La Mauritanie et l’Azawad : L’animal anti-politique

Lorsque Coppolani a été chargé de coloniser la Mauritanie, il a d’abord commencé par débarquer dans l’Azawad. Curieuse stratégie aujourd’hui. Il n’était cependant pas dans son esprit de conquérir la Mauritanie à partir de l’Est. S’il était coquin, il n’était pas nigaud et il faut être l’icône immortalisée par notre littérature orale, Teyba, pour le penser.
On sait que la célèbre douairière, jugée si sage par son entourage qu’elle devint chef de tout un campement, ordonna un jour, pour attraper les corbeaux, d’installer une solide haie de branchages d’arbres tout au tour des agiles volatiles.
Dans la longue histoire mouvementée du grand Sahara de l’Ouest, rares, très rares, ont été les mouvements de conquête d’Est en Ouest. Le mouvement des hommes s’est toujours fait du Nord au Sud ou de l’Ouest vers l’Est.
Exceptionnellement, quelques influx se sont faits du Sud au Nord : le mouvement almoravide de Youssef Ben Tachefine, le fondateur de Marrakech, qui réunit dans un même empire, l’essentiel du Maghreb et de l’Andalousie, et le mouvement de Cheikh Malainine qui proclama une éphémère royauté, également à Marrakech.
Mais c’étaient des appels du vide au Nord, qui nécessitait d’être comblé. Les Almoravides voulaient remédier à l’effritement du royaume des Idrissides et à l’anarchie qui s’en suivi et Cheikh Malainine à la défaillance des Alawites, face à l’avancée des Français.
Hélas, Cheikh Malainine venait trop tard dans un contexte déjà désespéré, après la conférence d’Algésiras où le consensus européen s’était établi et l’Allemagne et la Grande Bretagne avaient levé toute hypothèque à l’occupation du Maroc par la France.
Le discours du Kaiser Guillaume II, l’Empereur d’Allemagne, à Tanger en 1905, avait éveillé un espoir dans la région, d’autant plus que le Sultan Moulaye Abdel Aziz et Cheikh Malainine étaient tous les deux favorables à son pays. Mais les Allemands n’excellent pas en politique. Ils dédaignent, ou ils dédaignaient en tout cas, la politique. Les esprits distingués se destinent à la philosophie ou aux sciences ou à l’Armée. Ils ont malgré tout produit le redoutable Bismarck et le remarquable Willy Brandt.
Coppolani ne pouvait pas venir de l’Est. A partir de quelles bases ? Avec quelles forces sécuriser des lignes de communications et d’approvisionnement aussi longues et assurer ses arrières dans une zone aussi hostile. Coppolani ne pouvait venir que de là où il est venu, du Sénégal où les français sont solidement installés depuis au moins Schmaltz, c’est-à-dire près d’un siècle.
Mais le sac que devait remplir Coppolani est troué de deux côtés : à l’Est et au Nord. Le sac est, généralement, fermé du côté où il y’a la mer et du côté où, au-delà de la frontière, il y’a une population autre. Même une montagne, fut-elle l’Himalaya, ne ferme pas le sac. Elle peut même être une source d’inquiétude. Et un fleuve n’est rien. On ne le rappellera jamais assez, Clausewitz dit : « les exemples d’un fleuve efficacement défendu sont assez rares dans l’histoire ».
L’ouverture du Nord, Coppolani n’avait pas la ressource de la scruter, c’est un canon de fusil : on y regarde une fois, pour mourir. De l’ouverture de l’Est, il fut relativement satisfait. Il parcourut une région qui est semblable physiquement et humainement à celle qu’il projette d’envahir.
Dans sa randonnée, il passait insensiblement de l’Azawad au Hodh et inversement sans que rien ne l’avertit. Il noua quelques relations, contracta quelques conventions hâtives, diffusa sa propagande sous toutes les tentes et notamment que la France respecte l’Islam et, ce qui est plus incongru pour la « grande fille de l’Eglise », qu’elle est l’amie des musulmans.
