Unité- Démocratie- Justice sociale

Accueil Contactez-nous Sommaire


Google

 

sur le Web

Sur ufpweb.org

 

Home ] Up ] - Interviews du SG du Parti, député ] [ - Mohamed Maouloud : pourquoi UFP ? ] Thiam ousmane à "Echanges" ] Sy Samba au Rénovateur ] Interview de Ould Maouloud et de Gourmo Lô ] - Pour une opposition responsable ] - Le président de l'Ufp sur la présidentielle 2003 ] - A propos des voies de changements .... ] Ensemble ... suite ] - Cartes sur table ] Paroles d'élus ]

- Mohamed Maouloud : pourquoi UFP ?


A propos d'une rencontre

Pourquoi UFP ?

Participation sous le signe de la lutte contre la fraude


Mohamed Ould Maouloud, président de l'Union des Forces du Progrès, après ses rencontres avec le président Ould Taya le lundi 4 et le mardi 5 août 2003:

"Je dois dire que j'ai évoqué aussi toutes les questions qui préoccupent l'opinion publique et l'opposition sans exclusive. Le président a été très attentif à mon propos et en particulier en ce qui concerne l'ouverture politique et le dialogue."


Mohamed Ould Maouloud, le président de l'UFP, parti de l'opposition, a été reçu par Ould Taya le lundi 4 et le mardi 5 août courant sur la demande du président de la République. Nous l'avons rencontré après sa deuxième audience de ce mardi et nous l'avons interrogé sur les principales questions relatives à la nouvelle conjoncture politique.

Le Calame: Vous venez de rencon­trer le président Ould Taya. Sur quoi ont porté concrètement vos discussions ?

Mohamed Ould Maouloud : D'abord, je voudrai exprimer ici ma satisfaction et mes remerciements pour la disponibilité totale dont il a fait montre pour me recevoir, et se livrer ensuite avec moi à un échange de vues libre, franc et très ouvert sur l'ensemble des questions qui touchent à l'intérêt supérieur de notre pays. Notamment les questions relatives à la stabilisation du processus de démocratisation et qui touchent également à l'approfondissement de la démocratie. Nous avons bien sûr évoqué les événements du 8 juin et leur impact, mais aussi les prochaines élections. Nous avons abordé toutes les questions qui touchent le devenir politique de la Mauritanie et comment assurer que le pays aille vers plus de démocratie et plus de stabilité. Je dois dire que j'ai évoqué aussi toutes les questions qui préoccupent l'opinion publique et l'opposition sans exclusive. Le président a été très attentif à mon propos et en particulier en ce qui concerne l'ouverture politique et le dialogue. Nous avons convenu de l'utilité de relancer le dialogue entre l'opposition et le pouvoir, et nous verrons dans les prochains jours quelle initiative particulière serait de mise pour matérialiser cette dispo­nibilité.

Est-ce que le président vous a donné des gages quant à la transparence et la régularité des prochaines élections?

Mohamed Ould Maouloud : J'ai eu l'impression que le président a le souci que tout le monde comprenne qu'il est soucieux du déroulement des élections dans les meilleures conditions, et en toute transparence.

L'ancien chef de l'État, Mohamed Khouna Ould Haidalla, a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle. Votre parti le soutiendra-t-il, étant donné que votre mouvement, l'ex MND, était son principal soutien lorsqu'il était au pouvoir?

Je rectifie. Notre mouvement à l'époque, et là je parle du Mouvement national démocratique, n'était pas son principal soutien. Il n'était même pas un soutien pour lui. C'était un partenaire de la scène politique. Nous n'avons pas eu à nous confronter parce que, peut-être, notre adversaire était commun. Nous n'avons pas eu aussi l'alliance que nous avions nous-mêmes souhaitée en ce moment, mais que le système militaire, de part sa nature, nous empêchait de conclure. Maintenant la situation est autre. Nous ne sommes pas de ceux qui font la politique d'aujourd'hui en regardant le passé et selon les règles de ce passé! La candidature de Mohamed Khouna Ould Haidalla est celle d'un ancien chef d'Etat, d'un homme qui a son poids sur la scène politique nationale, son influence par rapport à l'histoire du pays. Pour toutes ces considérations, elle est très importante et elle doit être évaluée à sa juste mesure. Mais le parti a défini sa position. Nous sommes à la recherche d'un candidat qui fasse le consensus de l'opposition, soit dans son ensemble soit en grande partie. Et nous sommes toujours à la recherche de ce consensus d'abord au niveau de l'opposition. Qu'il porte sur lui ou sur un autre, pour nous l'essentiel est qu'il y ait un candidat consensuel au niveau de l'opposition. C'est notre position actuelle et nous avons dit que si nous n'arrivons pas à conclure ce genre d'accord, nous sommes déci­dés à nous présenter nous-mêmes. Dans le prochain conseil national de notre parti, qui se tiendra les 14 et 15 courant, nous livrerons les conclusions et adopterons une position définitive.

