Ils veulent boycotter les jeux ? Qu’ils les boycottent donc !...

Par Maître Lô Gourmo Abdoul.
A mesure que se rapproche la date d’ouverture des JO à Pékin, s’intensifie une campagne systématique de dénigrement de la Chine Populaire comme pays organisateur, dans le cercle condescendant des donneurs de leçons occidentaux en matière de droits de l’homme.
Bien sûr, c’est par pur hasard que le Dalaï Lama, Grand combattant de l’harmonie entre les peuples, dont le nom pour l’éternité restera attaché aux grandes causes des peuples opprimés, comme naguère la lutte des peuples indochinois contre ses amis américains, celle du peuple sud africain contre le régime d’apartheid ou de la Palestine encore aujourd’hui contre l’occupation et l’oppression israélienne etc.., fut reçu au Congrès américain, juste avant les troubles de Lhassa, comme un véritable Chef d’Etat d’un Tibet dont nul ne peut ( pas même lui !) contester l’appartenance à la Chine, à quelques semaines du démarrage du fameux périple de la torche olympique.
Pur hasard également si, juste après, le relais est pris par la chancelière allemande pour tenter d’ouvrir le dossier tibétain sur une scène internationale sans voix ou doucereuse devant les massacres de masse de Tsahal à gaza, contre des vieillards, des femmes et des enfants de Palestine.
Pur hasard bien sûr, si, subitement, comme une furie sortie de nulle part, l’étrange révolte des moines tibétains, en complète rupture avec leur profession de foi , va se déchaîner avec une rare violence non seulement contre les autorités en place, mais surtout contre certaines communautés nationales ( les han et les ouigours d’origine musulmane) comme peinent à le reconnaître les grands medias internationaux qui, pour l’occasion, réglés comme du papier à musique, ont ressorti des placards les vieux poncifs politiciens et ethnicistes antichinois de l’époque de la guerre froide voire de l’ère coloniale et leur arme favorite de l’indignation sélective.
Le Darfour devait être le principal cheval de bataille de ceux qui, en occident n’ont jamais supporté de voir une autre nation qu’occidentale mettre en scène une réussite aussi fulgurante qu’exemplaire comme le fait la Chine, avec une déconcertante simplicité et dans le respect le plus scrupuleux des autres peuples du monde, particulièrement ceux d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Kouchner et Rama Yade s’y étaient préparés et s’apprêtaient, avec les amis américains de M. Sarkozy, à assurer le commandement général de l’offensive darfouriste antichinoise, lorsque, patatras, vint à éclater l’énorme scandale de l’arche de Zoe -qui ne révèlera pas de sitôt tous ses grands et petits secrets d’Etat -et l’offensive des rebelles tchadiens et ses suites diplomatico-militaires.
Subitement, la Chine a donc cessé d’être le principal soutien du régime de Khartoum en raison de ses achats pétroliers ( ou du régime Birman pour la même raison) et devant à ce seul titre être voué aux gémonies. Elle redevient elle-même, dans la casuistique des donneurs de leçon occidentaux, en termes de violation des droits de l’homme, par le Tibet. Cette spécification « interne » a un avantage comparatif incommensurable par rapport au Darfour : c’est qu’elle ne suppose plus une évaluation globale des rapports extérieurs de chacun avec tous et de dresser, au besoin, le tableau noir des soutiens aux principaux dictateurs et régimes infractionnels des règles communes de la planète…
Mais, « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère… ».Que ce soit le Darfour ou le Tibet, peu importe. La Chine, de toute façon, devait s’attendre dès le début de son aventure olympique, à une lutte d’image sans merci de la part des milieux intégristes occidentalistes forcenés, contre sa consécration comme grande puissance sereine, pacifique et respectée par les plus humbles, qui tranche tant avec ce que l’histoire a légué de toutes les puissances et a fortiori superpuissances préexistantes. Tel était, tel est en fait, l’enjeu de l’agitation antichinoise actuelle.
Toutes les contradictions de ce monde éclatent dans le sort que d’aucuns voudraient réserver de force à la Chine, en attendant, peut-être, de reprendre la main sur la marche des évènements : la confiner dans son rôle très pratique de pourvoyeuse de croissance mondiale, d’exportatrice de biens de consommation puis de grande consommatrice de produits de haute technologie et de forte valeur ajoutée, tout en reconnaissant aux autres la splendeur exclusive de leur civilisation et l’éclat éternel de leur culture pour ce qui reste à l’humanité de vivre sur cette terre. Un « géant économique » mais un nain politique et culturel : c’est l’actuelle tentative de nipponisation des nations émergentes qui a tant réussi au cours de ces cent dernières années pour le maintien de l’hégémonie occidentale sur la planète et qui fait de toute réussite d’une nation non occidentale, une simple anecdote historique ou un accident de trajectoire dans l’appréhension hégélienne de l’histoire du monde qui domine encore notre univers.
