Biladi : "ce n’est plus acceptable..."

Résultat du règne des militaires : "... un fiasco, un désastre, une véritable catastrophe qui se perpétue …" "Nos élites doivent cesser de rouler pour le diable"
Le 10 juillet 1978, nos militaires, englués dans la guerre du Sahara, décidèrent de déposer le premier président de la République et prendre le pouvoir pour ne jamais le quitter. A l’exception de l’intermède des seize mois du président Sidi Ould Cheikh Abdellahi, le pouvoir n’a été exercé chez nous, les dernières trente quatre années, que par des militaires.
Formés, à l’origine, pour défendre le pays et faire la guerre, si une guerre venait à s’imposer, les militaires mauritaniens ont pris donc l’habitude de ne faire, ni l’une, ni l’autre de leurs missions. Mais plutôt de faire la politique et exercer le pouvoir. Le résultat : un fiasco, un désastre, une véritable catastrophe qui se perpétue … Bien sûr, ce sont des mauritaniens, comme tous les autres, mais ils n’ont pas été, tout simplement, tout sérieusement, préparés pour gérer les Etats. Ils ont été formés pour autre chose que la politique qui est destinée aux civils.
On ne dit pas cette remarque pour dénigrer nos militaires, ce sont nos frères, nos fils, nos amis… Nous les aimons comme militaires, pas en tant que dirigeants politiques qui gèrent l’Etat dans toute sa complexité : ses hommes, se relations avec les autres, ses problèmes, ses richesses…
On ne peut pas continuer à être gérés au 21ème siècle par la logique de la force et des armes. Ce n’est pas parce qu’on dispose d’armes qu’on s’arroge le droit de s’approprier un Etat. Cette logique stupide est dépassée. L’Egypte, le plus grand pays arabe, vient d’élire un civil au pouvoir, après vingt ans de pouvoir militaires, qui l’ont ruiné. Sa révolution ouvre des perspectives réelles devant les peuples arabes qui commencent à comprendre que la dictature n’est pas une fatalité pour les peuples.
Les militaires doivent, eux aussi, comprendre que les temps ont évolué et que les peuples exigent désormais des résultats de ceux qui les gouvernent. Il n’est plus possible d’arriver au pouvoir, sans idées ni idéal, mais uniquement pour l’amour du pouvoir. Non, ce n’est plus possible et ce n’est plus acceptable. Nous voulons la démocratie, nous exigeons la démocratie…
Il est temps que nos élites, passées maitres dans l’art la légalisation ou la mise en forme des pouvoirs militaires, comprennent qu’ils doivent cesser de rouler pour le ‘’diable’’. Ils doivent avoir une certaine idée ‘’républicaine’’ pour leur nation. Tout le monde doit cesser de mentir et de trahir son pays : le pouvoir kaki était une catastrophe pour la Mauritanie. Il l’est toujours. Quels que soient les oripeaux dont pourraient se draper un militaire. On a tout vu. On doit désormais penser de faire la politique autrement pour rebâtir notre nation. Autrement…

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