Eviter le chaos au nord Mali
La situation au nord Mali continue de préoccuper, en premier lieu, les pays de notre zone. La proclamation unilatérale par les irrédentistes touarègues d’un Etat indépendant de l’Azawad a brouillé toutes les cartes. D’autant plus que cet Etat, jusque-là fantomatique, n’a servi qu’à livrer une partie de ce grand pays, le Mali, à des bandes de terroristes islamistes, faisant de notre région un Afghanistan bis ou, dans le meilleur des cas, une Somalie en puissance. Le MNLA, qui s’est proclamé seule force politique légitime parlant au nom de la zone ne représente, en réalité, qu’une infime partie des populations touarègues qui ne dépassent pourtant pas 15% des gens de l’Azawad.
Fortement marqués par l’idéologie politique de Kadhafi, formés dans son moule, armés et structurés par la défunte Jamahiriya, ces nationalistes chauvins à deux sous, tentent d’imposer une nouvelle donne géo-politique dans la région en comptant sur des complicités régionales irresponsables et sur des sympathies "exotiques" en Occident notamment dans certains milieux hexagonaux.
Après avoir pillé l’arsenal libyen, fructifié les ressources amassées du trafic de la drogue, de la cigarette, des clandestins et d’autres produits prohibés, les logisticiens de l’Aqmi, transformés en mouvement politique, s’imposent par la force brutale face aux Arabes, aux Songhai et aux Peuls à qui ils veulent imposer une option qui n’aboutira pas. Et si elle devait aboutir, les Etats de la région devraient se préparer à la désintégration selon le jeu des dominos. Partout, dans la région comme dans les autres régions d’Afrique, des minorités plus éveillées, plus structurées et plus marginalisées que les touarègues subissent le joug d’Etats dominateurs et oppresseurs, parfois même carrément racistes et pratiquant des politiques assimilables, à bien des égards, à un Apartheid silencieux ! Faudrait-il alors se préparer au pire ? Certainement…
Laisser un Etat fantomatique s’installer au nord Mali est un signal fort adressé aux groupes terroristes islamistes qui ne se contenteront pas seulement de la conquête facile de l’Azawad mais à moyen ou long terme, de parcelles tirées des régions environnantes. Ils s’élargiront bien à l’ouest vers la Mauritanie et plus au nord-est vers le Niger. L’Algérie, puissant voisin, mais jusque-là inerte, n’échappera pas à l’onde de choc. Ses propres terroristes qui sont à l’origine de toute cette bérézina seront toujours tentés de conquérir le pays, comme ils avaient voulu le faire dans les années 90. Fort de leurs troupes et des soutiens qu’ils engrangeront ici et ailleurs dans lez monde, qui pourrait les en empêcher ?
Maintenant que l’enjeu est plus que clair pour tous, les pays qui avaient soutenu le MNLA et qui avaient fini par se retrouver dans les draps de Ansar Eddine et, donc, dans l’antichambre de l’Aqmi, doivent faire amende honorable. Surtout la Mauritanie qui avait ouvertement "sponsorisé" le mouvement lequel qui a fini par lui tourner le dos en faveur des islamistes radicaux.
Notre pays se doit de se désolidariser ouvertement du MNLA, d’apporter tout appui aux démarches internationales en cours pour déloger les terroristes de leur antre. Il ne sert à rien de comploter avec les Songhais ou de caresser les arabes du Mali au sens du poil. Le coche était perdu dès le départ quand on a permis au MNLA de déstabiliser politiquement et médiatiquement le pouvoir central de Bamako. Les "Boys" de ce mouvement qui se pavanaient à Nouakchott ou à Paris, sans aucune maîtrise du terrain, constituaient une machine à propagande qui reliait l’avancée silencieuse des milices de Iyad Ag Ghali et en revendiquant ses avancées au nom de leur coquille. Vivement donc une résolution des Nations Unies et une action coordonnée de la CEDEAO pour rétablir l’intégrité territoriale du Mali et chasser les terroristes loin de nos terres. Le reste n’est qu’une question de petits détails et des réglages de diplomates-orfèvres !
Amar Ould Béjà lauthentic.info

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