Unité- Démocratie- Justice sociale

Accueil Contactez-nous Sommaire


Google

 

sur le Web

Sur ufpweb.org

 


Union des Forces du Progrès UFP

Fédération Europe

Section du Havre

Conférence-débat

A l’appel de la Section du Havre de l’UFP, une Conférence-débat a réuni de nombreux ressortissants mauritaniens, le samedi 15 octobre à 14h 30 au Foyer des Immigrés Alti , dans cette ville de province normande où réside une importante communauté ouvrière et étudiante de notre pays, sur le thème de « La situation nouvelle en Mauritanie et ses perspectives de développement ».

Devant une assistance nombreuse et particulièrement attentive à la nouvelle situation au pays, la Conférence-débat a été animée par les camarades LÔ Gourmo, Secrétaire aux relations internationales et de l’émigration au Bureau national du parti et N’Diaye Bocar, 1er Vice Président de la Fédération de France et Président de la Section du Havre. Nous reviendrons ultérieurement sur cette importante manifestation et sur les sentiments exprimés tant par les travailleurs que par les étudiants à propos de la situation au pays, ses enjeux et les moyens d’y faire face.


Union des Forces du Progrès (UFP)

Fédération Europe

Compte rendu de la conférence-débat du 01 octobre 05

Thème: Démocratie : quelles transitions pour la Mauritanie ?

Animée par Mr Lo Gourmo et Maréga Baba Assa

Mr Maréga :

Après avoir remercié les organisations politiques et syndicales, les associations de droit de l’homme, nos compatriotes et tous les amis de la Mauritanie, qui sont venus nombreux participer à cette conférence-débat, il a souhaité que cette conférence se déroule, avec des échanges certes contradictoires, dans un climat de sérénité, civilisé et dénué de toute polémique stérile à laquelle nous sommes malheureusement habitués.

Il a rappelé que notre pays est à la croisée des chemins, une période particulière de son histoire chargée d’espoirs mais aussi d’incertitudes et d’inquiétudes. La junte au pouvoir s’est engagée devant le peuple mauritanien à conduire le pays vers une véritable démocratie pendant une durée n’excédant pas deux ans. Mais ces engagements ne peuvent devenir réalité que lorsque le CMJD accepte de gérer cette période de transition avec l’ensemble des acteurs de la vie nationale.

Il a noté la gestion unilatérale qui semble être le choix actuel de la junte et qui ne peut que susciter des inquiétudes. Il a ajouté: de plus, quand on sait que nous vivons dans une période très favorable à la prolifération de tous les particularismes, qui commencent déjà à se manifester sous des formes tribale, ethnique, familiale et clanique, il est facile de comprendre que de grosses incertitudes planent sur l’avenir.

Il a conclu son introduction par : à l’UFP, nous souhaitons que toutes les organisation politiques et la société civile s’engagent résolument pour exiger des nouvelles autorités, de les considérer non pas comme des conseillers mais comme des acteurs essentiels de la transition. Et je profite de cette occasion, pour tordre le cou à quelques interprétations erronées ou tendancieuses ces dernier temps sur la position de l’UFP par rapport au passif humanitaire. Notre position sur les drames vécus par notre pays est simple et claire : tout ce qui peut être fait pendant cette période de transition pour apaiser les tensions et favoriser la réconciliation nationale doit être fait, notamment le retour des déportés, des solutions justes aux difficultés des veuves, rescapés et radiés et c’est possible si la volonté politique existe et si on associe l’ensemble des acteurs de la vie nationale à cette œuvre de réconciliation nationale.

Mr Lo Gourmo

Dans son intervention, le camarade Lô Gourmo a d’abord fait un tour d’horizon de la situation d’avant le putsch, marquée par une crise économique et sociale profonde et l’impasse complète sur le plan politique, malgré tous les efforts déployés les mois précédents par une partie de la classe politique de l’opposition comme celle du pouvoir, pour en déverrouiller l’issue et ouvrir de nouvelles perspectives dans le jeu politique.

Le refus stratégique du dialogue élargi et l’absence de recul par rapport aux intérêts immédiats de son pouvoir par l’ancien Président, comptent parmi les causes décisives de la situation pré chaotique que notre pays connaissait à la veille du 3 août.

