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Une partie de l'opposition noire radicale met fin à un exil de plus de quinze ans.

MAURITANIE - 26 février 2006 - par ABDALLAH BEN ALI

 

« C'est peut-être l'événement politique le plus important depuis le changement du 3 août 2005 ! » Ce commentaire d'un intellectuel mauritanien peut paraître un peu trop enthousiaste. Mais il est révélateur de l'accueil réservé par une bonne partie de ses compatriotes à l'annonce, le 15 février à Paris, par une aile des Forces de libération africaines de Mauritanie (Flam), la principale composante de l'opposition en exil, de sa décision de rentrer au bercail et de s'impliquer dans la vie politique locale.

Le cap n'était pas facile à franchir. « Notre choix est douloureux, mais salutaire », a commenté Mamadou Bocar Ba (51 ans), le chef de file des « rénovateurs », au cours d'un point de presse organisé deux jours plus tard au siège du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), toujours à Paris. Pour l'opposant, « il n'est pas question de rester en marge de la transition démocratique, alors que, pour la première fois, les forces progressistes ont de sérieuses chances d'accéder au pouvoir ». Bocar Ba, qui fut longtemps le responsable des relations extérieures des Flam, n'est pas le seul ancien dirigeant du mouvement à le penser. D'autres, tels Ba Amadou Alpha, Diagana Ousmane, Kane Hamidine ou Moctar Ba, ce dernier très populaire au sein de la section sénégalaise, font la même analyse. Reste à savoir s'ils sont représentatifs de la base. Une chose est sûre : trois cents militants ont déjà signé leur déclaration portant création de « Flam-Rénovation », la nouvelle structure qu'ils ont mise en place.

La scission était dans l'air depuis la chute de Maaouiya Ould Taya, vécue par tous les militants des Flam comme un soulagement. L'ancien chef de l'État n'avait en effet jamais ménagé ce mouvement créé en 1983 par des nationalistes noirs hostiles à la mainmise des Maures sur la vie publique depuis l'indépendance.

Au lendemain de la publication, en 1986, du Manifeste du Négro-Mauritanien opprimé, les principaux leaders du mouvement furent jetés en prison. Certains, comme l'écrivain Téne Youssouf Guèye, l'ex-ministre Djigo Tafssirou ou le lieutenant Ba Aboul Ghoudouss, n'y survécurent pas. L'année suivante, une tentative de putsch ourdie par des officiers proches de l'organisation fut réprimée dans le sang. En 1990, la quasi-totalité des officiers d'origine peule fut évincée de l'armée. Libérés cette même année, puis exilés au Sénégal voisin, les dirigeants des Flam ne seront pas pour autant oubliés par Taya. Sous sa pression, les Sénégalais accepteront, dès 1992, d'interdire aux combattants de l'organisation de mener la moindre incursion en Mauritanie à partir de leur territoire. Par la suite, les chefs du mouvement seront contraints de chercher un autre refuge en Europe et en Amérique du Nord…

Onze jours après le renversement de l'ancien maître de Nouakchott, l'organisation annonce à Dakar, dans une déclaration à laquelle les « Cavaliers du changement », une autre composante de l'opposition radicale, se sont associés, son renoncement à la lutte armée. Le Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD) ayant proclamé une amnistie générale, les « Cavaliers » décident aussitôt de rentrer au pays. Mais les Flam rechignent à franchir le pas et conditionnent leur retour au règlement de trois problèmes, qui, selon le CMJD, ne peuvent être résolus qu'à l'issue de la transition, par un pouvoir élu. Soit :le rapatriement des Négro-Mauritaniens déportés au Sénégal et au Mali en 1989 (leur nombre varie de 30 000 à 55 000, selon les estimations) ; l'apurement du passif humanitaire de l'ancien régime (traduction en justice des auteurs de violations des droits de l'homme, indemnisation des victimes) ; et, surtout, l'amélioration de la cohabitation intercommunautaire.

Pourtant, une fraction des militants - notamment en Europe et au Sénégal - est favorable à un retour immédiat, jugeant plus efficace de poursuivre le combat de l'intérieur. Fin décembre 2005, le VIe congrès de l'organisation réuni à Cincinnati, aux États-Unis, leur donne tort. Ils prennent alors leurs distances avec une ligne politique qu'ils jugent, à terme, «suicidaire».

« L'exil n'est pas une fin en soi, estime Diagana Boubacar Tidiane, le porte-parole des "rénovateurs". Nous avons quitté notre pays parce que nous étions réprimés. Jusqu'à preuve du contraire, nous ne risquons pas de l'être aujourd'hui. Ayant renoncé à la lutte armée, il ne nous reste plus qu'à mener un combat démocratique pour faire triompher notre cause : celle d'une Mauritanie juste et égalitaire.»


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