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Sur la déliquesce de l'Etat


La Commission communication de l'UFP organise régulièrement des rencontres débats sur des questions d'actualités en vue de contribuer à la formation des cadres et militants. C'est ainsi que, après les thèmes "Mondialisation, droits sociaux et démocratie", "La politique de compromis national", "Bilan du processus démocratique en Mauritanie" .... le thème "déliquescence de l'Etat" a été proposé à la discussion. Le texte qui suit, synthèse des premiers débats, constitue donc un début de réflexion sur le sujet. Nous espérons qu'il sera enrichi par vos contributions ...

I. Introduction

L'Etat est un instrument au service des couches et groupes de la société dont les intérêts sont préservés, souvent au détriment d'autres couches et groupes, principalement grâce à l'ordre établi. Il a dans ce cadre la charge de garantir la sécurité des personnes et des biens de préserver l'intégrité du pays et d'assurer la régulation sociale et économique. Le maintien du contrôle de l'Etat par le pouvoir en place est donc un objectif stratégique pour ce dernier.

La préservation de l'ordre établi est un objectif majeur pour le pouvoir. Pour y aboutir il utilise tous ses moyens de répression, mais il essai également de maintenir, autant que possible, la paix sociale, en prenant en compte les acquis de toutes les couches de la société y compris les plus faibles.

Il en est ainsi du système de sécurité sociale et des différents services rendus par l'Etat aux citoyens, dont la protection des biens et des personnes est un élément essentiel.

Il y'a déliquescence de l'Etat dés lors que celui ci permet à d'autres entités ou structures parallèles de se substituer à lui, dés que des individus ou structures agissent à sa place, dans le sens quasi exclusif de leur intérêts propres.

Dans notre pays, un certain nombre de faits apparents, indiquent que l'Etat s'est engagé assez fortement dans un processus de déliquescence.

Pour illustrer ce propos, quelques éléments tés révélateurs sont donnés ci dessous.

II. En matière de santé et de protection sociale

Dans le domaine de la santé, l'Etat s'est dés le début orienté vers une santé publique symbolisée par la construction d'un hôpital national et de centres de santé régionaux (hôpitaux, dispensaires, ..) et par la prise en main de l'organisation de la distribution des médicaments par des structures de l'Etat.

L'introduction de la libéralisation de la médecine et de la distribution pharmaceutique a contribué fortement au fait que ce secteur échappe de plus en plus au contrôle de l'Etat, et plus particulièrement au niveau de la distribution des médicaments, où l'on assiste à l'exercice du métier de pharmacien par des personnes sans aucune qualification dans le domaine. La plupart des docteurs en pharmacie ont soit abandonné leur métier, ou soit se sont mis au service de commerçants qui n'ont pour objectif que la maximisation de leurs profits, quel qu'en soit le prix.

On peut dire que l'Etat a perdu le contrôle sur le sous secteur de la distribution des médicaments dont pourtant le rôle d'organisateur et de régulateur lui revient, tant le respect des normes de qualité y revêt une importance particulière étant donné qu'il s'agit de santé des populations.

En matière de sécurité sociale, dés l'accès à l'indépendance, des tentatives de mise sur pieds d'un système de protection sociale ont abouti à la création d'une caisse nationale de sécurité sociale. Cependant l'accès aux services de ce dispositif n'est pas effectif pour beaucoup de travailleurs du secteur privé. Là également l'Etat n'a pas veillé au respect de la réglementation en matière de protection sociale du travailleur.

III. En matière d'éducation

Dans ce domaine la déliquescence de l'Etat se manifeste à travers plusieurs éléments dont en particulier:

• La déconfiture de l'enseignement public, se traduisant par la baisse continue de la qualité et l'abandon de l'enseignement public au profit de l'enseignement privé par tous ceux qui en ont les moyens ;

• L'ouverture de bon nombre d'écoles privés en dehors du respect des normes et règles en la matière ;

• L'existence de critères de sélection différents selon les régions, pour un même concours national (le concours d'entrée en sixième).