Le camarade Gourmo a ensuite présenté un tableau des positions exprimées par les différentes formations politiques par rapport au coup d’Etat et les attitudes concrètes observées par chacune d’entre elles à cette occasion.

Dès l’officialisation du Coup d’Etat, l’UFP n’a pas hésité à rappeler sa ferme opposition de principe à l’égard de cette méthode d’accéder au pouvoir, malgré les bonnes intentions affichées par la nouvelle junte et le soulagement que leur action a suscité dans l’immense majorité du peuple. Pour faire face à la nouvelle donne et empêcher qu’une gestion unilatérale du processus de transition proclamé par le nouveau régime ne vienne prolonger sous une nouvelle forme l’impasse politique, notre parti a énoncé une ligne générale de transition fondée sur l’adoption d’un programme consensuel et mis en oeuvre par les acteurs politiques, la société civile et la classe militaire à travers un cadre de concertation et un code de bonne conduite établis entre eux.

Malheureusement, dès l’annonce de la réussite du putsch, la classe politique dans son immense majorité s’est laissé griser par l’ambiance nouvelle et a momentanément perdu et son esprit politique et son sens de la mesure dans l’appréciation des intérêts immédiats par rapport à ceux, à long terme, de notre peuple et des siens propres. Les jeux de positionnement individualiste ont ainsi pris le pas, momentanément, sur les principes généraux devant guider des partis démocrates- patriotes. D’où le sentiment de bradage de ces principes de la part de ces partis que nombre d’observateurs impartiaux ont éprouvé à lire les communiqués de soutien sans principe et les attitudes de fuite en avant dans ce sens qui faisaient florès au lendemain du putsch.

Pour l’UFP, s’il ne fallait évidemment pas surcharger la barque de la transition en exigeant des militaires plus qu’ils ne peuvent donner ni ne sont en droit de faire, s’agissant du « règlement » de certaines questions de fond comme celles liées aux contradictions au sein du peuple ou l’éradication des vestiges de l’ancienne société féodalo-esclavagiste dans notre pays, il n’en restait pas moins nécessaire d’imprimer à la transition une direction authentiquement démocratique et patriotique, en réglant les questions les plus urgentes liées au passif humanitaire du régime déchu (déportation, massacres des militaires négro-africains, amnistie pleine, entière et transparente des crimes et délits politiques), dans un esprit de compromis social et de réconciliation nationale. Malgré tous ces efforts pour une concertation des partis de l’ex-opposition, l’UFP n’a malheureusement pas pu vaincre sur le moment les tergiversations de certains de ses partenaires, ce qui a fait perdre au peuple et au camp démocrate patriotique, un temps précieux.

Nous avons répondu à tous les appels lancés par le CMJD et son chef pour la concertation. Nos deux principaux responsables, les camarades Mohammed Maouloud et Bâ Boubacar Moussa ont été reçus par M. Ely Mohammed Vall, dont le style nouveau et l’approche de certaines questions importantes pour le pays, à moyen et long terme, sont pour nous une bonne chose puisqu’en rupture avec ce qui prévalait jusqu’alors à la tête de l’Etat. Nous avons toujours reconnu qu’en dépit de nos divergences très profondes avec M. Maaouya Ould Taya, celui-ci a témoigné à notre endroit d’une certaine ouverture d’esprit mais qui n’a pas été jusqu’à accepter un dialogue national véritable et de nouvelles réformes. Jamais un climat d’ouverture démocratique et de décontraction n’a été aussi perceptible dans ce pays qu’au cours de ces deux derniers mois. Néanmoins, l’UFP estime nécessaire, au delà du style nouveau, d’approfondir la démarche suivie en matière de transition. L’Etat doit, dès maintenant, reconnaître les graves atteintes au droit des gens qui ont été commises, demander pardon au nom de la collectivité nationale et engager les actions nécessaires de correction pouvant être entreprises pendant ces deux ans que durera la transition.

