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FLAM : L’éclatement (L'Authentique quotidien 259 du lundi 20 février 2006)

Mercredi dernier, Paris a abrité une conférence de presse de dirigeants de la section Europe du Front de libération des africains de Mauritanie (FLAM). Une information de taille attendait les journalistes : une dissidence est née au sein de l’organisation la plus diabolisée en Mauritanie. Est-ce le début de la fin ? Ou et-ce tout simplement le début de redistribution de cartes et de rôles au sein du « Mouvement » comme ils l’appellent ?...

Créée le 14 mars 1983 après la fusion de 4 mouvements, tous se réclamant alors de gauche et du progressisme, l’Union démocratique mauritanienne (UDM), le Mouvement populaire africain de Mauritanie (MPAM), l’Organisation pour la défense des intérêts négro-africains de Mauritanie (Odinam) et le Mouvement des élèves et étudiants noirs (Meen), le FLAM se voulait le porte-voix de la communauté négro-africaine de Mauritanie. Ses fondateurs, Tène Youssef Guèye, Commissaire Ly Mamadou, Ly Djibril Hamet, Sarr Ibrahima, Kane Saidou, Fara Bâ, Thiam Samba, Diop Mourtoudo, Sall Ibrahima et d’autres intellectuels, tous de souches négro-africaines, le FLAM voulait attirer l’attention des autorités sur la marginalisation de plus en plus inquiétante de leur communauté sur l’échiquier national. Cette tendance, qui, selon eux, remonte déjà depuis la fin des années 60, a connu une accélération assez fulgurante après l’arrivée des militaires au pouvoir en 1978. Le putsch qui avait renversé Moktar Ould Daddah étant dirigé essentiellement par des éléments nationalistes arabes, les inquiétudes de la classe intellectuelle négro-africaine s’accentuaient. La parenthèse Haidalla ne sera que l’accalmie qui précédera la tempête…
Revendiquant le droit à plus de représentativité dans l’appareil de l’Etat, plus de prise en considération des droits culturels et sociaux des négro-africains et un partage plus équitable des pouvoirs politiques et économiques, ces intellectuels voyaient d’un mauvais œil l’arabisation accélérée du système éducatif, de la magistrature et surtout de l’administration. Arabisation qui a servi, à leurs yeux, à « dénégrifier » les différents appareils de l’Etat. Pour s’opposer à cette arabisation, des mouvements d’agitation sociale faisant des écoles, un instrument de pression et d’agitation, sont déclenchés. Des affrontements violents interviennent en 1979 dans les établissements scolaires. Haidalla arrive au pouvoir. Il met en place l’Institut des langues nationales pour reconnaître le statut des langues nationales. Mais, d’un autre côté il promulgue la loi foncière qui « nationalise » presque les terres de la Vallée et exempte les palmeraies du nord et du centre du pays. La situation de blocage perdure. La fracture communautaire est née.

Manifeste
En 1986, les activistes des FLAM rendent public un document intitulé « Le Manifeste du Négro-mauritanien opprimé » qui relate au détail près, la représentation de la communauté noire dans toutes les administrations et services de l’Etat, ainsi que dans l’armée. Il évoque un racisme d’Etat non déclaré mais tacite et vécu au quotidien. Le document prend une dimension assez exceptionnelle, car diffusé au sommet des pays non-alignés à Hararé. Ould Taya piquera une colère noire et ordonnera l’arrestation systématique des auteurs du document, parmi lesquels figurait son parrain de toujours, Tène Youssef Guèye. Des manifestations éclatent à Nouakchott. Un procès sous haute surveillance est organisé. Pour la première fois, la Mauritanie se retrouve dans une situation aussi dantesque que piteuse : des juges, tous des Maures blancs face à des accusés tous Noirs. La caricature est assez forte !
Des sentences lourdes sont prononcées. Les condamnés sont envoyés au bagne de Walata pour purger leur peine. Les premiers cas flagrants de violation des droits de l’homme sont commis. Puis intervient la tentative de putsch du 27 octobre 1987. Le président Ould Taya qui est était connu pour ses attaches particulières avec les négro africains, n’en revenait pas. Particulièrement parce qu’en ces temps, ses amis négro-africains se comptaient par dizaines de milliers !
Et vint 1989 et les pogroms qui l’accompagnent des deux côtés du Fleuve. La Mauritanie connut ses déportations. En 1990, c’est la purification de l’armée sur la base d’une rumeur qui ne s’est jamais confirmée…
En avril 1991, Saddam Hussein défait, sous la pression des organisations internationales des droits de l’homme et des pays donateurs, notamment la France, Ould Taya annonce la démocratie. Les détenus sont libérés dans le cadre d’une amnistie. Les leaders des FLAM se dispersent aux quatre vents. Ils se retrouvent dans les camps des réfugiés au nord du Sénégal pour regrouper la troupe et reprendre le souffle. La bataille semblait être perdue d’avance. Et pourtant, le mouvement se rabattra sur une guerre médiatique sans précédent animé par Kaw Touré à partir de Dakar. Il gagnera l’Europe plu tard. Au fur et à mesure les autres le suivront. Samba Thiam, élu Président du mouvement après la destitution du très contesté Sall Ibrahima en 1996 tentera de donner une nouvelle impulsion au mouvement. Dans les camps, il réussira à asseoir un semblant de structures qui ne feront pas long feu. La disparité est très grande entre le discours et la réalité du terrain.

