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- Les méfaits de la pègre mauritanienne

Les méfaits de la pègre mauritanienne…

par Moustapha Ould Ibn Moghdad *

Cinq fonctionnaires, du ministère du Développement rural, impliqués dans la gestion de deux projets humanitaires gouvernementaux, ont été inculpés pour ‘détournement de deniers publics’ par la Cour des comptes. Ces cinq personnes, dont un ancien secrétaire général, un comptable et des responsables de projets, sont accusées d’avoir détourné les fonds de ces projets financés par le gouvernement dans le cadre d’un plan d’urgence pour faire face aux conséquences de la sécheresse en 2002 et 2003.

Ces malfaiteurs sont des ‘fonctionnaires subalternes’, termes utilisés par les médias pour minimiser l’ampleur du scandale; en réalité ce sont des ferveurs dirigeants et adhérents du PRDS qui, pour une raison ou une autre, ont été audité aux yeux de leurs confrères. Pourtant, ce n’est que la troisième fois dans l’histoire de cette honorable cour qu’un ordre de mise en demeure a été adressée explicitement à des lapidaires des biens du pauvre peuple mauritanien.

Le Colonel Taya est depuis 19 ans au pouvoir, et les biens de l’Etat sont détournés de gauche à droite par ses proches et ses collaborateurs. Jamais une mise en demeure n’a été adressé à un haut fonctionnaire de l’Etat, est-ce une surprise, un changement de cap, ou tout simplement un règlement de comptes entre des mafieux? La dernière hypothèse est la plus logique dans un pays où la raison n’existe pas.

Parmi ces malfaiteurs, figure le fils de l’éminent tortionnaire directeur de la police politique, Daddahi Ould Abdallahi, un jeune dans la vingtaine, comptable d’un projet, est écroué. Une autre question se pose, est-ce que le président et son entourage veulent montrer au peuple l’impartialité de la justice? Ou tout simplement un jeu de ‘In and Out’ pour donner plus de crédibilité aux mises en demeure envoyées aux coupables.

Malgré tous ces détournements et les enquêtes de la cour, les responsables d’un délit pareil sont toujours promis à des postes supérieurs ou même à des fonctions de magistrature, l’exemple le plus célèbre des scandales de la Cour des comptes est celui de Dieng Boubou Farba, qui plus tard fut nommé président du Sénat et, Mohamed Salem Ould Lekhal comme ministre des Affaires étrangères.

La conscience d’une ‘société malade

Partant du fait qu’aucune tribu n’a déjà refusé une nomination mais le contraire, le détournement des deniers publics soulève des questionnements sur la conscience même du peuple mauritanien. Je me demande souvent où est notre conscience et comment tout un peuple peut accepter un tel phénomène sans aucune objection?

L’explication la plus évidente, est que notre esprit de ‘société malade’ n’a pas pu développer un autre modèle plus efficace et propre à son image que celui des malfaiteurs et des voleurs. En évidence, dans notre langage courant il existe des verbes et des adjectifs qui encouragent les enfants à voler les deniers publics et condamnent l’honnêteté et la qualifie de faiblesse. Le mot ‘Vegrache’, l’adjectif ‘Matvegreche’ à l’opposé de ‘Manvouche’ sont des termes utilisés pour qualifier de braves ceux et celles qui détournent les deniers publics.

Notre peuple, produit de notre ‘société malade’ sans conscience, n’a aucune trace dans l’histoire humaine et le pire est que ‘le produit mauritanien’ qu’on envoie à l’étranger est souvent désastreux et incapable de se tenir debout, plutôt que de se dissimuler dans une autre société, dans un autre pays ou simplement retourner en Mauritanie. Notre conscience de groupe n’arrive pas à faire la différence entre le denier public et l’argent d’autrui, je fais allusion ici au vole et détournement qui se déroulent au sein des personnes d’une même famille ou tribu.

L’interprétation du discours est la partie essentielle d’une communication au sein d’une société. Le discours religieux dans notre société est l’exemple d’une ‘société malade’ ignorant les principes de sa propre religion qu’elle interprète à sa guise. Nos religieux (Imams, Savants, etc.) sont les premiers responsables de la fausse interprétation religieuse, certains parmi eux encouragent aux détournements. Même si nous supposons qu’ils ne détournent pas les biens publics ils n’en parlent que rarement dans leurs discours de prêche, et de plus, ils ne montrent pas du doigt les voleurs pour ne pas dire qu’ils mangent souvent avec eux dans ‘la même assiette’.

Le mal, le bon, ‘Hallal’, ‘Haram’, sont des expressions utilisées à tord et à travers par les religieux, mais dans un contexte limité par le temps et le lieu. Les biens publics sont ‘Hallal’ quand un fils, un cousin, un proche, ou un allié, les détournent. Par contre, si c’est un inconnu du cercle familial ou tribal, les détournements deviennent automatiquement ‘Haram’.

Le principe du détournement des deniers publics est simple et la formule est claire : on doit avoir notre part à n’importe quel prix. Les tribus se précipitent pour rencontrer le président et font des cérémonies d’accueil, en contrepartie, ils obtiennent la nomination de l’un des leurs à un poste, une fois dans le poste la personne promue doit récompenser sa tribu pour l’effort indéniable.