Vous deviez rencontrer Ahmed Ould Daddah, le Président du RFD, aujourd'hui (5 août), mais la rencontre a été reportée. Y-a-t-il espoir de voir le RFD et l'UFP coordonner en vue de la présidentielle?

Mohamed Ould Maouloud : Notre position est claire. Pour nous, toute l'opposition doit d'abord s'entendre sur le principe d'une stratégie commune et pour nous la bonne stratégie, c'est une candidature commune. Si les autres partenaires de l'opposition partagent le même point de vue, il n'y a pas de raisons qu'on n'arrive pas à une entente. Etant entendu que chacun est libre de se proposer comme la solution recherchée. En tout cas, ce n'est pas notre disposition d'esprit et nous sommes prêts à œuvrer lorsqu'il y aura une entente au sein de l'opposition sur ce candidat commun. Si cela n'arrive pas, ce sera malgré nous.

Pensez-vous que l'opposition a une chance si elle se lance dans la bataille en ordre dis­persé?

Il y a beaucoup d'analyses et de pronostics sur ce plan qui considèrent que les meilleures chances seront avec l'opposition si elle a un candidat commun. Je vais vous dire plus : pour nous le candidat commun est un gage de responsabilité dans la gestion d'un événement aussi considérable qu'une élection fortement disputée et qui comporte des risques de dérapage. Il est très important pour la stabilité du pays et pour ses chances de surmonter et de régler convenablement toute situation difficile liée à ces élections, qu'il y ait deux partenaires de poids responsables. S'il y a une multitude de candidats, cela comporte le risque pour le pays de voir l'opposition réagir en ordre dispersé et prôner des réactions dans tous les sens. N'oubliez pas qu'en Côte d'Ivoire, la guerre civile a été causée par la compétition entre deux anciens opposants après avoir écarté l'ancien président. Ce sont les opposants et leur rivalité pour qui va être le président qui ont amené la Côte d'Ivoire à la situation où elle est aujourd'hui. Nous devons en tirer les leçons. Si nous voulons l'alternance, il faut la rechercher d'abord par une entente autour d'un candidat commun. C'est un gage pour le succès de notre entre­prise et un gage de responsabilité vis-à-vis de la paix civile dans le pays, et pour le traitement responsable des crises éventuelles qui vont être liées à cette élection.


Pourquoi UFP ?

Par Mohamed O. Maouloud 

L’Authentique : vous êtes aujourd’hui président de l’UFP. Est-ce ce que le changement du nom de votre parti, s’imposait ?

Mohamed Ould Moloud : «S’imposait» n’est certainement pas le terme approprié, puisqu’il nous revenait de choisir entre garder le nom ou l’abandonner et qu’aucune contrainte administrative ou judiciaire ne s’exerçait dans le sens du changement du nom. Par contre, le Bureau Exécutif a considéré politiquement opportun de procéder à ce changement, pour favoriser un assainissement du climat au sein de l’opposition et rendre ainsi possible son unité d’action en cas de besoin. Il est vrai aussi que le Congrès extraordinaire de notre parti en août 1998 avait envisagé une telle éventualité pour mettre un terme à la confusion de discours et d’image engendrée au sein de l’opinion publique par la dispute sur le nom qui nous opposait au parti de Ahmed Ould Daddah. Mais le choix du parti avait été alors d’user dans un premier temps de tous les moyens légaux pour faire prévaloir le droit légitime du parti à garder un nom auquel était extrêmement attachée la majorité de ses militants et sympathisants. Avec la dissolution du parti de Ahmed Ould Daddah, le nom-fétiche nous était resté dans les mains en principe sans concurrence possible. Mais les considérations politiques susmentionnées nous ont décidés à ne pas le garder.

L’Authentique : pourquoi ne l’avez-vous pas décidé pendant que l’UFD/EN d’Ahmed Ould Daddah revendiquait pour elle cette même dénomination ?

Mohamed Ould Moloud : je ne voudrais pas revenir sur cette page sombre de l’histoire de l’opposition. Mais pour bien faire comprendre le sens de notre décision je ne vais pas esquiver la question. Vous semblez dire «si réellement votre geste vise à mettre un terme à la division de l’opposition, pourquoi ne pas l’avoir fait avant pour économiser les énergies perdues dans une dispute stérile deux années et demie durant ?» Eh bien, je réponds que dans un litige pour une affaire de patrimoine, la bonne volonté d’une partie n’est pas à rechercher dans son renoncement inconditionnel et préalable à ce qu’elle croit être ses prétentions et droits légitimes.

