Union des Forces du Progrès Ufp : L’armée doit s’éloigner de l’exercice politique

L’Union des Forces du Progrès Ufp a organisé aujourd’hui à son siège central une conférence de presse consacrée essentiellement à la présentation de sa position par rapport à ce que les observateurs politiques qualifient de "crise politique aigue" au sein de la majorité.
Dans ses interventions, le Président de l’Ufp, le Dr Mohamed Ould Maouloud, entouré de députés de son parti, a tout d’abord décrit l’actuelle crise politique " d’événement très grave qui pourrait avoir des conséquences dangereuses pour l’avenir du pays".
S’essayant à brosser un portrait de la crise, le Président de l’Ufp a précisé que son parti " observa une franchise totale dans ses interprétations, pour que le citoyen puisse à son tour avoir une idée claire des choses et prendre la position qu’il juge nécessaire par rapport à cette situation".
Ould Maouloud a commencé par faire un petit retour en arrière. Dans sa rétrospective, il a rappelé l’arrivée du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie au pouvoir et les raisons qu’il avait présenté à l’époque pour justifier son acte dont " déposer le régime déchu et d’organiser par la suite des élections transparentes pour la mise en place d’institutions réellement démocratiques".
Toujours dans ses interventions, le Président de l’Ufp a évoqué les nombreux défis auxquels est confronté actuellement le pays dont la flambée des prix, les conditions de vie très difficiles…etc.
Dans cette conjoncture politique et socioéconomique, les initiateurs de la crise politique cherchent, selon le Président de l’Ufp " à affaiblir les énormes efforts consentis par le régime démocratique pour faire avancer le pays vers le meilleur". Il a rappelé également les conditions dans lesquelles était formé le dernier gouvernement du Premier ministre Yahya Ould Ahmed El Waghef, composé de partis au sein de la majorité et de partis de l’opposition.
Revenant à ce qu’il a qualifié de "tentative putschiste très néfaste pour l’image extérieure du pays, capable d’ouvrir le pays à une ère d’instabilité, au moment où le pays traverse une crise économique et sociale très aigue", Ould Maouloud a appelé les acteurs politiques à la retenue et à la clairvoyance dans toutes les décisions et projets qu’ils comptent entreprendre.
L’autre option qui se présente au leader de l’Ufp dans cette crise et reste plausible pour l’actuel pouvoir est " la dissolution du Parlement et l’organisation de nouvelles élections". Pour Ould Maouloud, cela pourrait se solder par de grosses factures et dépenses de l’Etat appelé à orienter ses faibles ressources à sauver le peuple et non à réaliser un dessein politique toujours semé d’obstacles.
A propos de l’instabilité politique, le Dr Mohamed Ould Maouloud a indiqué qu’elle est très dangereuse dans les pays sous-développés comme le notre où elle peut conduire à des situations incontrôlables".
Toujours selon lui ’’l’actuelle crise politique est motivée selon ses instigateurs par la nomination de 4 ministres comptant "Roumouz El Vessad" au sein de l’actuel gouvernement".
Il est revenu ici au putsch du 3 août 2005 pour rappeler que les militaires venus pour sauver le pays étaient les premiers à consacrer cette tradition en nommant la seconde personnalité du régime déchu " Président de la République" et un ancien chef du Gouvernement " Premier ministre". Selon lui, "tout le système qui prévalait était revenu aux commandes de l’Etat à l’exception de l’ex Président Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya".
Le Dr Mohamed Ould Maouloud a confirmé à plusieurs reprises le soutien et la confiance de son parti à la volonté sincère du Président de la République et de son gouvernement, dans leur détermination de mener le pays à bon port.
Pour mieux expliquer le retournement de veste des partisans de Sidioca, Ould Maouloud est revenu également sur les soutiens de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi aux élections présidentielles de 2007, en soulignant que ces soutiens comptaient préserver leur éternellement leur autorité et leur influence sur l’homme. Ce à quoi, Sidioca s’est refusé de se prêter à l’occasion de la formation du dernier gouvernement, en usant de ses pouvoirs garantis par la constitution.
Les militaires n’avaient pas vu du bon œil cette démarche totalement légitime et s’étaient mis tout de suite à agiter le microcosme politique acquis à leur cause pour semer la zizanie et fléchir sans succès le premier magistrat à leurs caprices politiques.
Comme le député de l’Ufp M. Moustapha Ould Bedreddine, le Président de l’Ufp a appelé vivement les militaires, officiers et autres à s’éloigner complètement du jeu politique et à s’occuper exclusivement à l’assainissement de "ce corps gangrené par plusieurs années de négligence", dira t-il, avant de souligner que "le Président de la République a agit en conformité de ses prérogatives légitimes et n’avait pas besoin de visa pour nommer un gouvernement". Le mot était dit.
Toujours dans cet élan à la raison, le Président de l’Ufp a appelé tous les officiers patriotiques à honorer leurs engagements d’août 2005 et de s’éloigner de tout exerce politique qui pourrait conduire à des situations aux conséquences incalculables pour la Mauritanie.
Ould Maouloud a appelé aussi les frères au sein de ADIL d’œuvrer pour l’intérêt du pays et de se mettre au dialogue pour surmonter leurs divergences. Il s’est dit également étonné de la position de l’opposition qui est manifestement favorable aux auteurs de l’actuelle tentative de putsch politique.
Mohamed Ould Mohamed Lemine

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