Dans toute l’histoire de notre chère Mauritanie, et après 44 ans d’existence comme ?tat libre et indépendant, jamais un ministre ni un haut fonctionnaire d’?tat n’a dénoncé publiquement le détournement des biens publics, par contre, quand il se rend au ‘banc des touches’ (après le conseil des ministres du Mercredi) il devient membre actif de l’opposition et change complètement de visage et de discours. La majeure partie des cadres activistes de l’opposition - à l’exception de quelques rares personnes - étaient ou sont encore des cadres de la fonction publique et ont détourné ou aident tacitement au détournement.

Deux exemples choquants

Notre Ambassade au Canada, créée vers les années 90 pour des raisons purement familiales, illustre l’exemple le plus terrifiant de gestion des biens publics, par exemple: séjour du fils du président à Ottawa, où il n’a pas pu terminer une session universitaire; faciliter les affaires pour certain membre de la famille présidentielle, etc. Elle devient une ouverture pour l’inscription et l’obtention des exemptions de bourses pour les fils des ministres et hauts cadres de l’?tat.

Avec un budget de fonctionnement estimé à un peu plus de un million de dollar canadien, le drapeau déchiré de notre chère Mauritanie est hissé sur un petit mât au milieu d’un modeste quartier d’Ottawa, derrière un dépanneur et un garage de service, l’Ambassade paye un louer mensuel de $1500 canadien et regroupe 10 employés, dont 4 non-mauritaniens. Malgré cela, l’ancien ambassadeur Abdarahim Ould Hadrami a quitté son poste suite à plusieurs scandales, dont celui de la secrétaire madame Minte El Bechir, qui n’a pas reçu ses salaires mensuels, elle porta plainte non au gouvernement mauritanien mais aux autorités canadiennes ainsi qu’à son cousin ministre Dah Ould Abdel Jalil, et la suite est connue. En quittant son poste il a éliminé toutes preuves budgétaires et même les contrats du personnel de l’Ambassade, pour camoufler les fraudes et le détournement. Malgré cela il a été nommé ambassadeur en Côte d’Ivoire et son comptable impliqué dans le détournement des cartes de crédit a été nommé à l’Ambassade de Mauritanie en Espagne.

L’étrange est que l’Ambassade continue à verser des salaires pour du personnel qui ne sont pas sur le territoire canadien et ne sont pas mauritaniens, en occurrence, madame Fatima, la femme de l’ancien conseiller monsieur Ould Braihim, qui se trouve actuellement en Algérie. L’actuel ambassadeur, surpris par l’afflux des lettres des créanciers et la gravité du détournement de son prédécesseur, trouve la nouvelle formule simple et évidente : dans le but d’augmenter le budget de fonctionnement de l’Ambassade, il accentue les visites à Montréal et les voyages à Nouakchott pour prouver à ses supérieurs le besoin d’un financement pour contrarier les activités dangereuses de l’opposition qui commence à pénétrer le Canada, selon son expression. Il est même aller plus loin et a établi une liste détaillée des mauritaniens présents sur le territoire canadien, leurs activités et la raison de leur séjour. Sans résultat palpable, il se tourne vers les employés de l’Ambassade et fait le nettoyage administratif pour camoufler et faciliter le détournement.

Bien que les activités de l’Ambassade au Canada et ailleurs relève directement de la présidence, du ministère des Affaires étrangères et du ministère des Finances, aucun contrôle n’a été fait par la Cour des comptes ni par une autre institution sur les détournements.

2) Les mauritaniens à l’étranger sont un autre exemple édifiant du produit d’une ‘société malade’. En Afrique, c’est l’exemple d’un peuple qualifié de sauvage et de menteur, le plus amère est qu’en Afrique de l’Ouest on qualifie le mauritanien de « chèvre » (nar cabra comme on nous appelle en Guinée-Bissau). En Occident, depuis quelques années on assiste à la migration de revendicateurs du statut de réfugié contre l’injustice et l’abus des Droits de l’Homme en Mauritanie, mais le pire est que ces revendicateurs abusent de l’hospitalité des pays occidentaux et du système pour se lancer dans la fraude.

L’étrange est que la majeure partie de ces revendicateurs a le support tacite du gouvernement et, quelques uns parmi eux touchent leur salaire de fonctionnaire en Mauritanie. Pourtant aucun vérificateur, ni contrôleur n’a élucidé cette flagrante contradiction et ce détournement. Parmi eux aussi, il y a une catégorie d’opposant très riche qui vit toujours sur l’aide sociale des pays d’accueil, ils créaient des ONG, des débats, des rencontres, des voyages, etc., et ils détournent à leur tour les biens publics de ces pays, mais sous une autre forme. Est-ce qu’ils ont été dénoncé ou montrer du doigt? Est-ce que l’opposition les protége ou tout simplement ferme les yeux?

Enfin, je sais pertinemment que la vérité est difficile et même amère, mais nous ne possédons que les armes de nos idées. Nous sommes confrontés à une ‘société malade’ qui atteint un seuil critique dans le désespoir. Nos intellectuels ont une part de responsabilité peut-être même la grosse part et l’espoir de la voir changer est un rêve qui peut se réaliser avec la volonté de tous, si et seulement si la minorité persiste et s’entête.

Montréal le 22 février 2004

*Moustapha Ould Abderahim Ould Ibn Mogdad est un opposant et militant des droits de l’homme. Il vit en exil au Canada.

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