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L'Authentique Quotidien, Woodside et la Mauritanie


Différend Woodside-Mauritanie : 3 articles de l’Authentique Quotidien n° 253 du jeudi 9 février 2006)

 

- Précision sur l’article du docteur Yahya Ould Amar par MOHAMED MAHMOUD OULD BACAR

- Réponse à ceux qui voudraient brader nos intérêts par Tijani Ould Mohamed Maaloum

- Après la lune de miel, la guerre judiciaire par Cheikh Aïdara


Le différend entre la Mauritanie et Woodside :

Précision sur l’article du docteur Yahya Ould Amar

Cette réponse concerne la précision d’importants aspects qui ont échappé à l’intérêt de l’article largement diffusé et suscitant diverses réactions. Ces aspects portent essentiellement sur l’orientation générale du différend entre la Mauritanie et Woodside. Et même si je suis beaucoup moins informé sur le dossier que le docteur qui connaît bien le secteur du pétrole, je me rappelle la réponse de Joseph Staline au commandant de ses forces (Prikov) quand ce dernier lui chuchota que les Allemands désirent échanger un colonel allemand prisonnier contre un soldat russe qu’ils ont capturé. Le soldat était l’unique fils de Staline qui répondit : « je n’échange pas un soldat contre un colonel.»

La plupart des citoyens ne considèrent pas la défense de Woodside par le docteur comme positive et en tout cas ne l’acceptent pas comme une incitation à céder de la sorte les intérêts du pays à une société étrangère, d’autant plus que ce type de défense- avec sa compassion pour la société et pour les intérêts anglo-saxons- a abouti à des résultats préjudiciables pour la Mauritanie.

Le miracle de cette défense ne se limite pas à la tentative d’arracher à la Mauritanie ses droits par l’intermédiaire de ses fils mais il montre en fait le degré d’intelligence dans le choix d’une autre voie pour poser le problème loin du centre du différend lié à la légalité des quatre avenants, sous l’angle juridique que le docteur a absolument choisi de ne peut citer de près ou de loin de même que la société qui agissait en coulisses pour certains a préféré créer un autre champ pour y discuter avec les autorités mauritaniennes.

Cet article (qui traduit à l’évidence le point de vue de Woodside) a essayé de créer une confiance sérieusement fragile en le principe du différend, minimisant les arguments de la Mauritanie à la place desquels il lui donne un ensemble de clefs qui contribuent à la sortir de l’impasse et préservent la sagesse et la légitimité de la position de Woodside. Est - ce là le véritable exercice du rôle “de l’observateur étranger non soumis à la pression des événements” ? !

Cette forme de défense est devenue l’objet d’un doute légitime- que nous trouvons dans la tendance à incriminer un Etat qui dispose de preuves de la légitimité de sa position et se base sur des faits précis et sur l’avis de spécialistes montrant que la ratification par le parlement de la signature des avenants, avant leur signature par le Gouvernement et sans que la loi soit promulguée sur des articles exprès et précis, est illégale- notamment quand le défenseur des droits de la société étrangère n’y est lié par aucune relation légitime et publique pouvant expliquer ce degré de communion avec les intérêts de Woodside.

Cet article a suscitée une furieuse colère au sein des citoyens car il a été accueilli par de vives critiques acerbes, même si l’auteur a puisé les détails dans leur source originale sans voile. Mais il les a exploités en vain et en dehors du champ du combat, notamment dans le projet de mobilisation du soutien en faveur de la position de Woodside pour laquelle elle a acheté - selon certaines sources - des plumes et des âmes audacieuses dans le pays.

La tentative de réanimer la scandaleuse position de Woodside sur les conséquences négatives des retombées du pétrole dans notre pays - en coiffant la Mauritanie du chapeau de l’accusé - constitue une gravissime erreur à laquelle on n’a pas fait attention dans l’article pour préserver l’équilibre au moins ou pour prêter confiance au recul de l’auteur vis - à - vis du différend comme il le prétend dans le préambule de l’article. Le docteur a prouvé un grand enthousiasme qui pose de légitimes questions sur les véritables causes du remplacement de la position naturelle spontanée par une autre entachée de nombreux problèmes moraux et entraînant la colère. C’est une difficile aventure dont les auteurs requièrent de substantielles incitations renforcées ou le retour à soi.