Ceux qui, au nom de leur propre interprétation de l’idéal olympique ont peut-être inspiré les troubles de Lhassa, Katmandou, Paris et Londres, les tentatives de sabotage sur le parcours américain ou tanzanien (par le débauchage d’une prix Nobel Kenyane boycottiste de la dernière minute) de la torche se donnent pour la conscience du monde. Que n’eussent-ils point été aussi pugnaces lorsque les images d’Abou Ghraïb ou de Guantanamo vinrent rappeler ce que pouvait être la responsabilité de la plus grande démocratie représentative du monde -dans laquelle se discute par ailleurs, ouvertement, les conditions d’une légalisation de la torture par simulation de noyade des prisonniers ? Que ne manifestent-ils point leur dépit aux nombreuses occasions que ne cessent de leur offrir les principaux responsables politiques de toutes ces autres violations des droits humains qui nous indignent tout autant au quotidien, nous les peuples des pays faibles et opprimés et qui étranglent le monde de rire de leur menace de boycott …des cérémonies d’ouverture des jeux ?
Partout cependant, sauf à Paris et Londres où Reporters sans Frontières, délaissant son rôle de protection de la juste cause des journalistes de par le monde, joue les gros bras du néoconservatisme et des partisans d’une résurgence dangereuse d’une nouvelle guerre froide aux relents identitaires antichinois évidents, la fête olympique a commencé.
Une poignée d’intégristes néoconservateurs new look tiennent à gâcher la fête, l’une des rares occasions qu’offre encore cette vallée de larmes qu’est notre planète, aux gens de toutes conditions dans tous les pays. La Chine qui l’organise est une puissance pacifique montante qui n’est pas à l’abri des critiques en matière des droits de l’homme et de pluralisme démocratique. Pas plus cependant que nombre de pays qui excellent dans l’art de la communication de masse et le détournement de conscience des gens pour camoufler leur propres détestables pratiques en la matière, par la vertu de la dédramatisation des pires violations des droits de l’homme comme les bombardements de villages entiers ou l’utilisation massive d’armes de guerre prohibées.
Quant à la Chine, en dépit des critiques légitimes dont elle pourrait faire l’objet en ce domaine sensible des droits de l’homme, force est de reconnaître, qu’aucune nation, jamais, n’a fait, en si peu de temps autant d’efforts et de progrès pour améliorer le sort de ses centaines de millions de ressortissants, sans aucun égoïsme vis-à-vis des autres pays moins bien lotis, sans donner la leçon à personne, sans prendre à quiconque, quoi que ce soit de force, dans l’humilité la plus complète. Et l’on voudrait que ceux qui, chez eux-mêmes, n’appliquent pour leurs banlieues ou leurs minorités aucune règle spécifique plus avantageuse, soutiennent des actes d’agression étrangère, occupent les territoires d’autrui et appuient des régimes anti-populaires notoires, que ceux-là poussent le reste du monde à faire sienne leur vertueuse indignation sélective et à s’aplatir devant leur arrogance morale ?...
Naguère, à l’époque pas si lointaine que cela où l’ANC (dont le leader N. Mandela reste encore à ce jour sous le coup de la grotesque accusation de terrorisme aux USA) et l’OLP étaient des mouvements « terroristes » pour nombre des grandes démocraties de ce monde et où le régime d’apartheid était un des fleurons du monde libre, le sport et la politique ne rimaient pas, alors que le commerce et l’indignation vertueuse étaient impérativement détachables et séparés. Nos néoconservateurs occidentaux s’en souviennent-ils ? Les peuples du monde et les progressistes du monde entier eux s’en souviennent encore très clairement, comme si c’était hier.
Les opinions publiques non fanatisées par un matraquage incessant d’une presse aux ordres de grands magnats néoconservateurs connus, aspirent à la paix et à la fraternité des peuples. Elles ont hâte de voir s’ouvrir ces jeux à Pékin, en août 2008, et à vivre un grand évènement dans leur quête d’un bonheur commun. Que ceux qui n’en veulent pas, pour des raisons avouables ou non en tirent eux-mêmes la conclusion : qu’ils ne viennent pas à Pékin, ne détournent pas les symboles sacrés de l’olympisme, ne cherchent pas à éteindre la flamme éternelle du sport de masse et laissent aux autres leur droit d’apprécier l’hospitalité respectueuse d’un grand peuple désormais éveillé. Celui de la Chine.
Maître Lô Gourmo Abdoul

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