C’est le cas tout particulièrement du retour impératif de tous les déportés, l’organisation de ce retour par l’Etat, les pays d’accueil et les institutions internationales concernées. Le processus de transition ne saurait être mené avec cette tâche infâmante sur le front. La maturité de notre peuple et le soutien qu’il accorde au programme de justice et de démocratie des nouvelles autorités sont un gage de succès de cette entreprise qui est le premier jalon d’une réconciliation nationale authentique. C’est le seul chemin qui pourrait nous éviter la poursuite du pourrissement de la situation qu’entretiennent l’esprit de revanche et le ressentiment face aux injustices.

L’Ufp est d’avis que tous les partis politiques devraient attacher une si grande importance à cette question qu’elle devrait figurer parmi les premiers points à introduire auprès des nouvelles autorités, notamment à l’occasion de la préparation de la campagne d’inscription sur les listes électorales. L’Ufp, évidemment préconise une telle position commune dans un esprit de responsabilité et non de surenchère ultra électoraliste. Ce n’est que lorsqu’elle n’obtiendra pas un consensus avec les autres formations politiques que l’Ufp énoncera sa propre ligne électorale, aux antipodes du boycottisme solitaire.

Arès cet exposé, le camarade Gourmo a répondu à de nombreuses questions d’une assistance venue très nombreuse et diverse dans ses opinions et ses appartenances politiques. Notamment sur certains aspects juridiques liées aux différentes amnisties, leur portée respective sur les anciennes victimes du régime déchu, en particulier les éléments qualifiés de Flamistes et condamnés dès les années 80, la justification de sa position à propos de l’incident relatif à la diffamation dont il a été l’objet lui et le camarade Ndiaye Bocar sur le Net etc.

Résumé des interventions :

Les intervenants, après avoir procédé aux remerciements d’usage, ont presque tous insisté sur la nécessité de multiplier des rencontres semblables pour permettre aux Mauritaniens, qui vivent ici à l’extérieur de leur pays, de se retrouver pour débattre ensemble de tous les problèmes nationaux.

Des intervenants ont aussi insisté sur l’impérieuse nécessité de voir tous les problèmes liés à la cohabitation entre nos différentes communautés abordés sans tabous, car, disent-ils, c’est la seule façon de leur trouver une solution viable ; refuser de le faire, c’est refuser de voir la réalité en face. Et les mêmes causes produisant les mêmes effets, si une solution juste n’est pas trouvée, quelques mois ou années plus tard nous nous retrouverons à la case de départ devant les mêmes problèmes et probablement plus cruellement encore.

Certains pensent que ce qui c’est passé le 03 Août 05 est loin d’être un changement, c’est plutôt une continuité car il n y a aucune rupture visible avec le système qui existait auparavant ; la seule chose positive est la chute de Ould Taya et que la démocratie ça ne se donne pas, ça s’arrache. De plus Ely ould Mohamed Val est lui-même un homme de ce système.

D’autres pensent par contre que même si le début du CMJD est inquiétant, du fait en particulier que certains problèmes dont les solutions contribuent grandement l’apaisement pour une réconciliation nationale et qui devrait figurer dans le premier discours du président du CMJD (tel que le retour des déportés) ne l’ont pas été, rien, malgré tout, n’est encore définitivement perdu. Avec la mobilisation de tous, le CMJD sera contraint de revoir sa copie.

De nombreux intervenants ont relevé le danger que représente l’attitude de ralliement quasi-générale de la classe politique au CMJD. Une classe politique qui n’a pas joué et ne joue toujours pas le rôle qui est le sien dans cette conjoncture hautement incertaine. Ils souhaitent que les partis politiques s’engagent résolument, et ne laissent pas le processus de transition entre les mains des seuls militaires.

Il faut noter une affluence particulièrement importante et non habituelle dans ce type de rencontres dans le milieu mauritanien. Celle-ci dénote du désir urgent de nos compatriotes de voir tourner définitivement les pages des dictatures et des pouvoirs d’exception et de trouver des solutions consensuelles aux difficultés de notre pays.

Le débat a été fructueux et civilisé, et chacun a pu s’exprimer librement, sans entrave. Des points de vue ont été parfois divergents mais toujours dans un esprit constructif.

Union des Forces du Progrès UFP

Fédération Europe



See who's visiting this page.

View Page Stats

Pour toute question ou remarque concernant l'Ufp ou ce site Web,
écrire à infos@ufpweb.org
Copyright © 2005