Mais plutôt dans sa disponibilité à trouver des solutions de compromis et à tout le moins à ne pas dramatiser le différend pour préserver les relations futures. Je crois que pour notre part, nous n’avons ménagé aucun effort pour trouver avec nos amis de l’opposition un règlement à l’amiable et pour ne pas aggraver le contentieux. Nous avons différé tout recours à la justice pour favoriser une telle issue, mais en vain. Nous avons également rigoureusement veillé à ne pas impliquer le pouvoir dans ce différend interne au sein de l’opposition. Que voulez-vous de plus ? L’autre partie n’a pas voulu de l’offre de règlement à l’amiable, il ne nous restait plus alors que le recours à la justice ; la procédure était en cours lorsque le pouvoir prit sa décision de dissolution du parti de Ahmed. En d’autres termes, pour nous, le différend devait être réglé au plus tôt soit par le compromis entre les parties, soit par un procès équitable qui permettrait à chacun de défendre sa cause et d’édifier l’opinion publique. La première solution n’a pas été possible, la seconde ne l’est plus, car une des parties est désormais privée de toute qualité juridique pour ester en justice. Dans ces conditions, que le nom nous restât entre les mains n’était point le résultat d’une victoire emportée de haute lutte mais le simple sous-produit de la répression de l’autre partie. Vous savez bien que notre éthique nous interdit de tirer avantage d’une telle situation.

Oui, hier, nous n’avons pas renoncé au nom parce que nous étions certains d’avoir raison et qu’il fallait le prouver à tous, mais aussi parce que l’autre partie ne nous avait pas demandé de lui faire la concession. Aujourd’hui, c’est différent. La partie adverse a été éliminée pour d’autres raisons. Le combat devait donc forcément cessé, non pas faute de combattant, mais parce qu’il n’avait plus d’objet (clarifier qui avait raison et qui avait tort) et risquait donc de changer de nature, c’est-à -dire de servir d’alibi pour la poursuite de la répression de la formation de Ahmed Ould Daddah. C’est pourquoi, la renonciation au nom «UFD/EN» est pour nous le geste opportun à faire maintenant pour nous démarquer de la décision de dissolution de cette formation et exprimer notre souci de voir l’opposition dépasser ses querelles stériles.

REMONTER

L’Authentique : à quoi ramenez-vous en définitive, la dissolution de l’UFD/EN d’Ahmed Ould Daddah ?

Mohamed Ould Moloud : Les motifs avancés par le communiqué du Conseil de Ministres sont loin d’être convaincants. Il n’y a pas la moindre mention d’un fait délictueux avéré, mais plutôt l’énumération d’accusations relevant du procès d’intention. C’est très grave. Un système démocratique crédible ne peut souffrir de cette facilité à mettre hors-jeu les adversaires gênants. La dissolution d’un parti politique doit se fonder uniquement sur des faits indéniables et gravissimes au regard de l’intérêt national. C’est pourquoi nous avons dénoncé cette décision, comme d’ailleurs nous l’avons fait une année auparavant dans le cas de Attaliâ.

Face aux problèmes politiques de l’heure, on a l’impression que l’approche répressive est revenue en force au niveau du pouvoir. Notamment dans le contexte de l’Intifada d’El Qods et de son attachement au maintien de relations diplomatiques avec Israël contre vents et marées.

L’Authentique : on constate que votre discours politique semble davantage se radicaliser… Est-ce à dire que vous compter vous inscrire dans l’opposition pure et dure ?

Mohamed Ould Moloud : nous n’avons pas changé de stratégie. Nous pensons toujours que les politiques de ce pays doivent être patriotes et intelligents pour ne pas reproduire les erreurs des autres pays africains qui ont basculé dans l’abîme des guerres civiles parce qu’ils ont mal géré leur transition démocratique, parce qu’ils ont adopté pour règle de conduite «tout ou rien». Pour éviter de tels drames, un compromis politique est incontournable. Voyez l’exemple de la Côte d’Ivoire : la guerre civile couve parce que les politiques n’ont eu en vue que le pouvoir, rien que le pouvoir.

Mais cette stratégie nous commande justement de combattre tout comportement politique susceptible de conduire aux confrontations redoutées. Qu’il provienne du pouvoir ou de l’opposition. Aujourd’hui, le pouvoir donne l’impression qu’il veut régler les problèmes par la force et la répression. Nous jouons notre rôle d’opposition en le critiquant sans détour. Mais en même temps, nous continuons à l’inciter à renouer avec l’approche d’ouverture et de dialogue sans exclusive.

Nous sommes particulièrement soucieux de voir le pays s’engager dans une large concertation nationale pour aboutir à un compromis politique avant les prochaines élections législatives d’octobre 2001. Et vous savez bien que pour aller dans cette direction, le pouvoir doit se mettre à l’écoute de toute la nation et instaurer un climat de détente et non de crispation.

L’Authentique : que répondez-vous à ceux qui affirment que l’UFP a été construite sur “les cendres” de l’UFD/EN d’Ahmed Ould Daddah ?

