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V. CRITIQUE DE CERTAINES CONCEPTIONS

ERRONEES DANS LA QUESTION NATIONALE

1- SACHONS FAIRE LA DISTINCTION ENTRE LE NATIONALISME

REACTIONNAIRE ET LES REVENDICATIONS LEGITIMES

DES NATIONALISTES

Le nationaliste chauvin ou étroit n’est pas l’Arabe ou le Négro-Africain qui pose les revendications légitimes de sa nationalité, se révolte contre toute forme d’oppression nationale. On ne devient pas nationaliste étroit ou chauvin en revendiquant « la revalorisation effective de l’arabe » ou « la promotion rapide des langues des minorités nationales et la garantie contre la discrimination », ou en mettant en garde contre les injustices d’une défrancisation précipitée de l’administration etc.

Le nationalisme réactionnaire est la déviation de ces revendications légitimes en une ligne politique qui méconnaît l’unité du peuple, oppose des intérêts particuliers de celui-ci à ses intérêts généraux fondamentaux, renie ceux-ci ou les subordonne aux premiers. Le nationalisme réactionnaire a jusqu’ici placé les revendications culturelles ou de partage de poste au premier par rapport aux revendications politiques, économiques et mêmes culturelles qui intéressent les larges masses. Or, des revendications particulières, justes, deviennent erronées parce qu’égoïstes, lorsqu’elles sont opposées aux revendications générales.

Nos intellectuels négro-africains ou arabes sont pour la plupart des gens honnêtes qui aiment leur pays ou résistent de plus en plus énergiquement aux manoeuvres des chauvins et des nationalistes étroits comme l’ont montré les derniers mois.

Le nationalisme réactionnaire aime jouer au cache-cache et se dissimuler dans la masse dès qu’il y a un contre temps. Mais tel un lépreux, il ne réussit jamais à masquer longtemps les principales manifestations du mal qui le caractérise :

- Négation du caractère néocolonial et semi féodal de la Mauritanie actuelle et de la nature de la contradiction principale qui en résulte. Les nationalistes chauvins ou étroits ne remettent pas en cause le système en place, mais, en posant le problème national, revendiquent leur participation aux classes dominantes, réclament tel ou tel partage de privilèges à l’avantage de tel ou tel clan de la réaction ou de milieux aspirant à intégrer ces clans. C’est pourquoi il situe toujours la contradiction principale au sein du peuple et pose les revendications nationales dans cet esprit. C’est pourquoi également il n’est que la progéniture de la politique de la réaction, son agent au sein du peuple -prédisposition à être manipulé par la réaction et l’impérialisme- . C’est une conséquence de la première caractéristique. Ainsi, les nationalistes réactionnaires épuisent-t-ils le peuple dans ces dissensions internes, intégrant ainsi objectivement les plans antinationaux et antipopulaires.

- Exploitation des préjugés et mentalités arriérées des masses. Le nationalisme réactionnaire systématise ses préjugés en ligne idéologique. On sait que la féodalité exploite les préjugés tribalistes ou régionalistes à ses propres fins. Les chauvins et nationalistes étroits adoptent de telles méthodes réactionnaires et ne manquent aucune occasion pour envenimer les rapports entre nationalités, susciter le ressentiment et la haine ethnique ou raciale.

- La principale méthode d’action du nationalisme réactionnaire est la division du peuple : à l’instar de la réaction, il redoute l’unité entre nationalités, car cela crée un obstacle à sa politique dont le succès suprême passe par les affrontements au sein du peuple.

Cependant, le nationalisme étroit et le chauvinisme diffèrent sur un point. Le chauvinisme se base sur le fait majoritaire de la nationalité Arabe pour alimenter une arrogance nationaliste qui s’oppose à l’égalité entre nationalités, et réclame des privilèges pour les Arabes et préconise, quant au fond, l’assimilation forcée des minorités nationales. Le nationalisme étroit par contre, en partant du fait minoritaire des Négro-africains, alimente la méfiance maladive et le recroquevillement sur soi, et érige en opposition irréductible les différentes nationalités, préconisant quant au fond, le séparatisme.

2- A PROPOS DE CERTAINS MOTS D’ORDRE

Il est impossible de reprendre toutes les arguties réactionnaires répandues ces derniers temps. Par contre, certains mots d’ordre de plus en plus en vogue, méritent d’être examinés et critiqués de la manière la plus sérieuse. Pour notre part, nous nous limiterons à une ébauche de critique qui, nous l’espérons, sera approfondie plus tard.

