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Réponse à Messaoud Ould Boulkheir


Monsieur le Directeur,

Dans une interview accordée à votre journal, le n°253 du 24 au 31 avril 2005, M. Messaoud Ould Boulkheir, au détour d’une question, a lancé des attaques injustifiées contre le président de notre parti, Mohamed Ould Maouloud.

La question du journaliste était la suivante : «Après les accusations qu’il a portées sur l’opposition, en réponse à l’intervention du député de l’APP, le Premier ministre vous a appelés, vous ainsi que d’autres présidents de partis pour vous consulter, ou plutôt vous informer, à propos de l’adoption du nouveau week-end. Cela ne pouvait-il pas vous suffire comme signal fort à l’instar du président de l’UFP par exemple ?»

M. Messaoud Ould Boulkeir a répondu en ces termes : «Il y a des gens qui sont depuis longtemps en train de piaffer, de bondir, pressés qu’ils sont de rentrer dans cette majorité, de gérer cette manne. Les richesses du pays sont en train d’être dilapidées par certains et d’autres sont pressés de trouver leur part. C’est pourquoi je vous ai dit que les gens ont tendance à donner des interprétations fallacieuses et imaginaires de situations qui ne signifient en fait rien. »

Comme nous tous, M. Messaoud Ould Boulkheir a l’entière liberté d’exprimer ses points de vue et d’en assumer la responsabilité. Mais la liberté et la responsabilité exigent le respect des autres partenaires. «Piaffer», «bondir», sont des verbes qui sont généralement employés pour traiter du comportement des animaux : il n’est ni courtois, ni bienséant de les employer pour les personnes, même si vous les prenez pour des ennemis. Dans la mesure où nos valeurs communes, malgré les différences culturelles, nous ont toujours dicté le respect mutuel, nous avons toujours cru que M. Messaoud Ould Boulkheir, dans le pire des cas, nous considérait comme des adversaires politiques, à défaut d’être des partenaires, et non comme des ennemis ou des animaux.

M. Messaoud Ould Boulkheir emploie la formule «il y a des gens…», c’est pourquoi l’attaque formulée en réponse à une question mentionnant Mohamed Ould Maouloud, vise, de manière oblique, non seulement à Mohamed lui-même mais également à la direction de l’UFP. Quelles que soient les divergences de vues qui nous opposent au président de l’APP, nous avons toujours privilégié le mode de traitement bilatéral ou multilatéral : lui-même et d’autres dirigeants de l’opposition peuvent en témoigner. Il a choisi la voie publique et nous oblige, à notre plus grand regret, à lui répondre.

Il nous accuse d’abord de vouloir participer « à la dilapidation des richesses du pays ». Cela est, pour le moins, malveillant et fort injuste, de sa part. Il sait, à quel point, sans aucune suffisance de notre part, nous disposons de cadres de haut niveau et d’une compétence avérée, qui n’auraient aucune difficulté à «monnayer» leur expérience, si l’éthique politique, la fidélité aux principes et la politique qu’ils se sont librement choisis ne leur dictaient une conduite inverse. Mohamed Ould Maouloud dont le nom a été cité, est de ceux-là. Comme de nombreux Mauritaniens, nous qui le fréquentons depuis plus de trente ans, lui connaissons au moins trois qualités : la modestie, la politesse dans ses rapports aux autres, un style de vie empreint d’humilité et de simplicité. Il préside aux destinées de notre Parti depuis 1998 et, à ce titre, assume le contrôle de ses activités et de sa gestion. Pour la première fois, en 2005, notre parti a rendu public ses comptes et les tient à la disposition de tous ceux que la loi autorise à les vérifier. Nous aurions bien voulu, dans un souci de saine émulation, que les autres partis rivalisent avec nous dans ce domaine. Un regard rétrospectif sur la gestion des partis politiques mauritaniens révélerait de graves fautes, en particulier du temps du FDUC et de l’UFD, et dont les responsables sont bien connus.

