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Thiam ousmane à "Echanges"


Ceux qui suivent l'itinéraire politique de Thiam Ousmane, député élu à Nouadhibou sous le label de l'ex-AC, savent que l'homme a une suite dans les idées. Lorsque lui et moi avons convenu du principe de l'interview, j'ai souhaité que l'entretien se fasse à l'Assemblée nationale. Gentiment mais ferment, lui suggérait que cela se déroule au siège de sa nouvelle famille politique, l'UFP. Peut-être voulait-il par ce geste signifier son ralliement définitif à ce parti. Dans cet entretien exclusif, il parle pour la première fois des raisons qui l'ont poussé lui et ses amis de AC à prendre des chemins différents.

Propos recueillis par Rassoul Ould Khal "Echanges n° 15 du 9 juillet 2003"

 


Echanges : On savait depuis un certain temps qu'entre vous et vos anciens amis ce n'était pas le parfait amour. Peut-on savoir avec exactitude les raisons de cette de cette tiédeur?

Thiam Ousmane Moussa : sur le plan individuel, il n' y jamais eu de froid. D'ailleurs, nos rapports politiques n'étaient pas basés sur des sentiments mais sur des objectifs, des ambitions que nous avions pour le pays. Cette approche était basée sur une démarche politique, consensuelle .Tout cela animé par notre foi inébranlable en l'unité nationale et notre capacité à conduire l'ensemble des citoyens de ce pays, sans exclusive aucune, vers un changement qualitatif profitable à tous; c'est donc cet idéal qui nous unissait. Maintenant, qu'on ait choisi des"itinéraires divergents" procède de plusieurs facteurs. Premièrement, avant même la dissolution de AC, j'estimai que notre arrivée au Parlement devrait contribuer à faire connaître notre véritable personnalité, à faire éclater toute la vérité sur l'ambition que nous avons pour le pays, à faire partager, notre idéal par une majorité de Mauritaniens. Cela supposait une démarche réfléchie, concertée et s'inscrivant en porte à faux avec tous les clichés que nos adversaires politiques voulaient nous coller.

Tout en restant fidèles à nos principes, nous devrions donner une image positive, Volontaire, courageuse, correcte et responsable. Malheureusement, jusqu'à l'interdiction de notre parti, pas une seule fois, les élus de l'ex- AC, qui devraient avoir en charge les problèmes de tout le pays et particulièrement ceux des déshérités, ne se sont réunis en commission parlementaire pour arrêter une stratégie permettant de faire profiter au mieux le parti de notre entrée au Parlement. Car même si nous n'avions pas la majorité pour faire aboutir les lois, nous disposions de l'initiative de les proposer.

Ce manque de concertation entre élus d'une même famille politique conduit à certains dysfonctionnements malheureux. Exemple : le vote sur le Parlement africain.

Deuxièmement, après la dissolution et au moment de vouloir créer une autre formation politique, certains articles accordant de larges prérogatives au secrétaire général du parti, qui avaient pourtant été rejetés par le congrès d'août 2001, ont été, miraculeusement introduits dans les nouveaux statuts par une commission qui n'avait aucun mandat de modification du fond des anciens statuts.

La contestation de ces articles m'a valu toutes sortes d'attaques inspirées dans les journaux, dans la rue par des activistes plus attachés aux personnes qu'aux idéaux de démocratie, de justice, d'égalité et de solidarité qui sont les principes canons de mon action politique. Ces pleins pouvoirs ont justement conduit à la décision non concertée et très contestée prise au mépris des militants de l'ex- AC.

Echanges : Vous avez décidé d'intégrer l'UFP. Pourquoi le choix de ce parti ?

TOM : Je ferai remarquer d'abord que mes amis et moi qui avons rejoints l'UFP, sommes les derniers à avoir choisi d'intégrer une formation politique. Cette démarche est l'aboutissement d'une large concertation avec la base qui nous a accordée sa confiance. Elle résulte également d'une mûre réflexion sur la situation politique nationale et internationale ainsi que sur les perspectives qui se dessinent dans le sens des objectifs politiques d'unité nationale, de copénétration entre les différentes couches de notre pays.