Comme gage de ses dires, il distribua généreusement sur son passage une grande quantité du livre de louanges et de grâces d’Al Jazouli, le livre de chevet de nos grands-mères, le fameux Dalil El Khairatt. C’est une manière adroite, pensait-il, d’aborder une société musulmane figée depuis treize siècles. Mais l’autre face, la société nomade, est plus complexe. Il découvrit que dans cette dernière la munificence est au sommet des valeurs.
Il n’avait pas pris ses dispositions pour une telle bienfaisance. Ça ne sera que partie remise, il veillera à ce que cette lacune ne se renouvelle pas quand il abordera les Maures à partir de leur autre extrémité, venant cette fois-là de Saint Louis. Tout cela met utilement en situation et donne les effets de dégradé pour la construction du projet qui reste à l’état virtuel et pour lequel il accumule lentement et laborieusement des pierres et du mortier. C’était la manière de Coppolani de mettre la Mauritanie en perspective à partir de l’Azawad et une preuve, ancienne d’un siècle, que toute politique concernant le devenir de notre pays ne peut ignorer l’Azawad.
Pourtant, les dirigeants successifs de l’Etat Mauritanien, qu’ils aient gouverné pendant vingt ans ou quelques années seulement, ont ignoré systématiquement pendant quarante cinq ans cette région et cela, à lui seul, nous renseigne suffisamment sur leurs mentalités, leurs capacités et l’ampleur de leur vision. Ni la puissance du facteur territorial de contiguïté, ni l’omniprésence du facteur d’homogénéité sociale, n’a compté pour ces dirigeants intraitables dans l’erreur.
Ils savent mieux que quiconque et ne demande l’avis de personne. Chefs d’Etat, ils croient s’amoindrir et perdre considération en s’entourant de l’avis de gens qui ne sont pas de leur rang. Par malheur, ils n’ont pas de collègues ici, ils sont donc condamnés à s’emmurer et à la surdité perpétuelle jusqu’au jour où éclate le tonnerre. Dans l’ancien Japon, les puérilités de l’étiquette défendaient le Prince - mais c’était un Dieu - contre le contact des roturiers.
Il a fallu le terrorisme pour nous éveiller à l’Azawad. Nous le découvrons comme s’il était frontalier de la Mongolie et qu’il se soit subitement transporté à notre voisinage. On dirait qu’un mur qui nous barrait la vue et nous empêchait d’entendre s’est effondré avec la déclaration de l’indépendance de l’Azawad par le MNLA, le Mouvement National de Libération de l’Azawad.
La réalité de ce territoire, tout ce qui s’y déroulait, tout ce qui l’agite et l’a agité pendant 50 ans, les drames dont il a été le théâtre, les injustices et les oppressions dont il a été la victime depuis un demi siècle, sous nos fenêtres, tout cela nous le découvrons. Ce que disait G. Duhamel, à titre personnel, peut donc s’appliquer à un Etat ? « Parfois, parce qu’ils sont proches, d’infimes événements me cachent le reste de la terre. Le bruit menu dans la cuisine m’empêche, certains jours, d’entendre le pas des nations qui s’acheminent vers leur destin ».
Nous avons été longtemps malades du Sahara occidental (ex-Espagnol) sans le savoir. Mais la pièce de théâtre permanente que jouait l’Etat nous empêchait d’en prendre conscience. Ce problème n’était pas et surtout ne devait pas être l’un de ses actes.
Les entités sociales, ou les formations sociales, si l’on veut, sont indépendantes de la conscience de leurs membres. L’interaction existe, mais elle est inégale. La formation met des œillères à ses membres et les mène à la cravache, mais contrairement à ce qu’on peut penser, pas de l’avant mais en laisse pour que personne ne dépasse, que le rythme soit celui des trainards, des attardés, de ceux qui pensent peu et craignent l’action.