Mohamed Ould Maouloud n’a pas encore exercé de charges ministérielles. L’un de ses camarades, Daffa Bakary, est le seul à les avoir exercé, au nom du MND. Les Mauritaniens un tant soit peu informés savent que Daffa avait accepté ces charges pour des raisons politiques, au nom du MND. Il n’est pas juste, comme le fait M. Messaoud Ould Boulkheir dans la même interview, de prétendre que les charges ministérielles, sous les régimes militaires, étaient liées à des motivations uniquement technocratiques. Il est politiquement naïf de le croire et peu responsable de vouloir le faire croire à l’opinion publique. Nous sommes en droit de lui demander d’en apporter les justifications politiques. En ce qui nous concerne, je réaffirme, solennellement, malgré toutes les accusations monstrueuses dont nous avons été l’objet, que Daffa Bakary est le seul parmi nous à avoir participé au nom du MND à un gouvernement, sous les régimes militaires. Tous les autres, sans exception, n’étaient plus des nôtres et ont accepté ces charges en leur propre nom. Daffa a exercé ces charges sur la base d’un accord politique et il n’a pas hésité, quatre mois plus tard, à démissionner, en notre nom, lorsque nous nous sommes rendus compte que l’accord conclu n’était pas respecté. Le document expliquant les raisons de sa démission, et adressé au Chef de l’Etat, est encore disponible. Tous les Mauritaniens honnêtes reconnaissent en Daffa un homme intègre et d’une moralité digne de respect. Sa gestion des affaires publiques et des activités privées ne souffre ni de manque de transparence, ni du moindre soupçon de malversation. Nous sommes, quant à nous, particulièrement fiers de le compter parmi les dirigeants de notre Parti, et nous sommes sûrs que beaucoup d’autres nous l’envient. Le président de l’APP est très mal inspiré de jeter le doute sur de telles personnes, sans apporter une quelconque preuve à ses assertions. S’il détient des informations précises à l’appui de ses affirmations, il a le devoir de les rendre publiques pour nous confondre, et nous offrir la possibilité de nous défendre, sur la base de faits que les Mauritaniens pourront apprécier en âme et conscience, afin de nous départager. Sinon, le moins qu’on puisse lui demander, c’est de présenter des excuses publiques, comme il sied à un responsable de son niveau, d’autant plus qu’il a tenu de tels propos en tant que président de l’APP qui se trouve ainsi, jusqu’à preuve du contraire, pleinement engagée. En tout état de cause, même si M. Messaoud Ould Boulkheir s’arrogeait le droit de prétendre à un niveau de compétence politique, de transparence dans la gestion de la chose publique, et de probité morale supérieures aux nôtres, cela ne l’autorise nullement à jeter le doute sur de telles personnes, sans en fournir les preuves.

S’il fait allusion à la disposition de notre parti de participer à la gestion des affaires du pays sur la base d’un programme convenable, il aurait dû, au moins, nous accorder le bénéfice de la bonne foi pour assumer de telles responsabilités, sur la base de notre éthique politique jamais démentie depuis plus de trente ans.

M. Messaoud Ould Boulkheir nous prête « des interprétations fallacieuses et imaginaires de situations qui ne signifient en fait rien. » De quoi s’agit-il, en fait ? Il s’agit, fondamentalement, de l’analyse que les différences forces politiques mauritaniennes font de la situation de notre pays et des conclusions qu’elles en tirent. Contrairement à ce qu’affirme M. Messaoud Ould Boulkheir, il ne vient à l’esprit d’aucun Mauritanien que « nous sommes dans le meilleur des mondes ». Même ceux qui gouvernent ne le pensent pas, et l’honnêteté intellectuelle nous dicte d’en témoigner. Il n’est pas permis de prêter à ses adversaires des appréciations qui sont contraires à la vérité. M. Messaoud Ould Boulkheir est l’un des rares Mauritaniens à penser que « nous sommes dans le pire des mondes ». Pour l’UFP, de graves menaces pèsent sur la paix civile dans notre pays ; le développement de ces menaces pourrait mettre en péril l’existence du pays lui-même. C’est pourquoi, notre parti n’a jamais cessé d’appeler tous les membres de la famille mauritanienne à se retrouver et à rechercher, ensemble, des solutions pacifiques à leurs différends, en vue d’assurer le développement viable et durable du pays. Dans cette perspective, au lendemain de notre IIème Congrès ordinaire au cours duquel l’ensemble des composantes politiques du pays, de la coalition présidentielle et de l’opposition se sont retrouvés, pour la première fois, dans la même salle, à la veille du Forum des partis, des médias et de la société civile, Mohamed Ould Maouloud, répondant à la question d’un de vos journalistes, s’est félicité de l’initiative du Premier ministre. Dans de telles situations, la sagesse dicte de saluer, les efforts si minimes soient-il, des uns et des autres, et non de les traiter avec arrogance de « question futile, sans objet… »

La Mauritanie peut être comparée à une famille, au sens large du terme. Etant donné la gravité de la situation - « le pire des mondes » selon M. Messaoud Ould Boulkheir - tous les membres de la famille devraient se retrouver en vue de parvenir à des solutions salvatrices pour tous et pour chacun, en particulier. Même ceux qui pensent avoir raison sur tous les autres, ont le devoir de participer aux rencontres destinées à rechercher des solutions de rechange, ne serait-ce que pour faire partager leurs certitudes et prêter une oreille attentive aux arguments des autres. Quelle meilleure récompense pour un parti politique que celle de rallier l’ensemble de la communauté nationale à son approche ? Le premier responsable d’un parti de l’envergure de l’APP n’a pas le droit de refuser de participer à ces rencontres, et d’affirmer avec autant de suffisance que de mépris : « je n’ai pas besoin du RDU pour faire entendre ma voix. A qui d’ailleurs ?». La cause des démunis et des opprimés a besoin, pour sa défense, de plus de modestie, d’humilité, de courage et de sens de responsabilité. L’UFP, et bon nombre de partis qui ont participé au Forum, ont beaucoup de considération pour l’APP et pour ce qu’elle représente : ils souhaitent vivement l’écouter et s’enrichir de son expérience. Le plus tôt serait le mieux pour l’ensemble de la communauté nationale, en quête de solutions salvatrices, viables et durables. Puissent le président de l’APP et la direction de ce parti consentir les efforts nécessaires pour rejoindre les autres membres de la famille et rechercher avec eux les solutions les meilleures pour notre patrie commune, en s’inspirant de valeurs chères à notre peuple, faites de pondération, de mesure et de sens de l’intérêt national !


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