«Droit de la majorité»

Il y a certes dans le pays une majorité Arabe. Mais il est absurde de croire que les relations entre nationalités puissent être identiques à celles existant entre la majorité et la minorité dans une réunion. Car la question n’est pas une controverse sur la vérité que l’on tranche par vote ! C’est un problème politique qui concerne les droits démocratiques de chacun. Et sur ce plan, chaque nationalité doit jouir de tous ses droits ; aucune nationalité ne doit être privilégiée par rapport aux autres. Egalité totale en droit, voilà ce qu’il faut. C’est alors que les différences nationales ne pourront plus gêner le mouvement de transformation sociale, que l’unité du peuple et du pays deviendra d’une solidité à toute épreuve. Les tentatives d’assimilation, d’imposition de tels caractères de transcription, les mesures discriminatoires sont antinationales et antipopulaires car elles poussent toujours vers l’éclatement de l’unité, provoquent l’animosité entre nationalités.

On ne peut que s’interroger sur les objectifs de certains nationalistes arabes ! Réclament-ils le rétablissement de la nationalité Arabe dans ses droits ? Nous serons les premiers à les soutenir dans ce sens ! Ou alors s’agit-il pour eux d’avoir le droit d’opprimer les minorités nationales ? Cela en tout cas n’est en rien conforme aux intérêts des masses arabes dont ils usurpent le nom. C’est plutôt une reprise nostalgique des ambitions de l’aristocratie guerrière des temps ténébreux et révolus et il est du devoir de tout patriote de combattre de tels nationalistes rétrogrades.

«L’arabisation totale et immédiate de l'administration»

Même lorsqu’il fait des efforts pour être « démocratique », le chauvinisme n’arrive pas à tenir en ligne de compte les intérêts des minorités nationales. En effet, la plupart des fonctionnaires et agents négro-africains se retrouveront dans la rue si un tel slogan est appliqué. Pour la simple raison qu’ils ne savent pas l’arabe. Et même nombre de francisants de nationalité Arabe risquent de connaître un sort identique pour une raison similaire. C’est donc à la fois politiquement dangereux et pratiquement catastrophique. Est-ce à dire que l’arabe ne doit pas avoir un usage généralisé dans l’administration ? Non. Mais cette généralisation doit en même temps tenir compte de la réalité précitée et laisser également en usage, provisoirement, le Français. Par ailleurs posé ainsi, le problème de l’administration est complètement dénaturé. En effet, celle-ci n’est pas mauvaise principalement à cause d’un problème de langue. Ce qui est à mettre en cause, en priorité, c’est son caractère antipopulaire, coercitif et parasitaire. Que sa pratique réactionnaire s’exprime en Arabe, cela ne peut satisfaire que la stupidité chauviniste. Une administration démocratique, voilà ce qu’il faut à notre peuple ! Une telle administration sera très proche du peuple, et doit nécessairement, pour ce faire, utiliser toutes les langues nationales, et pas seulement l’arabe. Les fonctionnaires et agents francisants ont donc le droit d’être recyclés progressivement et dans la langue nationale de leur choix.

«La langue de ciment»

Ce mot d’ordre n’est pas faux en général. Mais il le devient lorsqu’il n’exprime pas une situation naturelle, spontanée même où une langue devient prédominante par rapport à d’autres. Il devient faux lorsqu’il signifie accorder à l’arabe un statut juridique qui la place au dessus des autres langues, ravale celles-ci au rang de secondes langues dans l’enseignement etc., en fait des langues limitées au folklore. Toutes nos langues doivent avoir le même statut, jouir des mêmes droits : être officielles et donc pouvant servir valablement dans tous les domaines de la vie nationale : être langues de travail et d’enseignement.

Certes, dans un pays multinational comme le notre, la nécessité des échanges, tant à l’intérieur qu’avec l’extérieur, fait que souvent l’une des langues nationales devient la principale langue en usage. Mais cela ne doit en aucun cas remettre en cause ni les droits des autres nationalités, ni par conséquent le principe de l’égalité en droit des langues. L’existence d’une langue principale d’usage doit être suscitée par des considérations pratiques et ne revêtir aucun caractère juridique ; doit recevoir l’adhésion libre de toutes les nationalités, libres de toute contrainte. Chaque langue nationale doit rester également utilisable dans tous les domaines de la vie nationale. En particulier, une autonomie régionale pour les minorités nationales est à restaurer pour créer les conditions de leur épanouissement sur tous les plans et, dans ce cadre, les langues de ces minorités seront les principales langues d’enseignement et de travail dans les zones autonomes.

Mais une démarcation doit être faite avec le nationalisme étroit : celui-ci ne tient aucun compte de l’unité nationale et de la nécessité d’encourager les facteurs de rapprochement entre nos nationalités. Ainsi, dans la question des langues, il érige en choix politique le refus d’apprendre l’arabe, d’opter pour le Français, encourage l’hostilité à l’arabe et son mépris. Cela n’est en aucun cas l’expression des larges masses négro-africaines, ni dans le passé ni dans le présent ; c’est une attitude en conflit avec leur position et leur volonté.