La tradition, le conformisme et l’habitude sont les enfants chéris de la société et de l’Etat sans vision progressiste. Les individus influent. Mais leur influence est variable. Elle peut se faire après un siècle et n’intéresse que d’hypothétiques « générations futures », comme il arrive qu’elle veuille délivrer les vivants, alors elle prend les apparences de la folie et la réalité et l’âpreté du creusement d’un tunnel sous la montagne de l’Adrar.
Ceux, les premiers, qui ont façonné la vase dont est sorti la Mauritanie étaient du premier ordre : ils ont une infinie compassion pour les « générations futures » et une imperturbable indifférence vis-à-vis des vivants, de l’inégalité, de la misère, de l’injustice, de la domination et de l’incomplétude de la base de leur construction - pas dans le sens hypothéticodéductif mais physique.
Mais les déficiences que l’Etat inhibe sont prégnantes dans la société, elles ne s’éliminent pas à volonté, la société et les individus les ressentent comme des malaises ou des maladies sans symptômes discernables.
Dans ce genre de contextes pathogènes, rien ne se résout, tout s’accumule, rien n’avance. Quand on décide de faire mouvement on s’aperçoit toujours avec retard qu’on est engagé dans une impasse et l’effort pour revenir au point de départ est plus éprouvant et plus déprimant que l’offensive initiale. Le résultat est le scepticisme généralisé, le manque de confiance en la réussite de toute entreprise, de toute idée et la défiance à l’égard de tous ceux qui s’accrochent à un idéal élevé. C’est en d’autres termes la paralysie.
Tant qu’on n’a pas remédié aux maux initiaux ou au mal originel, on restera égaré, ou victime de la somnolence, ça poursuit toute la vie. Napoléon soulignait que la bataille de Waterloo, qui l’avait perdu, avait été perdue en Inde au siècle précédent par un veule Louis XV. Qui relèvera les causes lointaines de nos batailles perdues ?
Notre « mal au Sahara occidental » (ex-espagnol) certains d’entre nous, il est vrai peu nombreux, s’en sont rendus compte en 1970 lors du mouvement de Zemla. L’Etat, lui, a préféré continuer à l’ignorer et à l’approcher par là où il ne fallait surtout pas, comme un problème de décolonisation anonyme, comme s’il concernait la Papouasie – Nouvelle Guinée.
C’était justement en 1970 qu’il fallait déclencher la guerre pour libérer le Sahara du colonialisme espagnol. La face de la région entière en aurait été changée.
Supposons seulement que le millier de morts et le rapport correspondant, de 2 à 3 fois, de blessés avait été pour la libération du Sahara, le pays aurait été aujourd’hui différent et infiniment meilleur et surtout notre moral ne serait pas le même.
C’est en 1970 que nous avons raté l’affaire du Sahara et que nous avons définitivement failli à notre devoir. Il semble qu’en politique, il y’ait un seul instant optimal où l’action est pleinement adéquate et proportionnée à l’objectif. Si on ne le saisit pas – ou on ne s’en aperçoit même pas - passé ce moment, les autres occurrences ne sont plus que des remaques du hapax originel et les efforts à fournir deviennent hors de portée, avec de faibles résultats, pouvant même devenir insignifiants, voire nuisibles.
Une action politique n’est presque jamais neutre, elle pèse d’une manière ou d’une autre dans la balance, à un degré ou à un autre, sur le court terme ou sur le long, soit de manière stimulante, soit de manière déprimante.
Le mouvement de Zemla est la première insurrection consciente contre le colonialisme espagnol, dirigée par le premier leader nationaliste saharoui : Bassiri. Bassiri est d’ailleurs mort à cette occasion sous la torture de la police de Franco. Pas la moindre protestation ne s’était élevée, à l’époque, contre ce crime. Ceux qui ont fui la répression franquiste craignaient tout au tant les carabiniers espagnols que la gendarmerie mauritanienne. Heureusement que le sac est troué au Nord.