Mohamed Ould Moloud : je ne vois pas le rapport entre «les cendres» de l’une et la construction de l’autre. Ce n’est nullement pas le même terrain, au propre comme au figuré. L’UFP c’est la simple mutation du nom de l’UFD/EN que vous, journalistes, vous distinguez par «B» et qui n’a pas voulu justement profiter de l’élimination de sa concurrente. Dommage si, malgré l’évidence, certains préfèrent les interprétations malveillantes.

REMONTER

L’Authentique : quand je vous dis que l’opposition sans Ahmed Ould Daddah est orpheline… Que répondrez-vous ?

Mohamed Ould Moloud : Orpheline ? Peut-être que le terme n’est pas appropriée, car l’opposition a vu le jour bien avant l’entrée de Ahmed Ould Daddah dans la scène politique. Mais sans lui, l’opposition serait sans doute très diminuée. D’abord parce qu’il était notre candidat à tous en 1992 et qu’il avait réussi à réunir les suffrages de plus de 30% des électeurs ; ensuite parce qu’il a une influence importante dans le pays; et enfin parce que c’est l’un des leaders crédibles et un opposant courageux dont l’opposition et la démocratie mauritanienne ont grand besoin. Ceci dit, même si je ne suis pas d’accord avec lui, je souhaite vivement que la situation actuelle soit passagère et qu’il puisse à nouveau jouer pleinement le rôle politique qui est le sien.

L’Authentique : quelles positions tenez-vous à propos de ce qui se passe depuis le 28 septembre en Palestine ?

Mohamed Ould Moloud: notre position est connue. Nous sommes du côté de la lutte légitime du peuple palestinien pour recouvrer ses droits nationaux et notamment ceux d’avoir son État avec pour capitale Al-Qods, du démantèlement des colonies et du retour des réfugiés. Nous sommes également pour un processus de paix qui conduise à une paix juste et non pas à la légitimation de l’occupation israélienne. C’est pourquoi nous sommes opposés à la normalisation avec Israël, tant qu’il ne souscrit pas à un règlement juste. Quoiqu’il en soit, le rôle de la Mauritanie doit être de soutenir les Palestiniens dans l’Intifada comme dans la négociation, répondre selon nos moyens à leur demande dans ce sens et non à décider ce qui est bon ou juste pour eux.

Cela dit, je trouve que l’Intifida est non seulement légitime, tant que dure l’occupation israélienne, mais elle également nécessaire pour faire pression sur les USA et Israël dans les négociations de paix dans le sens de reconnaître les droits légitimes du peuple palestinien.

L’Authentique : comment trouvez-vous la position du pouvoir sur cette question ?

Mohamed Ould Moloud : incompréhensible, en rupture totale avec les sentiments et l’opinion du peuple mauritanien. Je crois aussi qu’elle est politiquement dangereuse pour la stabilité du pays. Dans tous les cas, le pouvoir ne doit pas mépriser l’opinion publique. Actuellement il donne l’impression d’agir sans se préoccuper de donner des explications. Le prix consenti par le pouvoir pour maintenir ses relations avec Israël est très fort. Mais de surcroît, on ignore en quoi consiste la contrepartie. Ni les faveurs financières, ni le soutien politique ou sécuritaire, ne paraissent suffisants pour justifier le paradoxe de rompre sentimentalement et psychologiquement avec son peuple pour maintenir les liens avec Israël qui tue aux chars d’assaut et aux hélicoptères de combat les enfants armés de pierre. Le Gouvernement aggrave davantage son image et rend plus suspecte encore sa position lorsqu’il s’efforce d’organiser un blocus médiatique sur l’Intifada et les crimes israéliens. La TVM est le seul média du monde qui ignore ce qui se passe quotidiennement en Palestine. Le Gouvernement semble-t-il veut s’afficher comme un ténor du camp modéré arabe. Mais le comble est qu’il semble n’être plus en phase avec ce camp. Chacun a exprimé par un geste sa mauvaise humeur à Israël sauf la Mauritanie. Pourquoi ? Je le répète, le Gouvernement doit revoir sa position. Il doit aussi se rappeler qu’en démocratie, il n’est pas permis d’ignorer ainsi l’opinion publique sur une question aussi grave, qui touche à l’identité culturelle et religieuse des Mauritaniens.

L’Authentique : quelles appréciations avez-vous de l’état de la liberté d’expression dans notre pays après l’interdiction des émissions de la chaîne El Jezira puis de RFI ?

Mohamed Ould Moloud : Al Jezira et RFI ne bénéficiaient pas d’un droit mais d’un privilège. Le pouvoir peut donc accorder ou retirer un tel privilège à sa convenance. Cela n’est pas du même ordre que pour un média national. En fait la question doit être de savoir pourquoi ces deux médias étrangers ont été interdits d’émission à partir de Nouakchott. Serait-ce pour une incompatibilité avec les valeurs culturelles du peuple mauritanien ou pour une atteinte quelconque à l’intérêt national ? De prime abord, rien ne l’indique. Autrement, on ne voit pas pourquoi le pouvoir se garderait de le préciser. Reste que pour certains, Al Jezira plus que d’autres réduisait à néant le blocus de la TVM sur l’intifada. Si l’explication se vérifie, je trouve bien sûr la décision aussi mauvaise qu’inefficace. Pour RFI, j’avoue que je n’ai aucune idée des raisons qui ont motivé la rupture d’émission en FM.