Dans les conditions d’une Mauritanie unie, la liberté de choix en matière de langue ne doit pas procéder du caprice, surtout s’il est fondé sur des préjugés réactionnaires. S’il y a l’égalité en droit de toutes nos langues nationales, par contre une langue nationale doit être privilégiée sur toute autre langue étrangère dès qu’il y a un choix de base à faire au plan de l’enseignement ou du travail.

«Blancs/noirs = contradiction principale»

Cette thèse a été soit disant « théoriquement » défendue dans les documents nationalistes étroits. Les chauvins sont certainement d’accord d’instinct, sans attendre la théorie !

Messieurs, vous mettez dans un camp des féodaux et des grands bourgeois avec les masses d’esclaves, de paysans, d’ouvriers qu’ils oppriment ; sur la base de quels critères ? Le critère de couleur ? Mais dans tous les pays africains noirs, il existe, comme en Mauritanie, un problème d’inégalités entre nationalités : par exemple au Tchad, au Nigeria, au Burundi ; et ce n’est pas la couleur noire qui y empêcha les dramatiques et sanglantes guerres ethniques. Le slogan sur l’apartheid n’est qu’une exagération vaine.

Mais vous vous fondez peut-être sur l’inégalité culturelle pour établir la contradiction principale. Pourquoi voulez-vous que le problème des langues soit le souci principal et non l’un des soucis des masses populaires de telle nationalité ? Pourquoi ce problème doit les unir avec leurs oppresseurs, alors qu’elles ont d’autres préoccupations plus importantes (l’oppression politique, l’exploitation) qui les unissent avec les masses des autres nationalités, alors que le problème culturel n’est qu’un produit des problèmes politiques et économiques ! !

Dans la perspective des affrontements raciaux, les nationalistes étroits ont encouragé la théorie suivant laquelle « les Haratines sont une nationalité », dans leur publication. Mais à considérer le problème en dehors de l’esprit de manoeuvre, on ne trouve à cette théorie aucun fondement sérieux, ni même une finalité bien précise.

Chez les Arabes, le Hartani est un ancien esclave affranchi. Dans l’organisation féodale, les Haratines sont une caste des plus inférieures, des plus opprimées. Dans une Mauritanie où la société reste semi féodale, les valeurs liées à la caste poursuivent l’individu partout où il va, même s’il intègre l’administration dite moderne. Ces valeurs lui ouvrent les portes s’il est issu d’une caste noble, le handicapent s’il est des castes inférieures. Le problème ne touche pas seulement les Haratines qui sont des nobles mais aussi les tributaires zénagas, les forgerons, les pauvres qui sont blancs ! Le problème n’existe pas seulement chez les Arabes, mais aussi chez les autres nationalités négro-africaines. Et puis, en définitive, ce problème est surtout un problème d’oppression des paysans qui souffrent du joug féodal. Le problème de la caste des Haratines est un problème surtout de libération des paysans ! C’est donc un problème démocratique antiféodal. Sans plus ! La preuve ? C’est qu’une fois résolu, rien ne distinguera plus un ex-Hartani de tout autre Arabe, en tout cas pas de caractère national, il n’existera plus de problème hartani. Surtout que la société maure ne tient pas en considération les différences de couleur : vous trouvez des chefs féodaux très noirs (l’ex émir du Tagant, les anciens chefs Awlad M’Bareck, les chérifs du Hodh). Les Arabes de Mauritanie sont très métissés. Hormis l’aspect teint, le Hartani, s’il est de souche négro-africaine est devenu Arabe d’adoption. Il n y a pas de particularité nationale. La musique populaire (flûte etc.) ? C’est un élément du folklore Arabe de Mauritanie, et comme dans les sociétés à castes, la musique populaire n’est jamais l’œuvre des nobles, mais des castes inférieures, les griots assumant l’aspect classique, les masses populaires l’aspect folklore. Cela n’existe-t-il pas dans les différentes nationalités ? D’ailleurs il n’est pas surprenant, dans les cloisonnements de castes, l’existence de coutumes ou de formes musicales qui soit particulière à telle ou telle caste, la distingue des autres castes. Mais cela ne constitue pas une distinction nationale. Autrement on risque de transformer le griot en nationalité, et pourquoi pas les forgerons, les pêcheurs etc...

Quant à l’assimilation, c’est un fait de l’histoire. Rien ne sert de vouloir restaurer une nationalité berbère, une autre négro-africaine au sein de la nationalité Arabe, de reconstituer une nationalité Wolofs ou Sérère au sein de la nationalité Pulaar etc...