Rupture
A l’intérieur, les anciens caciques du FLAM rompent avec la ligne et se diluent dans les formations politiques naissantes. Ils participeront, comme Sarr Ibrahima, Fara Bâ et Bâ Ibrahima Kassoum à la création du FDUC, puis animeront l’UFD avant d’intégrer l’APP. D’autres, comme Ly Mamdou, Ly Djibril, Tschombé (actuel maire de Kaédi) adhèreront au PRDS qui les utilisera comme une arme fatale contre leurs anciens compagnons…

Août 2005
En 2006, pris de court par le putsch, les FLAM acceptent, pour la première fois de s’asseoir, sans préalable, autour d’une même table en compagnie d’autres organisations politiques mauritaniennes. Ce fut la déclaration de Dakar. Celle-ci, constituera un tournant dans la vie du mouvement. Le mouvement renonce officiellement à la lutte armée et exprime son désir d’intégrer l’échiquier politique national selon les termes de la même déclaration. Le pouvoir de Nouakchott rejette l’esprit même de la déclaration et donne raison à l’aile extrémiste du FLAM incarnée par Thiam Samba et son groupe. L’aile européenne, plus modérée de part sa proximité avec les animateurs de l’opposition à l’exil, tente de sauver ce qui peut l’être pour rendre le mouvement plus fréquentable. Intervient le congrès de Cincinati (Etats-Unis). Le directoire du parti refuse de tenir le congrès en Afrique pour mieux maîtriser la situation. Des rumeurs avaient fortement couru sur la fin du mouvement, d’aucuns soutenant même que les responsables politiques pourraient s’acheminer vers une décision de retour inconditionnel dans le pays.
Thiam Samba et son clan voudraient revenir sur l’esprit de la déclaration de Dakar. Ils n’excluent même pas le retour à la lutte armée pour voir leur lutte triompher. Dans les réunions tenues en amont, ils font circuler l’idée de fédéralisme ! Mais, pour faire barrage à cette vision dépassée, l’aile modérée, incarnée par Bâ Mamadou Bocar, Bâ Mamadou Alpha et Diallo Samba Koliyado (ce dernier dirigeant le réfugiés au Mali) annonce son retrait du FLAM et crée le FLAM Rénovation. Une décision que certains observateurs n’ont pas manqué de considérer comme un appel du pied à l’adresse des nouvelles autorités.
Maintenant, reste à savoir quelle sera l’attitude du pouvoir du CMJD par rapport à cette nouvelle donne. Il est clair que la junte militaire n’a fait aucun geste à l’égard des problèmes de la Communauté negro-mauritanienne. Elle a même occulté ce que les Négro-africians considèrent comme essentiel pour eux : la correction de toutes les injustices subies. El le réalisme du FLAM rénovation est un signal fort à l’attention du pouvoir. Saura-t-il en profiter et couper court aux cris de guerre provenant des USA ?

Oumar El Moctar

Rectificatif

(L'Authentique quotidien 260 du mardi 21 février 2006)

Suite à l’article paru hier intitulé “l’éclatement du FLAM”, nous avons été saisis par nos lecteurs et la famille de feu Ten Youssouf Guèye, qui ont tous attesté que le défunt n’a jamais été membre de ce mouvement.
Nous en prenons acte et faisons remarquer à l’occasion qu’il n’a jamais été question pour nous de nuire à l’image de ce grand patriote.

 

  

 


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