REMONTER

L’Authentique : le radicalisme du pouvoir, ne contredit-il pas le recours au dialogue, que vous prônez ?

Mohamed Ould Moloud : Soyez précis. Ce qui contredit l’ouverture et la relance du dialogue tant attendue, c’est l’indifférence vis-à-vis de l’opinion publique et les mesures répressives injustifiées. Je ne crois pas que l’intérêt du pouvoir soit dans cette attitude. Il a en effet beaucoup à perdre et rien à gagner à pratiquer le repli sur soi et le jeu de la tension. Alors qu’est-ce qui le pousse dans cette direction et pourquoi ? Mystère. Surtout qu’avant les derniers événements j’avais retiré des derniers entretiens avec le Président l’impression forte qu’il était déterminé à engager la vie politique nationale dans un cours nouveau fondé sur l’ouverture et les réformes dans divers domaines. J’espère bien que cette volonté reprenne le dessus et dissipe l’inquiétude des Mauritaniens par rapport à l’avenir du pays.

L’Authentique : Certains qualifient votre position médiane de stratégie opportuniste

Mohamed Ould Moloud : libre à eux d’en penser ce qu’ils veulent. Mais qu’au moins ils fassent l’effort d’être justes : en quoi notre stratégie est opportuniste ? Parce que nous pratiquons le dialogue pour arriver à un compromis politique avec un pouvoir auquel par ailleurs nous nous opposons ? Mais, soyons sérieux, partout dans le monde, les adversaires les plus irréductibles nouent le dialogue et cherchent des compromis. Il est vrai qu’une certaine opinion est impatiente et veut tout changer et tout de suite. C’est une voie pour le changement qui peut sembler courte, mais qui en fait peut déboucher sur des bouleversements douloureux et interminables.

L’Authentique : quels rapports entretenez-vous avec le FPO ?

Mohamed Ould Moloud : Aucun. Par contre nous avons, durant ces deux dernières années, veillé à entretenir des contacts avec ses principales composantes ou certaines de leurs personnalités influentes. Et nous continuons dans l’esprit de restaurer l’unité de l’opposition sur des bases plus saines et plus claires.

L’Authentique : comment expliquez-vous que cette structure refuse toujours de vous accepter en son sein ?

Mohamed Ould Moloud : Pour qu’elle refuse notre adhésion, il faut d’abord que nous en exprimions la demande. Or nous n’avons jamais formulé une telle démarche depuis le Congrès Extraordinaire de notre parti en 1998. Simplement parce que nous devons nous entendre d’abord sur les objectifs et les principes de toute unité avant de nous y engager. Nous sommes prêts pour de telles discussions, mais pas encore pour l’adhésion au FPO tel qu’il est et sur la base de la ligne politique qui est la sienne. Cela dit, l’unité de l’opposition ne doit pas être envisagée sous cette seule forme. Elle peut aussi avoir une formule minimale de coordination de certaines positions.

REMONTER

L’Authentique : Notre retrait de la CEDEAO et le maintien de nos relations avec Israël, ne risquent-ils pas de nous ramener à l’isolement qui nous frappait à la veille du processus démocratique ?

Mohamed Ould Moloud : Sur ces deux questions, notre opinion est connue. Bien sûr nous redoutons pour notre pays l’isolement mais aussi et surtout de rater des opportunités historiques, d’occuper une place de choix dans les ensembles auxquels nous appartenons et qui sont en pleine reconversion.

L’authentique : votre parti semble être confronté à un problème d’assise populaire. Une des raisons qui vous amènerait à ne pas tenir de meeting… Avez-vous réfléchi à résoudre ce handicap ?

Mohamed Ould Moloud : C’est une fausse impression. Je comprends que Nouakchott fonctionne comme une vitrine et lorsque l’on ne s’y manifeste pas beaucoup, on donne cette impression. En fait il n’est pas facile d’organiser des activités de masses à Nouakchott. La démocratie coûte chère. Or notre parti devait à la fois assurer son fonctionnement quotidien et payer les dettes résultants des élections municipales. Ce qui nous manquait donc pour organiser meetings et manifestations, ce ne sont pas les masses mais plutôt les ressources. Sachez par exemple que notre score lors des dernières élections municipales à Nouakchott dans le conditions connues de fraude (10 % ) était pratiquement le même que celui du parti avant la scission lors des municipales de 1996. En outre, jusqu’à preuve du contraire, nous sommes le parti le mieux implanté à l’intérieur du pays. Tenez, lors des dernières élections municipales, nous nous sommes présentés seuls dans 13 communes dont trois grandes villes (Kiffa, Boghé et Kaédi) et nous avons obtenu des résultats allant de 9,6% à Kaédi à 56% à Moït. Allez dans l’Aftout, vous ne trouverez comme sections de parti d’opposition que les nôtres. Allez donc dans l’est, et ailleurs dans le pays.