Les rescapés ont pu se fondre dans la population. Le Front Populaire de Libération de la Saguiya El Hamra et du Rio de Oro s’est constitué dans la foulée, sous la protection d’anonymes mauritaniens, toutefois dans la crainte d’être découvert par les autorités mauritaniennes. Les premières lettres sur entête furent adressées à tous les pays arabes et à d’autres dans l’année de Zemla.
Les manifestations populaires de soutien à la libération de cette région qui se sont déroulées à Nouakchott, en juin 1970 et les années suivantes, en commémoration du mouvement de Zemla ont été réprimées par la police de la même manière que celles qui réclamaient la nationalisation de la MIFERMA ou l’officialisation de la langue écrite du pays, l’arabe, ou celles qui commémoraient le massacre des travailleurs de Zouerate.
Le premier congrès du front Polisario s’est tenu à Zouerate dans la clandestinité et dans l’angoisse que les congressistes ne soient livrés à l’Espagne de Franco. Lorsque le stupide partage et l’odieuse guerre du Sahara Occidental eurent lieu, l’Etat mauritanien, désemparé, donna toute la mesure de son imprévoyance et de son incompétence. Il était tombé dans la fameuse mare de Zeft (goudron) dont on ne sort jamais.
Du coté des populations sahraouies il n’avait pas le moindre soutien et pourquoi en aurait-il ? Sur dix sept ans d’existence, de 1958 et 1975, il les a ignorées, faisant comme si le temps allait les faire disparaître.
Mais les peuples qui ont une longue tradition de lutte et de résistance ne meurent jamais. La moindre des choses eût été de ne pas leur rappeler ce qu’ils ne savent faire que trop, la guerre, ce qui est inscrit, depuis toujours, dans leurs caractères ataviques. Ce n’est pas la même chose quand, tout petit, votre mère vous endort avec des contes sur les animaux sauvages et que votre mère vous conte comment son père a encerclé des ennemis, comme son grand père est mort en héros après avoir tué 10 ennemis, comment son frère a conçu un stratagème pour mettre seul en déroute 5 hommes armés.
On n’aurait jamais dû oublier que les Sahraouis sont des Maures et des Maures qui n’ont pas subi la domestication qui s’est déchaînée à partir de 1958. Le mouvement du 10 juillet mit fin à la guerre fratricide et au bain de sang. C’était la moindre des choses. Mais le mal initial, que la guerre du Sahara a profondément aggravé, reste. Il nous poursuivra tant qu’un grand élan de fraternité et de générosité n’aura pas mis fin, dans notre conscience collective, à ce sentiment d’avoir manqué, gravement et durablement, au devoir.
Malheureusement, nous découvrons avec l’Azawad que le passif de manquements au devoir à l’égard des frères et les défaillances de l’Etat, né en 1958 du Non à l’indépendance et Oui à la communauté coloniale, sont plus étendus qu’on ne le croyait, comme si le prix Nobel Suédois, Martinson, parlait pour nous. « Nous commençons à pressentir, dit-il, que notre égarement est encore plus profond que nous ne l’avions d’abord cru ». Il parlait évidement d’autres choses, mais ses mots s’appliquent au contexte.
Qui peut s’étonner de l’état malheureux où nous nous sommes trouvés plus d’une fois et du réveil fréquent en sursaut avec des horizons bouchés ?
Ceux qui ont posé les premiers jalons, ont érigé cette règle : les questions sérieuses, a fortiori les questions graves, ne se discutent pas, l’avenir lointain ne s’aborde pas en termes de projection ou de prospective politique. Tout ce domaine relève de l’Unique (Chef de l’Etat). Les successeurs venant toujours en catastrophe, en pompiers dans les conditions les moins optimales, entérinent une solide tradition établie et les collaborateurs précédents, toujours présents, achèvent de l’inoculer à demi-mots ou par des silences plus éloquents encore que les discours de Qhis Ibn Saida Al Iyady.
Mais, en politique, on n’a encore rien trouvé pour faire éclater la vérité, ou s’en approcher ou éviter les erreurs ou du moins s’épargner de graves dangers, que la discussion. La discussion et l’étude constituent le laboratoire de la politique. Plus une question est impénétrable et opaque, plus elle recèle de dangers et de craintes dans l’avenir lointain, plus elle est digne d’examen et d’étude.