Mais laissons les spécialistes en ethnologie oisive et rétrograde s’amuser à préconiser des solutions pour refaire l’histoire. La vie, quant à elle, pose en Mauritanie d’autres exigences ! !

«Partage constitutionnel du pouvoir entre nationalités»

C’est à dire prévoir que le président soit de telle nationalité, le premier ministre de telle autre etc. En fait, ce n’est qu’une formule fédéraliste, le fédéralisme lui-même dans la situation actuelle n’étant qu’un pas honteux vers la séparation. En fait, dans les conditions d’une Mauritanie semi coloniale et semi féodale, un tel mot d’ordre ne peut signifier que le « droit des grands bourgeois et féodaux de faire des nationalités leur fief indiscutable ». Et comme il s’agit de classes cupides dépendantes des forces impérialistes en rivalité, aucun partage de postes de pouvoir n'est définitif, il est sans cesse remis en cause. Conséquence : le conflit permanent entre les nationalités qui sont manipulées lors des luttes pour les partages et repartages.

La lutte anti-impérialiste et antiféodale en devient bloquée. D’une façon ou d’une autre on aboutit à la plus mauvaise des séparations : celle qui n’est ni démocratique, ni pacifique, ni en mesure de mettre un terme aux conflits. Tout cela aux dépens des masses et au seul avantage des réactionnaires et des impérialistes. Nous sommes portant pour le droit à l’autodétermination, dont le droit à la séparation.

Mais pour que ce droit serve le peuple, dans les conditions actuelles, il doit signifier le droit à une union libre, donc d’égalité entre les nationalités. Actuellement, la séparation complique plus le mal, le dénature au lieu de le résoudre : à la différence des nationalistes réactionnaires, nous n’avons pas peur de poser le problème franchement ! L’interpénétration des nationalités est telle qu’elle rend difficile tout partage territorial. Bien plus, dans les conditions de la domination des forces impérialistes et de la réaction locale, aucun partage juste ne peut intervenir, il devient plutôt une source de conflits permanents entre les nationalités qui sont livrées à la manipulation réactionnaire et étrangère. Les exemples tragiques du Biafra, de l’Irak, du Liban, du Chypre ne suffisent-ils pas pour montrer le danger pour le peuple de la conception du partage du pouvoir sur une base ethnique ! !

Dans le droit à l’autodétermination, la liberté d’union et non la séparation ouvre la meilleure voie pour la cause de l’émancipation nationale et sociale et par conséquent à la meilleure des solutions du problème national.

Nous sommes contre tout partage du pouvoir central sur une base ethnique. Le seul critère à ce niveau doit être politique. Les responsables doivent être choisis en fonction uniquement de leur fidélité à l'indépendance nationale et à l'intérêt du peuple. Le chef de l'état peut-être autant Pulaar, Wolof, Soninké qu'Arabe, par exemple. Par contre, dans une Mauritanie nouvelle, nous sommes pour un découpage administratif qui prévoit des zones d'autonomie pour les minorités nationales, et ce, à tous les échelons administratifs (depuis l'arrondissement jusqu'à la région). Cela en vue de créer les conditions les meilleures pour le plein épanouissement de leur spécificité propre (langues, coutumes, mode de vie...). Dans ces zones d'autonomie, l'interpénétration des populations ne sera pas un obstacle. Par exemple, dans une région autonome pour Soninkés, la langue principale sera le Soninké, le rythme de la vie suivant le mode de vie Soninké, mais des arrondissements d'autonomie pour Arabes ou Pourras pourront exister là où il y a des concentrations suffisantes parmi ces nationalités. Mais tout cela ne peut réellement être effectif et viable que dans une Mauritanie totalement indépendante et démocratique où le peuple tient en main sa destinée et pour organiser le pays sur des bases justes. C'est pour créer de telles conditions que tous les patriotes, ceux qui aiment leur peuple comme leurs nationalités doivent se dépenser principalement.

Nous sommes sûrs que les conceptions nationalistes réactionnaires, que l'expérience ne cesse de démentir, seront aussi souvent qu'elles apparaissent, rejetées par notre peuple dans la poubelle de l'histoire. Mais cela[1] commande la participation active de chaque démocrate, de chaque patriote, à la lutte contre le chauvinisme et le nationalisme étroit. Les problèmes qu'ils abordent, même si c'est à partir de préjugés, ne sont pas des inventions sans fondement. Et c'est donc par l'étude scientifique de ces problèmes que le combat contre le nationalisme réactionnaire pourra sans cesse remporter des victoires.

Publication du Mouvement National Démocratique, Février 1979.


[1] Références pour la période précoloniale : "Etudes historiques anciennes et récentes mettant à contribution les archives de la colonie française du Sénégal. Citons en les ouvrages de l'historien colonialiste Paul Marty ("les Brakna" - "l'Emirat des Trarza" etc...)".



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