L’Authentique : la Mauritanie a aujourd’hui 40 ans. Fait-elle réellement son âge ?

Mohamed Ould Moloud : Non à cause des systèmes de dictatures, de la guerre du Sahara et des événements de 1989. Elle a connu de graves maladies et elle s’en ressent. Mais en fait 40 ans, ce n’est pas beaucoup dans la vie d’un pays.

L’Authentique : si on vous demandait de nous faire une comparaison entre les 18 ans de présidence de Me Moctar Ould Daddah et les 16 ans de Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya…

Mohamed Ould Moloud : Pour nombre de raisons, dont la différence des contextes historiques, ils ne sont pas comparables.

Propos recueillis par OEM


"Nous avons placé notre participation sous le signe de la lutte contre la fraude et je pense que sur ce plan les résultats sont loin d'être négligeables"

Par Mohamed Ould Maouloud (Calame 237 février 1998)


L'UFD-B a perdu les élections à Nouakchott. Elle a gagné sur le plan politique. Mohamed Ould Maouloud, président de l'UFD-EN-B, se prononce sur le scrutin du 5 février dernier (1998), sur l'annulation du premier tour, sur la transparence et sur la participation.

Le Calme: Quels sont vos premiers commentaires sur les résultats des élections? Mohamed Ould Maouloud : Au plan politique, ces élections n'ont certainement pas été quelconques. Quelque chose a bougé. Dans un premier temps dans le mauvais sens, lors du premier tour et partout dans le pays, puis dans un second moment dans le bon sens, avec l'annulation du scrutin à Nouakchott et sa reprise le 5 février. Parlons d'abord du premier mouvement. Le premier tour des élections municipales a été désastreux pour la démocratisation de notre pays. Jamais la fraude n'a été aussi massive et insolente; elle prit un tour ouvertement orgiaque. L'élection eut tous les traits d'une mascarade débile où personne n'était dupe, mais où chaque électeur du PRDS se croyait condamné à contribuer à cet affaissement moral collectif, dans l'indifférence complice, voire avec le soutien d'une administration mise au service du parti au pouvoir, qui ne se gênait pas de "rafler toute la mise" en ricanant de la "naïveté" de ses adversaires. Comme pour illustrer le slogan de campagne de notre parti : "Un Etat qui fraude assassine la démocratie", on tentait ainsi de tuer tout espoir de changement par les urnes; rien ne semblait plus pouvoir empêcher notre démocratie naissante de trépasser. Mais à qui profitait le forfait? Tous les observateurs le savent, ces élections ne comportaient aucun enjeu vital pour le pouvoir. Au contraire, il avait tout intérêt à crédibiliser son système politique en introduisant une certaine transparence, en permettant aux populations de choisir librement leurs conseillers. Et pourtant il y eut comme un acharnement du PRDS et de l'administration locale à démentir les engagements solennels du gouvernement de favoriser une plus grande transparence; il y eut comme une provocation pour donner tort à notre parti d'avoir choisi de participer aux élections et d'oeuvrer par le dialogue avec le pouvoir au sauvetage du processus démocratique. Visiblement, au sein du pouvoir, des cercles hostiles à toute politique d'ouverture et de dialogue avec l'opposition ont mené le jeu, prenant même le risque de fermer toute voie de changement par des moyens démocratiques. Apportant ainsi un soutien appréciable aux partisans du changement par la violence. A Kiffa par exemple, l'administration autorisa sous toutes les formes imaginables la fraude du PRDS. Et notamment le vote sans pièce d'identité. Elle ne permit à nos représentants ni d'inscrire leurs observations dans les procès-verbaux, ni d'avoir copie de ceux-ci comme l'avait pourtant formellement promis le ministère de l'Intérieur. Mais d'un autre côté, ces élections ont fait bouger les choses dans le bon sens, avec cette décision courageuse et inédite de réagir vigoureusement contre la fraude en invalidant le scrutin du 29 janvier. Pour la première fois depuis le début du processus démocratique une lutte réelle contre la fraude a été engagée par la puissance publique. Cela s'est traduit par la chute du résultat électoral du PRDS de plusieurs milliers de voix (de 2.000 à 3.000 par département). Bien sûr, le vote multiple, des documents falsifiés et d'autres formes de fraude ont été utilisés massivement par le PRDS. Mais au moins ce premier combat a permis de réduire sensiblement le mal et surtout de ramener la fraude au statut d'acte délictueux, souterrain. On vient de loin et cela constitue un coup de frein salutaire à cette descente qui paraissait irrésistible vers la déchéance morale définitive de notre société, et la ruine totale de la démocratie et de l'Etat. Le mal de la démocratie mauritanienne est désormais identifié officiellement. C'est déjà un important progrès et, nous l'espérons, le point de départ d'une entreprise de rectification qui réclamera la conjonction de l'effort de tous et sans doute du temps. Ces élections furent aussi l'occasion d'une surenchère sur le taux de participation. Nous en avons senti le danger avant le scrutin du 29 janvier et sonné l'alarme par un point de presse fait le mardi 25. Les lobbies du PRDS, extrémistes ou simplement irresponsables, avaient besoin de l'argument du taux de participation pour obtenir le feux vert de l'administration pour une fraude massive. Or, avec des listes truquées, un tel taux n'avait pas grande signification. A Tevragh-Zeïna par exemple, le nombre des inscrits était passé de 15.219 en 1994 à 30.845 en 1998, soit une augmentation de 102,6%, la plus élevée de tous les départements, alors qu'il s'agit d'un arrondissement résidentiel! De fait, la liste électorale était déjà bourrée d'électeurs fictifs bien avant 1994. Il est probable que les électeurs réels représentent moins de 40%. Certains ont expliqué la faiblesse du taux de participation par le mot d'ordre de boycott lancé par le FPO. Mais tout le monde sait que depuis 1994, l'électorat se détourne des urnes de plus en plus en réaction à la fraude systématique. Cette tendance s'est affirmée lors des élections législatives de 1996, malgré la participation active de tous les partis d'opposition. Lier l'abstention massive au mot d'ordre de boycott n'est qu'une autre forme de fraude. Le mot d'ordre du FPO n'a en réalité eu de l'impact que sur une frange limitée de l'électorat de l'opposition immédiatement mobilisable et n'a finalement porté préjudice qu'à l'UFD-EN.