Ce qui distingue l’Etat des autres formes de pouvoir c’est principalement cette vision lointaine dite stratégique, cette prévoyance qui évite la traîtrise des surprises et des mauvais réveils.
La discussion a le mérite ou la propriété de faire éclater la vérité, mais ça ne signifie par qu’on doit aborder le premier venu, ou le dernier venu, pour le faire participer comme si le jaillissement de la vérité pouvait sortir de la tête de n’importe qui ou de n’importe quelle assemblée. Les conditions d’une discussion productive sont, après cette chose indéfinissable qu’on appelle le sérieux, une espèce d’aura qui se dégage de la personne, l’honnêteté intellectuelle et la compétence et pas n’importe laquelle : l’idoine. La politique, comme toute matière, a besoin de ses professionnels, pas forcément qui en vivent mais qui en font nécessairement leur ordinaire, pas dans le sens militaire mais liturgique.
C’est un domaine où l’adresse et le doigté du chirurgien paraissent grossiers parce que celui-ci, au moins, travaille sur le concret, le politique opère parfois ayant pour seul appui un nuage et sous une clarté crépusculaire. Il en est ainsi dans cette matière fluide et qu’il faut pourtant puiser avec les doigts écartés.
Certains esprits soutiennent l’insoutenable. Ils affirment qu’il faut se méfier des politiques ou écarter les politiques. Avec cette logique on finira bien un jour par dire que le gouvernement est inutile et que la foule chamarrée aux revendications purement socio-économiques, qu’on voit devant la Présidence de temps en temps, peut s’occuper aussi des affaires du pays.
C’est aussi comme si on disait, parce qu’il y a des gens qui meurent à l’hôpital, qu’il faut en éloigner les médecins. La situation va être intenable, l’hôpital va être un mouroir, à supposer qu’il y ait encore des patients qui acceptent d’y entrer. C’est exactement la même chose. Avec cette différence seulement que l’une des activités se déroule dans le concret visible pour les gens simples du cru, l’autre se déroule dans l’abstrait avec des dégâts plus désastreux parce que plus généraux, concernant les malades et les sains, dans tous les domaines.
Porter un jugement uniforme sur les politiques, suppose qu’ils constituent une sorte de cabale aux objectifs communs cachés. Or, les politiques sont les gens les moins unis de la terre, chez nous comme ailleurs. S’ils tombaient d’accord, ils seraient des politiciens, c’est-à-dire ceux qui prennent la politique pour une vache laitière. Le politicien est prêt à tous les accords pourvu qu’il ait une mamelle à téter. Les politiques, sans être unis, ont malgré tout un code commun non écrit. Ceux qui le transgressent tombent dans l’autre catégorie, celle de l’indignité. C’est suffisant comme sanction.
Si la classe politique ne se munit pas d’un code professionnel ou d’honneur, c’est comme on voudra, - qui n’est jamais écrit - supposant un minimum de retenue et d’urbanité, permettant de développer des aptitudes politiques parmi les entrants, préservant une tradition inspirée par l’expérience et le bon sens, la politique devient une foire à empoigne misérable et sans considération et l’Etat, à sa suite, une tour de Babel où on s’aborde à coup d’injures grossières. S’il n’y a pas un processus sévère de sélection au départ et d’épuration en cours de route, excluant les outres gonflées de vent et les idiots du campement, on en viendra à substituer au débat d’idées le corps à corps physique et les coups de poings et de gourdins.
On n’aura plus alors affaire à « l’animal politique », à la fidélité aléatoire, certes, ayant mille tours dans son sac, craint peut-être, cependant courtois et respecté, mais à ce qu’on a appelé parfois « l’animal anti-politique », élémentaire en tout, qui dégoûte de la politique et de la vie.
A suivre II. Ceux qui crient
Par Mohamed Yehdih O. Breideleil
Nouakchott info

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