Chercher la célébrité par l’exercice de l’audace dans d’étranges positions ou rechercher la fortune rapide peuvent tenter certains ambitieux. Et bien que je ne puisse pas caractériser les tempéraments du docteur je ne vois pas - comme beaucoup - une explication à sa créativité dans la défense d’une société étrangère, explication dont il n’a pas présenté (dans son article au moins) de cause pertinente, même si la grandeur de l’âme implique la reconnaissance de la vérité où qu’elle se trouve. On peut échapper aux exigences de la raison un certain temps si on soutient un thème facilitant des avantages d’un type spécial quand ils nourrissent des espoirs fous d’une petite société ayant obtenu des avantages exorbitants et possédant le monopole de neufs blocs de prospection dont trois recèlent des quantités exploitables.

La conception de cette défense semble étrange et quelque peu artificielle notamment quand on la présente comme servant l’intérêt de la Mauritanie alors qu’elle choisit minutieusement et emploie des termes qui créent des illusions de faute, toujours liées à la position de la Mauritanie (“la rumeur publique”, “les prétendues préjudices”, “ce qui reste à prouver”, “si elle existe”, “effrayer les investisseurs”, “par des arguments quelque peu fragiles” …).

Par contre, elle place “Woodside” dans une position digne de respect et exigeant la prudence dans le traitement de cette société. Elle utilise à cet effet des termes savamment triés (“les risques qu’elle a courus dans notre pays longtemps abandonné par les compagnies pétrolières”, “sans les découvertes pétrolières de Woodside aucune entreprise pétrolière ne se serait risquée à prospecter en Mauritanie”, le passé des recherches infructueuses dans notre pays avait dissuadé, avant les découvertes de Woodside, les entreprises du secteur pétrolier”, “Woodside devrait normalement avoir un traitement privilégié”, “Nos approches de règlements des différends avec Woodside doivent donc privilégier celles à l’amiable”, “les intérêts britanniques directs et indirects représentent au moins 35% dans Chinguiti”).

Cette justification semble trop exagérée et ne manque pas de mépris pour les esprits des autres -Monsieur le docteur- même si nous considérons -contrairement à la crédulité répandue- que c’est le conseil qui vous a poussé à une telle défense Woodside.

Par MOHAMED MAHMOUD OULD BACAR


 MAURITANIE-WOODSIDE

Réponse à ceux qui voudraient brader nos intérêts

Le différend opposant la Mauritanie à Woodside a bénéficié d’une large explication des plus hautes autorités du pays. Tous les soubresauts de cette affaire ont été divulgués, de manière claire au grand public.

Malheureusement, certains pseudo analystes et pseudo experts des questions sur le pétrole ont commencé à pousser comme de mauvais champignons, allant vite en besogne en salivant sur un sujet sur lequel ils ont peu d’informations. S’érigeant en directeurs de conscience de la Nation mauritanienne dont les intérêts semblent peu les émouvoir, ils se déversent dans certains supports de presse, comme si leur talent d’hier n’est finalement destiné qu’aux mauvaises causes.

Parmi ceux-ci, M. Yahya Ould Amar, qui a signé un papier paru dans un journal de la place sous le titre « Le différend pétrolier entre la Mauritanie et Woodside ». M. Ould Amar y tente, très maladroitement, de suggérer à la Mauritanie de se plier à l’arbitrage d’un Tribunal juridiquement incompétent, qui plus est en faveur d’une société créée sur le territoire mauritanien.

Prôner la renégociation des avenants frauduleux avec cette société, est une autre trahison. Celle-ci devant logiquement être poursuivie pour faux et usage de faux dans un dossier qu’elle a monté de toutes pièces. De quel droit, M. Yahya Ould Amar s’arme-t-il pour soutenir qu’ «il n’est pas dans l’intérêt de la Mauritanie, d’aller vers une confrontation avec les investisseurs ... », si l’on sait que ces investisseurs ont violé la législation nationale en biaisant les accords, avec la complicité active de leurs agents de l’intérieur, pour faire perdre frauduleusement à l’Etat mauritanien plus de 150 millions de dollars par an !

A entendre cet intellectuel, la Mauritanie doit procurer égards et respect à la société Woodside « qui a pris l’initiative d’investir son argent dans notre pays » comme si, ailleurs, à commencer par l’Australie, un investisseur qui spolie les richesses nationales d’un pays quelconque, use de méthodes déloyales pour sucer le maximum des ressources, serait toléré par les autorités de ce pays.