REMONTER

Le Calame : Quelles explications donnez-vous à l'annulation du scrutin de Nouakchott? Mohamed Ould Maouloud : La raison avancée officiellement -la fraude- est pour notre parti tout à fait valable et suffisante. L'opposition démagogique qui ne sait malheureusement pas soutenir un débat politique sérieux, s'est rabattue sur des explications fantaisistes ou calomnieuses. Les faits se sont chargés de les démentir : contrairement à leurs élucubrations, le taux de participation a baissé au lieu d'augmenter et il est resté suffisamment de fraude pour empêcher l'UFD-EN d'avoir plus d'un siège au conseil municipal. Nous avons décidé de traiter par le mépris les accusations vulgaires portées contre nous par certains ténors du FPO. A les entendre, ils n'ont que mépris pour les strapontins. Qu'ils sachent donc que pour le succès de la politique de prévention de la guerre civile dans notre pays, nous sommes même prêts à rester debout et sous le soleil. Mais nous nous rendons compte que dans leur esprit, l'appel au dialogue -dont ils se réclament aussi- ne signifie finalement rien d'autre que l'injonction à l'adversaire de céder son fauteuil; en somme la "bonne cause" qui les mobilise se ramène finalement à une histoire de siège à occuper par tous les moyens et quoi qu'il en coûte pour le pays. Cela dit, il est permis aussi de voir, dans cette annulation, un effort du pouvoir pour corriger l'impact négatif du premier tour des élections et un signe pour réaffirmer à notre endroit, comme à celui de l'opinion intérieure et extérieure, sa volonté politique de favoriser une amélioration du système électoral. Faut-il ajouter aussi que la fraude instituée, si elle porte préjudice à l'opposition sur le plan électoral, commence au delà de certaines limites à fonctionner politiquement aux dépens du pouvoir. D'abord par le discrédit qu'elle jette sur tout le système; ensuite parce qu'en échange des fonds colossaux et des prébendes, les notables du PRDS se contentent de lui vendre du vent et non un soutien populaire pourtant vital dans cette période de crise et de mécontentement général.