IV. Dans les secteurs du Commerce et des transports

Malgré la libéralisation totale du commerce, l'Etat a un rôle crucial à jouer en matière de préservation de la continuité de l'approvisionnement du marché national, de contrôle ou surveillance de la tendance des prix, et ce plus particulièrement des denrées de première nécessité, de contrôle de la qualité des produits dans le cadre de la protection des consommateurs et de leur droit à des produits de qualité.

Malheureusement, c'est l'un des secteurs où la déliquescence de l'Etat est la plus manifeste :

Certains gros commerçants approvisionnent le marché à leur guise, créent des pénuries spéculatives, augmentent les prix comme ils veulent et ne se soumettent pas toujours aux programmes de contrôle de qualité, quand ceux ci existent.

La déliquescence de l'Etat est encore plus manifeste dans le sous secteur des transports où l'Etat a purement et simplement abandonné l'organisation et le contrôle du transport des personnes et biens, à une fédération de transporteurs privés, la FNT, qui fait ce que bon lui semble. Cette fédération se comporte quelquefois en véritable Etat dans l'Etat en s'érigeant en percepteur de taxes.

V. Dans le domaine de la justice

La déliquescence de l'Etat en matière de justice se manifeste surtout par l'existence d'intermédiaires qui interviennent quotidiennement dans les procédures judiciaires pour faire dénouer des affaires en justice, en dehors de toute procédure et souvent au détriment des lois. Dans ces procédures parallèles, force n'est pas aux lois de la République, mais aux lois des plus nantis.

On note d'ailleurs que quant il s'agit des intérêts du pouvoir lui même, il n'y a pas déliquescence de l'Etat, c'est plutôt le contraire, dans la mesure où le pouvoir politique se substitue purement et simplement à l'appareil judiciaire.

VI. Autres Phénomènes révélateurs de la déliquescence de l'Etat

En plus des éléments évoqués ci dessus, on note plusieurs manifestations de la déliquescence de l'Etat. On peut citer :

• le racket quotidien et pesant des taxis et des véhicules personnels par certains agents de police ;

• l'occupation illégale de terrains relevant du domaine public par certains nantis qui arrivent toujours à régulariser cette occupation ;

• la nomination de plusieurs hauts fonctionnaires et grands commis de l'Etat, non pas à travers un système de qualification basé sur la compétence et l'intégrité, mais plutôt sur la base d'une politique de dosage dans laquelle interfèrent les tribus, les clans ou autres groupes et donc ne mettant pas au premier plan les intérêts de l'Etat en tant qu'entité .

VII. Le rôle des partenaires au développement dans le processus de déliquescence

Le phénomène de déliquescence de l'Etat est du principalement à des causes internes à notre pays, mais on ne peut occulter le fait que les politiques de libéralisation tout azimut du FMI et de la Banque Mondiale, à travers les programmes d'ajustement structurel dont l'un des maîtres mots est le désengagement de l'Etat, contribuent pour beaucoup à cette déliquescence. En effet, l'un des résultats essentiels de ces politiques est la cession de secteurs entiers souvent très publics à des privés peu préparés, mal organisés et souvent peu soucieux des intérêts de la collectivité. On peut cependant noter les tentatives de certains des partenaires au développement à contribuer à l'amélioration de la gestion par l'Etat et donc dans une certaine manière à l'atténuation du phénomène de déliquescence, à travers des programmes dit de « bonne gouvernance », même si ces tentatives sont trop en deçà de l'ampleur du phénomène.

VIII. Conclusion

Les quelques éléments, non exhaustifs, évoqués ci dessus, montrent à quel point l'Etat est en voie de déliquescence. Ils nous montrent également que le pouvoir lui même y contribue pour beaucoup en accordant la priorité à ses intérêts politiques immédiats, et ce, quel qu'en soit le coût pour la collectivité. Par ailleurs, les politiques mises en œuvre sous la houlette de Banque Mondiale et du FMI ont pour beaucoup participé à l'accélération du phénomène de déliquescence de l'Etat mauritanien.

Dénoncer le phénomène de déliquescence de l'Etat, faire prendre conscience à tout le pays de la nécessité d'y mettre fin, est d'une importance capitale pour l'avenir de notre pays. En effet, plus la déliquescence de l'Etat est profonde, plus notre pays sera incapable de faire face aux crises porteuses de grands dangers qui le menacent.


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