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Compte rendu d'une conférence de presse


Compte rendu d'une conférence de presse tenue au siège de l'UFP en janvier 1998, veille des élections municipales du 5 février 1998, par le Calame.

retour sur la situation socio économique

Mohamed Ould Maouloud :

"La démocratie ne s'use que si l'on ne s'en sert pas"

L'UFD/ En tendance Bedreddine (nous l'appellerons l'UFD-B par commodité et par opposition à l'UFD-A... comme Ahmed Ould Daddah) entend organiser, dans les meilleurs delais, des états généraux de l'économie auxquels seront conviés les acteurs concernés: l'État, les opérateurs privés, les ONGs, le patronat, les syndicats et même le secteur informel. C'est dans cette perspective que le parti de Bedreddine a reçu, mercredi 11 courant, la presse indépendante pour conférence de presse, dont la première partie a été consacrée, actualité oblige, aux prochaines municipales.

Au cours de la première partie de cette conférence de presse, le président du parti, Mohamed Ould Mouloud, s'est surtout employé à énumérer les objectifs visés par l'UFD-B à travers sa participation aux prochaines Municipales.

Tout en rappelant que depuis le début du processus démocratique, son groupe a toujours prôné la participation à toute élection, Ould Maouloud a cité comme objectif premier l'apprentissage à la démocratie- tant au niveau local que national- par l'exercice de la compétition électorale. Et ce, afin de donner la possibilité aux Mauritaniens de s'exprimer publiquement et massivement.

La nécessité de faire entendre la voix du parti lors de la campagne, l'élargissement des alliances avec les forces politiques de la place ou encore la nécessité de renflouer les caisses du parti des pauvres qu'est le sien, ont été également invoqués par Ould Maouloud. "C'est aussi pour nous l'occasion de montrer notre bonne volonté et notre disposition à discuter du cadre dans lequel ces élections vont se dérouler. Ce qui nous permettra de poser toutes les revendications de l'Opposition", dira Ould Maouloud, en affirmant que son parti avait d'ores et déjà entamé des contacts avec l'Opposition, "sauf le groupe d'Ahmed [Ould Daddah, ndlr] que nous contacterons sans doute une fois qu'il se sera constitué en parti légal".

La réalisation des objectifs visés par Ould Mouloud et ses amis, à travers leur participation, restent cependant tributaires d'un paramètre pour le moins essentiel et ne dépendant d’aucune logique: les dispositions du pouvoir à lâcher du lest. Là les perspectives restent plutôt sombres. Les revendications déjà transmises par la nouvelle Alliance au ministère de l'Intérieur- tels le report des élections pour cause de RANVEC ou la nécessité d'adopter de nouveaux textes - sont restées sans suite. Dans son intervention à l'issue de l'adoption par le gouvernement, une semaine plus tôt, du décret convoquant le collège électoral, le ministre de l'Information a en effet annoncé que les choses resteront telles qu'elles: les mêmes listes électorales seront reconduites et l'adoption de nouveaux textes n'est même pas à l'ordre du jour.

Malgré cela, Ould Maouloud semble optimiste. Il estime qu'en toute logique, les tenant du pouvoir ont intérêt à voir s'instaurer un nouveau climat entre eux et l'opposition, afin de garantir la stabilité dont ils sont les premiers à profiter.

"Je pense que si tout le monde est raisonnable, on devrait entendre des sons de cloches différents de ceux auxquels vous faites allusion", a notamment dit Ould Maouloud, en ajoutant qu'au cours des audiences qu'il leur a jusqu'ici accordées, le ministre de l'Intérieur a paru désireux de trouver des solutions aux problèmes posés. Et d'ajouter qu'en décidant d'aller aux élections, son parti ne se fait guère d'illusions sur la fiabilité ou la crédibilité de celles-ci.

"D'ailleurs, peu de journaux passent aujourd'hui entre les mailles de la censure; mais cela ne les empêche pas de continuer comme nous le combat . Car- et comme le dit une publicité célèbre-les libertés s'usent si l'on ne s'en sert pas", a conclu Ould Maouloud.

M.O.N.