REMONTER

Le Calame : Quelles perspectives politiques s'offrent à vous à la lumière de ces élections? : Il faut penser d'abord au pays. La menace d'implosion, d'engrenage de la violence, de guerre civile qui ravage d'autres pays africains pèse sur le nôtre. D'abord à cause de la grave crise économique et sociale, du discrédit de l'Etat et du blocage de la démocratisation du pays. A cause aussi de la tentation extrémiste au sein du pouvoir comme au sein de l'opposition. Au cours de ces élections, l'un et l'autre extrémisme ont été très actifs. Par leur fraude massive et leurs manipulations, les cercles du PRDS, partisans du statu quo, ont failli donner raison à l'opposition démagogique qui pousse à la confrontation violente. Suite à la décision de lutter contre la fraude et de reprendre le scrutin à Nouakchott, les extrémistes de l'opposition comme ceux du PRDS se sont trouvés unis par le même deuil, le même discours d'explication et de contestation de la décision prise. Et ce n'est pas un hasard. D'un autre côté, la dynamique du dialogue et du compromis national fait elle aussi son chemin. Depuis quelques mois, notre parti travaille à la promouvoir. Au plus haut niveau du pouvoir, elle a désormais ses partisans. Les élections municipales furent l'occasion de nouer le dialogue entre l'opposition et le pouvoir. Même si dans le même temps elles révélèrent, on l'a vu plus haut, la lutte entre la dynamique de la confrontation violente et celle du dialogue et de la réforme pacifique. A mon avis, il faut tout faire pour que la tendance positive l'emporte. Dans ce sens, nous espérons que le pouvoir l'encouragera en donnant suite aux recours introduits contre les irrégularités notoires qui ont entaché les élections municipales dans nombre de communes. Nous continuerons pour notre part à oeuvrer pour que les autres forces d'opposition patriotiques adhèrent à cette voie et joignent leurs efforts aux nôtres. Il est aussi certain que des initiatives hardies s'imposent pour relancer la concertation entre le pouvoir et l'opposition, et introduire des réformes du système démocratique en place. C'est sur cela que porte toute notre réflexion actuelle et nous savons que le temps presse.

REMONTER

Le Calame : Que pensez-vous avoir gagné? Mohamed Ould Maouloud : Nous avons placé notre participation sous le signe de la lutte contre la fraude et je pense que sur ce plan les résultats sont loin d'être négligeables. Effectivement, nous avons obtenu l'amélioration de certaines dispositions électorales (copies des procès-verbaux, vote militaire, etc.) et surtout la mise en cause officielle de la fraude à travers le cas de Nouakchott. C'est dire que notre participation a apporté en trois mois à la cause de la transparence électorale plus que n'ont pu réaliser plusieurs années de boycott et d'esprit de confrontation stérile. Nous avons surtout démontré que seule la participation offrait l'occasion de lutter concrètement sur le terrain contre la fraude. Car celle-ci est devenue un système autonome qui échappe à tout contrôle. Son abolition est avant tout une question de lutte pratique. A ce sujet, permettez-moi de faire une remarque à nos contradicteurs du FPO: que ceux d'entre eux qui préfèrent garder les mains propres et ne rien prendre qui ne leur soit offert sur un plateau d'argent agissent comme bon leur semble, mais qu'ils se gardent donc de vouloir régenter l'opposition et nous imposer leur opinion peu avisée. Avoir le pouvoir et l'exercer en dictateur est sans doute condamnable; mais être dans l'opposition et jouer au dictateur est tout simplement puéril. Quant à nos gains électoraux, ils ont été partout limités par la fraude. Une quarantaine de conseillers vont nous représenter dans 15 communes. Mieux encore, notre parti a profité des municipales pour renouer avec son électorat des liens perdus depuis plusieurs années. Nous avons même pu élargir notre base au dépens du PRDS. La campagne électorale nous a permis aussi de diffuser largement notre message politique sur la nécessité de prévenir la guerre civile et de promouvoir le compromis national. Faire face au PRDS, sa machine de fraude et ses moyens énormes dans 21 communes est une gageure que l'UFD-EN a pu tenir, en ne comptant surtout que sur le dévouement de ses militants et l'adhésion des populations. A Nouakchott, notre parti a tenu contre les attaques et du PRDS et de l'opposition démagogique. Au total, pour nous, l'expérience a été éprouvante mais fructueuse. Le Calame: Combien de recours avez-vous déposé? Pensez-vous qu'on en tiendra compte? Mohamed Ould Maouloud : Toutes nos listes ont été victimes de véritables razzia du PRDS et ont déposé des recours. Mais les cas les plus scandaleux et les plus lourds de préjudice pour notre parti sont ceux de Kiffa, Boghé, Barkéol, Ghabra, Foum Gleita, Mbout et Tikobra. Nous pensons que la démocratie gagnerait à réparer les torts et à permettre à ces communes de choisir librement leurs conseils municipaux. Nous ne sommes pas sûrs d'obtenir gain de cause, mais après l'annulation du scrutin à Nouakchott, rien n'est impossible. Propos recueillis par AOC

REMONTER


Home ] - Interviews du SG du Parti, député ] [ - Mohamed Maouloud : pourquoi UFP ? ] Thiam ousmane à "Echanges" ] Sy Samba au Rénovateur ] Interview de Ould Maouloud et de Gourmo Lô ] - Pour une opposition responsable ] - Le président de l'Ufp sur la présidentielle 2003 ] - A propos des voies de changements .... ] Ensemble ... suite ] - Cartes sur table ] Paroles d'élus ]

See who's visiting this page.

View Page Stats

 

Pour toute question ou remarque concernant l'Ufp ou ce site Web,
écrire à admin@ufpweb.org
Copyright © 2005