Cette vision a trouvé écho au niveau de l'UFP dont l'attitude au Parlement par rapport aux problèmes nationaux et la démarche pour les résoudre sont conformes à notre lecture. L'examen des textes fondamentaux de ce parti et les attitudes démocratiques que nous avons observées chez les responsables de ce parti, nous emmène à penser qu'ils prendront en compte les critiques et propositions que nous avons émises au moment de notre intégration.

L' UFP nous semble intellectuellement mieux armée pour mener à bien le travail de réflexions profondes en vue d'un changement qualitatif. Il est structurellement ouvert aux débats contradictoires et féconds. Il n'est pas construit autour d'une personne. Il constitue un lieu de rencontres et d'idéaux. Il représente surtout une symbiose de toutes les nationalités de notre pays. Il a moins de pesanteurs. Sans 'trop d'honneur, ni trop d'injures', il mène un combat d'avant-garde porteur d'espoir.

Echanges : Récemment, la Mauritanie a connu une tentative de coup d'état. Quelle réaction vous inspire d'un tel mode de conquête du pouvoir?

TOM : Je tiens à préciser que je suis le premier, à chaud, à avoir à partir de 5 heures du matin, pris position claire de réprobation et de condamnation d'une telle manière de prendre le pouvoir. Par principe, je suis contre toute conquête du pouvoir par des voies autres que celles des urnes.

Cette condamnation, je l'ai portée devant qui de droit au moment opportun. L'ancien wali de Nouadhibou et certains membres du gouvernement que j'ai contacté, aux premières heures de l'aventure, peuvent attester de cette prise de position. Je n'ai pas attendu l'aboutissement de l'affaire pour m'inscrire en porte à faux contre cette tentative de prise de pouvoir par le feu et le sang.

Ceci étant, il y a des leçons à tirer aussi bien pour le pouvoir que pour l'opposition pour entreprendre des actions idoines tendant à résoudre les problèmes dont il ne faut pas minimiser la portée. Ce putsch manqué a révélé le niveau encore très bas de notre culture démocratique.

Le pouvoir devrait s'ouvrir d'avantage aux véritables forces démocratiques et il devra décourager les lobbies conservateurs, figés dans leurs attitudes primitives. Les partis devront également accentuer leur rôle de formation, d'encadrement et de civilisation de notre société pour rompre définitivement d'avec la triptyque Tribu, Ethnie, Race au profit de la trilogie Citoyenneté, Nation, République, socle fondamental de toute véritable démocratie. Ce bond qualitatif est certainement très difficile à faire pour des hommes médiocres et égocentriques mais il appartient aux hommes de qualité de l'inciter, de l'encourager et de l'entretenir pour le bien du pays et de l'humanité toute entière.

Echanges : Récemment l'Assemblée national a adopté une loi portant sanction du commerce des personnes. Contrairement aux autres parlementaires de l'opposition qui ont voté abstention, vous et autres députés UFP, avez voté pour. Pourquoi ce choix ?

TOM : La loi sur la traite des personnes obéit à des normes de civilisation universelle qui mettent aujourd'hui au devant les préoccupations des Droits de l'homme. Même si elle manque de clarté par rapport aux problèmes liés à l'esclavage, cette loi ouvre la voie à la condamnation de tous ceux qui seraient tentés par ce genre de pratiques. Elle précise des sanctions encourues pour les victimes: II reste qu'il faudra reconnaître les ONG des Droits de l'homme et les impliquer afin d'élargir les cercles de surveillance et décourager les tentations de ceux qui n'hésitent devant aucune pratique pour s'enrichir facilement. Il faut trouver le courage politique nécessaire pour permettre à ceux qui en sont victimes de bénéficier d'actions positives, leur assurant un développement intégral accéléré à défaut de réparer des injustices que des humains comme nous tous, ont eu à subir par la faute d'autres humains, comme nous malheureusement. C'est pour capitaliser au moins ce pas positif que j'ai voté pour cette loi, obéissant de la sorte au moins à mes principes d'accepter ce qui est positif, de rejeter ce qui ne l'est pas et de m'abstenir en cas de doute.


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