Désamorcer la "crise"

dimanche 22 juillet 2012

Jamais un régime politique n’a autant fait l’unanimité contre lui en Mauritanie que l’actuel gouvernement. C’est peut-être même son point fort. Il est tellement impopulaire qu’il se nourrit et se renforce de la haine que lui vouent une écrasante partie des Mauritaniens. Toutes régions, ethnies et groupes confondus.

"Ayant toujours suivi avec attention et objectivité les trajectoires de tous les pouvoirs qui se sont succédés dans ce pays, je n’ai jamais vu autant de contestation, de remises en cause et souvent même de haine si affichées contre un pouvoir en exercice" ! C’est l’avis d’un important baron de la majorité qui passe pourtant tout son temps à vouloir corriger les erreurs de ses maîtres du moment desquels il attend tout et rien.

Selon cet homme "transversal", le problème du pouvoir actuel est qu’il ne dispose pas de vision, ni de méthode et pêche par un dédain sordide qu’il affiche vis-à-vis du petit peuple qu’il tente d’amadouer par des gesticulations populistes, farfelues et sans suite. Pire, il n’hésite jamais à aller jusqu’au bout de la cruauté pour des futilités, juste pour monter la face hideuse de la brutalité et de la force qu’il croit seul remède aux maux des moutons que nous sommes.

L’homme évoque, pêle-mêle, les répressions disproportionnées des manifestations pacifiques à Nouakchott et à l’intérieur, revient sur l’épisode du meurtre jusque-là non élucidé de Lamine Mangane à Maghama auquel s’ajoute une série d’assassinats dont les derniers sont ceux de Nouakchott aux début du mois de juin et celui, plus récent, de Ould Machdhoufi à Akjoujt. Au nom de quelle Mauritanie a-t-on commandité et ordonné le meurtre de ces citoyens qui n’ont fait que demander ce qu’ils croient être leur droit à la dignité, à l’égalité, à la justice et à la juste et d’équitable rémunération ? L’homme se lamente aussi des morts par négligence enregistrées depuis 2008 dont la dernière en date est celle des occupants du petit avion du 12 juillet et considère que c’était le "crash" et la "fatalité" de trop pour un régime qui a rendu la coupe pleine de larmes et de sang. Elle est tellement pleine la coupe que la jarre risque d’imploser sans crier gare, ajoute l’homme "mécontent" !

Poursuivant sa causerie, l’interlocuteur qui tient à garder l’anonymat, met en cause tout le système. Un système qui a fini par avoir raison du président qui semblait pourtant - en début de règne- indépendant de ce même système. Notre interlocuteur lui reproche le manque de lucidité, la fougue excessive, la précipitation dans la décision, le manque de la concertation et surtout l’amour effréné pour l’isolement. Il lui reproche aussi un autre amour ; celui dont il est accusé - à tort ou à raison par une partie du peuple - l’amour effréné pour les biens matériels d’ici bas. Notre interlocuteur dénonce aussi l’action prédatrice que mènent certains proches des entourages social et politique du chef qui ne peuvent plus avoir même la décence de se cacher pour commettre leurs forfaits. Ils se sucrent à coup de milliards en important à moindres frais, en pillant, en négociant des pots de vin et en bradant nos ressources alors que le petit peuple crève. Même la classe moyenne affaiblie, appauvrie et découragée n’arrive plus à avoir la force de tirer le diable par ces dix queues. C’est pour dire combien la situation économique est asphyxiante pour l’écrasante majorité du peuple.

Les crises se multiplient et les solutions de les désamorcer ne semblent pas recherchées. La Direction politique gère (et très mal) le difficile quotidien d’un pays meurtri pas ses juntes et son élite. Aucune perspective autre. Nombreux sont ceux qui pensent aujourd’hui que cette solution réside dans la "révolte", seule perspective offerte aux Mauritaniens, car toutes les voies de compromis sont perverties et deviennent systématiquement un chapitre de compromissions.

Aujourd’hui, dit le militant blessé, tout le monde en a ras-le-bol. Nous avons comme l’impression que le pays est en train de foutre le camp vu la multiplication des foyers de tension aussi bien à l’intérieur que partout autour de nous. Ceux qui gouvernent ne semblent pas savoir ce qu’ils font. Ils se contentent juste de suivre la "vague laudatrice", d’obéir à des "instructions" que ne comprennent même pas ceux qui les ont données.

Il tangue le petit navire de la Mauritanie, et risque de chavirer alors que tout le monde regarde et prend sa place, tranquillement dans le radeau qui risque de nous conduire, fatalement, à une fin probablement triste après une courte, très courte aventure de moins de 55 ans de navigation à vue ! Je te pleurs mon pays.

Amar Ould Béjà

lauthentic.info




 3e congrès de l'UFP


Déclaration de Politique générale (document d’orientation stratégique)


Statuts (issus du 3e Congrès ordinaire)


Rapport moral de Mohamed Ould Maouloud, au 3e Congrès de l’UFP


Sessions Bureau exécutif

Communiqué de Presse : Session extraordinaire du B.E. du 21 au 25 février 2013


Réunion du BN : RÉSOLUTION SUR LA QUESTION NATIONALE


RÉSOLUTION SUR LA SITUATION GÉNÉRALE DU PAYS


RÉSOLUTION SUR LA SITUATION AU MALI


Résolution sur la crise des institutions démocratiques et les élections



Brèves

11 avril 2012 - On vient d’immortaliser Aziz une dernière fois…

Un acrostiche est une pièce de vers composée de telle sorte qu’en lisant la première lettre de (...)

6 février 2007 - Une photo de Patrice Terraz

Un vieux saunier de la Sebkha d’Idjil

5 février 2007 - Résultats généraux des sénatoriales

Après publication du résultas du 2e tour des élections sénatoriales qui ont eu lieu le 4 février (...)

Les Réunions du Bureau National


TVM, Grand Débat : Ould Horma face à Gurmo Lo



Statistiques

Dernière mise à jour

lundi 17 juin 2013

Publication

4130 Articles
2 Albums photo
26 Brèves
2 Sites Web
4 Auteurs

Visites

90 aujourd'hui
160 hier
49640 depuis le début
9 visiteurs actuellement connectés