sujets d’inquiétude en ce qui concerne les prochaines échéances électorales dont deux nous préoccupent particulièrement. C’est d’abord les lenteurs administratives, pour ne pas dire plus, qui font craindre que la mise en place de la nouvelle carte d’identité et du nouveau fichier retarde. N’est-ce pas déjà au niveau de certains milieux, on spécule sur la possibilité de reconduction de l’ancienne carte. On ne peut imaginer les conséquences de la réalisation d’un tel scénario catastrophe.

C’est ensuite, la dispersion de l’opposition et la persistance en son sein de certaines attitudes politique infantiles. La démocratie ne pourra se consolider que quant l’opposition assumera pleinement son rôle de vivier d’idées et de leaders capables de se retrouver dans toutes les situations et de définir les mesures justes, sans passion, qui conviennent de prendre. Aujourd’hui, toutes les données commandent à ce que notre opposition se retrouve. Certains leaders finiront-ils par le comprendre ? Restons optimiste !

L’Authentique : au sortir de cet entretien, comment voyez-vous votre participation aux prochaines élections ?

Mohamed El Moustapha Ould Beddredine : plus que probable. Vous connaissez d’ailleurs notre position de principe, souvent défendue dans la presse. En démocratie pluraliste, si boiteuse soit celle-ci, la participation est de règle et le boycott, le recours ultime. Mais la question n’est pas la participation de tel ou de tel autre. Il s’agit de rendre aux Mauritaniens la foi dans les institutions démocratiques, leur ouvrir les portes de l’espérance en la possibilité de réformes pacifiques.

Et ainsi les ramener aux urnes avec tout leur engouement du début du processus démocratique.

Propos recueillis par Amar Fall


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