En soutenant qu’ «au stade de l’évolution du dossier, il est inutile de demander à Woodside des garanties bancaires », M. Ould Amar commet une autre compromission active dangereuse. Rappelons à notre pseudo expert que de telles pratiques ne sont tolérées nulle part dans le monde, et chez nous beaucoup moins. Rien ne justifie que Woodside continue de travailler dans notre pays sans une garantie bancaire en bonne et due forme, et sans le respect de nos droits et de notre loi.

Il est évident que face à ces insanités portées contre nos intérêts par de faux prophètes de la concussion, je ne puisse me taire, au risque de laisser le champ libre à ces mauvais directeurs de conscience. Particulièrement ceux-là qui ne sont pas exempts de reproches

 

(...)*

 

* Nous avons soustrait le dernier paragraphe de cet article à la demande de M. Yahya Ould Amar.

 

Par Tijani Ould Mohamed Maaloum


Mauritanie-Woodside

Après la lune de miel, la guerre judiciaire

Entre l’Etat mauritanien et la société australienne Woodside, le torchon ne cesse de brûler. Pour faire face au différend qui les oppose à leur ancien partenaire, les autorités nationales se sont exprimées au plus haut sommet pour dénoncer ce dol qui prive la Mauritanie de l’une de ses plus importantes ressources. Après des négociations entamé en début janvier 2006, chacun des deux camps semble camper sur ses positions. Autant la société Woodside s’agrippe à ses avenants, autant, les nouveaux maîtres de Nouakchott ne tiennent nullement à ce que la Mauritanie devienne, pour l’exploitation de ses richesses, le dindon de la farce.

Le Chef de l’Etat, Ely Ould Mohamed Vall a été ferme et posé lors de son discours à la Nation le lundi 6 février 2006. La Mauritanie ne se laissera jamais plumer par de quelconques  additifs concoctés dans la mare aux crapauds. Dénonçant avec de forts arguments ce qu’il considère comme une haute trahison portant sur les intérêts suprêmes de la nation mauritanienne, le nouveau pouvoir compte aller jusqu’au bout dans cette affaire. 

A la lumière des explications détaillées fournies par le premier ministre Sidi Mohamed Ould Boubacar lors de sa rencontre avec la classe politique et la société civile, Woodside s’est assez sucré sur le dos de son partenaire, avant même la sortie de son premier brut. Non seulement, les avenants ont été conclus dans la plus grande opacité au détriment des intérêts du peuple mauritanien, mais aussi, les facilités obtenues sur le plan fiscal et financier constituent un véritable complot ourdi sur le dos des générations futures. Au passage, le trésor mauritanien se verra délester de plusieurs centaines de millions de dollar.

Pour sa part, Woodside considère détenir des documents légaux signés par un président de la République, un gouvernement légitime et un parlement élu.

Mais selon le premier ministre, la loi sur laquelle Woodside se base pour justifier la validité des avenants a été promulguée par le président de la république de l’époque, le 1er février 2005, soit quarante deux jours avant que Woodside ne signe ses avenants et soixante jours avant que le ministre du pétrole n’appose sa paraphe, ce qui n’empêchera pas par la suite, le ministre et Woodside de s’échanger des correspondances après ça pour…la signature des dits documents ! Un véritable imbroglio. Le seul fait d’ailleurs que ces avenants profitent exclusivement à la société australienne au détriment de son partenaire mauritanien montre à quel point la compromission a été grande. Quel Etat accepterait d’ailleurs de se dessaisir d’un contrat avantageux pour un autre qui le spolie ?

La Mauritanie et Woodside avaient signé les contrats de partage de production conformément aux termes de référence, qui garantissaient la part des deux parties. Pourquoi alors la Mauritanie aurait-elle pu accepter de se saborder en signant d’autres contrats qui lui font perdre ce que l’accord précédent lui conférait ? Aucun sens ! A défaut d’avoir accepté de se dessaisir des additifs, pour montrer sa bonne foi et préserver les bonnes relations avec un pays à qui elle doit, quelque part sa notoriété, Woodside se couvre de ridicule en acceptant que les transactions soient portées devant les tribunaux et l’opinion publique internationale.

Qu’il est loin, le temps où les parlementaires bavaient en écoutant les explications pédantes de l’ancien ministre du pétrole, qui trouvait un réel plaisir à jouer ses numéros devant les cancres de la classe. A défaut d’un revirement de dernière minute, les Mauritaniennes ont de fortes chances de ne connaître l’odeur de ce pétrole-là qu’une fois que la justice internationale y aurait fourré son nez.

Cheikh Aïdara


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