La Moubadara du Président Messoud (suite 2)

Cette Initiative, à laquelle chaque camp veut attribuer des objectifs, différents de ceux que lui assigne son propre promoteur, continue de se maintenir en bonne place sur tous médias indépendants.
La COD, principal destinataire de la Moubadara, lui a réservé, jusqu’à présent, des réponses « protocolaires », de forme, qui constituent, pour l’essentiel un renvoi d’ascenseur aux excuses qu’a présentées M. Messoud à ses anciens camarades de l’opposition démocratique, en particulier au Président du RFD, en prélude à la mise sur le marché de cette initiative.
La réponse officielle et collective de la COD, attend les résultats des analyses que les états major des différents partis feront d’une offre aussi audacieuse. Mais, comme à l’accoutumé, la rue prend le devant et propose ses propres réponses, qu’elle attribue à qui elle veut et suivant de quel côté elle se trouve. Selon cette lecture de la rue, la COD, largement « vaccinée » par l’exemple de l’accord de Dakar et ce qui l’a suivi, aurait de sérieux doutes sur le niveau d’implication du Président Aziz et sur la fiabilité des garanties qu’il donnerait pour que le Gouvernement que propose Messoud, puisse se constituer et agir en toute liberté pour conduire la transition et à aboutir à des élections dont les résultats engageraient toutes les parties. C’est d’ailleurs face à ces hésitations que la COD demanderait la seule garantie qui vaille, c’est dire un engagement écrit par lequel le Président Aziz renoncerait à briguer un deuxième mandat.
En échos à ces supputations de la rue, le Président Messoud, qui n’est pas homme à louper les premiers trains, commence à jeter (à la rue) quelques bribes de réponses anticipées qui ont leur poids. Il déclare, dés sa sortie du siège du RFD, avoir proposé sa démarche à Ould Abdel Aziz, « comme à n’importe quelle autre partie ». Hier dans un meeting de l’APP, il énumérait les difficultés auxquelles il fait face pour réunir au tour d’une même table « une COD qui ne veut rien que la destitution du Président par la rue et un Aziz qui ne veut jamais écouter les points de vue de ses adversaires politiques ». A ce stade là, on peut simplement affirmer que les sourds n’ont pas encore parlé pour se faire entendre.
Moins sourde, la majorité présidentielle, oubliée par Messoud et négligée par son propre Président, commence à laisser filtrer un probable rejet de l’initiative, si elle lui était proposée.
D’ailleurs, cette fuite de la rue (toujours elle !), serait proche de la position d’El Wiam de Boidjel, mécontent de ne pas avoir été associé à l’Initiative, lui le jumeau de l’APP, en matière de dialogue.
Comme quoi, si l’un des objectifs, malsains que l’on prête à la Moubadara, était de faire « mouiller les ailes » de la COD, pour entamer sa combativité et son unité, la contagion menace d’atteindre d’autres formations politiques, moins vulnérables, en apparence.
Soueylem Val

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