La deuxième partie de la conférence de presse a permis au vice-président de l'UFD-B, Ba Boubakar Moussa, d'exprimer le point de vue de son parti sur la situation économique et sociale que traverse le pays.

Bâ Boubacar Moussa

"La montée en flèche des prix, l'érosion de l'ouguiya par des dévaluations successives et la baisse vertigineuse du pouvoir d'achat des citoyens, assombrissent considérablement le climat social et suscitent l'inquiétude dans nombre de familles mauritaniennes".

Dès les premiers mots, le ton est donné. Pour Ba Boubakar Moussa, notre pays est assurément entré dans une période de dépression profonde, comme le montrent plusieurs faits saillants dont la hausse des prix de 20 à 50% au cours d'une seule année, la dévaluation de l'ouguiya (de 400% par rapport au FF, depuis 73 à nos jours), la concentration des richesses entre les mains d'un groupe de plus en plus restreint, la perte des repères éthiques et sociaux ou encore le surendettement du pays, qui devra commencer à payer à partir de l'année prochaine près de 150 millions de dollars par an...

" Face à la gravité de [cette] situation, le gouvernement et le groupe de la Banque Mondiale ont négocié, dans le secret des bureaux de Washington, de nouveaux accords à l'issue desquels notre pays a dû, le couteau sur la gorge, céder à de nouvelles conditionnalités", note Ba Boubakar Moussa, qui estime que "ceux qui exercent les charges suprêmes du pouvoir assument la responsabilité principale dans la crise actuelle".

Dans le seul souci d'acquérir des ressources, le gouvernement renonce ainsi à la souveraineté du pays en se soumettant à toutes les injonctions des bailleurs de fonds, sans se préoccuper des conditions d'octroi et sans en mesurer les implications. "C'est pour cela que les experts mauritaniens s'échinent par la suite à trafiquer les chiffres pour remplir les conditions de décaissement", explique Ba Boubakar Moussa.

Pire, le manque de transparence avec lequel les ressources du pays en général et l'aide en particulier sont gérées, favorise "la mise en place de véritables oligopoles [telle] la FNT qui, s'étant attachée les services de l'État, utilise la force publique pour limiter la concurrence, bafouer la liberté syndicale, lever des taxes et imposer des prix de monopole".

Après les tenant du pouvoir, Ba Boubakar Moussa pointe un doigt accusateur vers les partenaires de la Mauritanie, en particulier le groupe de la Banque mondiale qui "s'entête à croire qu'il connaît bien (voire mieux que nous) les raisons de nos difficultés et détient les solutions de notre salut", développant ainsi une attitude paternaliste à notre égard.

Ba Boubakar Moussa qualifie d'extravertie l'approche que se fait ce groupe de l'ajustement structurel. "Il ne s'agit pas de contribuer à l'édification d'une économie nationale endogène, mais de mieux insérer la Mauritanie dans les circuits d'échange mondiaux, fondés sur des rapports néocoloniaux". D'ailleurs, constate-t-il, "la conception générale du développement de la Banque mondiale procède d'un parti pris idéologique délibéré".

Pour ces raisons, conclut Ba Boubakar Moussa, la politique de ce groupe a montré de sérieuses limites en Asie, en Russie et ailleurs...

Après avoir esquissé les grandes lignes du (nouveau) programme alternatif de son parti- basé sur la souveraineté économique, la nécessité de compter sur soi-même en se dotant d'une approche endogène et en enracinant les choix en la matière dans nos valeurs...-, Ba Boubakar Moussa émet quelques propositions qu'il qualifie de concrètes, comme la publication du contenu des accords entre la Mauritanie et la Banque mondiale, la diffusion des rapports de la cour des comptes ou la mise en place d'une commission chargée de la moralisation de la gestion des biens publics. Tout comme il suggère un train de mesures immédiates et conservatoires, allant du gel des prix des denrées et des produits les plus sensibles à la hausse des salaires les plus bas, en passant par l'arrêt du diktat des monopoles, la réduction du train de vie de l'État ou encore la création d'un fonds de solidarité...

Restera alors à savoir où trouver- concrètement- les ressources nécessaires pour financer un tel programme...

M.O.N.


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