Demain, un autre jour

Les Mauritaniens toutes catégories confondues ont enclenché le processus de retour de ses compatriotes abandonnés près de vingt ans durant au Sénégal et au Mali avec l’ouverture mardi des journées de concertation. Ce jour est le point de départ d’une nouvelle époque pour notre pays. Cette nouvelle époque doit être aussi le début d’une nouvelle page dans notre histoire. Une page dont les premières lignes seront écrites par tous les Mauritaniens, pour tous les Mauritaniens et pour toute la Mauritanie. Le temps étant encore très tôt pour juger le déroulement de ces journées, nous pouvons d’ores et déjà féliciter notre peuple de cette victoire de la démocratie contre l’arbitraire, l’imposture et le détournement de la volonté des masses. Notre peuple sera, et à jamais, reconnaissant au président Sidioca si le processus est poussé jusqu’à terme. Nous serons encore plus reconnaissants si tout se déroulait de manière consensuelle, avec la participation de tous (notamment les extrémistes) à l’œuvre commune, dans des conditions normales et selon les us et coutumes démocratiques en usage dans le monde. Les Mauritaniens ont trop souffert dans leur peau. Il est temps que survienne le jour de la réconciliation nationale tant évoquée ! C jour-là, nous saurons réellement que nous sommes un peuple digne de respect et nous pourrons être fiers de notre gouvernement et de notre classe politique. Dès la fin des journées de concertation, la classe politique tant décriée doit, elle aussi, se montrer à la hauteur et marcher main dans la main avec nos leaders des droits de l’homme. Le message qui sortira du Palais des congrès doit être diffusé partout dans le Mauritanie, dans les villes comme dans les coins les plus reculés. Vu les traumatises et les déceptions vécus par notre peuple, les exemples suivis par certains pays d’Afrique après la fin de l’ère des dictatures nous sied le plus. En d’autres termes, les hommes politiques qui s’étaient battus pour la démocratie, la liberté, la justice et l’égalité doivent continuer à se retrouver, discuter et dégager les voies nécessaires pour renforcer le compromis national autour des enjeux nationaux. Ils doivent oublier les petites querelles de clochers et contribuer de manière positive à l’encrage de la démocratie, au raffermissement de l’unité de notre peuple et à trouver des réponses urgentes au défi du développement et de la modernisation de la société. Aucun retour en arrière ne doit être permis. Aucune régression ne doit être tolérée. La Mauritanie doit regarder vers l’avenir en toute confiance. Certains hommes politiques et quelques officiers nostalgiques, faussaires du pacte national qui sera certainement plébiscité à l’issue des assises de ces jour ne doivent plus être en mesure de freiner notre marche. Au Chef de l’Etat, les Mauritaniens doivent apporter leur aide et leur contribution active et engagée pour la réalisation d’un programme sûrement ambitieux pour le pays où tout le monde est traité au même pied d’égalité. Ils doivent d’abord accepter d’être des citoyens unis parce que condamnés à vivre ensemble, égaux devant la loi et à n’agir que conformément à la loi. Ils doivent assumer, chacun en ce qui le concerne, les véritables responsabilités qui incombent aux citoyens dignes de ce nom et de cette qualité : le travail, l’abnégation au service de l’idéal commun et la reconnaissance des vertus de notre diversité culturelle. C’est le gage d’une Mauritanie forte, pacifiée et réconciliée avec elle-même. C’est le requiem pour la liberté et le développement pour notre peuple !
Au président Sidi Ould Cheikh Abdallahi nous dirons tout de même merci pour la témérité et pour le courage avec l’espoir que plus jamais ce qui s’est passé durant les années de braise ne se reproduira plus jamais
Amar Ould Béja

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