Assassins et complices (II)

dimanche 17 juin 2012

De fâcheuses coquilles ont terni notre " Ligne de Mire " du lundi dont une partie avait sauté lors de la mise en page. Nous nous en excusons auprès de nos lecteurs et leur proposons la version complète et corrigée de ce texte.

Face à la petite tempête dans un verre d’eau fissuré suscitée par les propos prêtés au Colonel Ely Ould Mohamed Vall, la colonne nègre du pouvoir a, elle aussi, raté une belle occasion de se taire. Elle devait se taire, ne serait-ce que par pudeur. Elle qui a sacrifié la dignité et la grandeur de sa communauté pour assouvir de cupides et lâches ambitions personnelles. Continuant de profiter, seule, de ces manèges faits de compromissions et de trahisons, cette colonne est connue de tous. Elle devait, par honte, fermer sa gu… par respect pour la mémoire des milliers de nos compatriotes sacrifiés sur l’autel de leur cupidité criminelle.

En se portant sur la scène publique et en acceptant d’être instrumentalisés de la sorte, les "Toucouleurs de l’UPR", comme les appelle la presse électronique, montrent à la Mauritanie une autre hideuse manière de faire la politique. Celle de marcher, tête baissée, le ventre en avant et la raison mise entre parenthèses. Celle de ramper en tendant le cou et pendant la langue à la recherche du courtier politique le plus offrant.

Toute honte bue, ne reculant devant aucune forme d’humiliation, même pas celle pouvant les conduire dans les insidieux chemins de la non vertu, les apôtres du "zoulouisme" et autres rescapés des "VF" à dix mille âmes, refont surface. Renforcés par de nouveaux bataillons de laudateurs/ ère nouvelle, ils ont tenté d’embrigader la communauté négro-mauritanienne dans une bataille marginale qui ne la regarde pas. Cette bataille n’est donc pas la leur. Du moins dans les formes qui lui ont été données à travers la mascarade de la cabale contre Ely. Au fond, le cas de Ely, n’est, ni plus ni moins, qu’un règlement de comptes entre des anciens militaires, de surcroît cousins. Il ne sert dès lors à rien de se voiler la face et d’agir, comme de crasseux mercenaires, au service de gens tapis dans l’ombre qui n’ont pas le courage d’affronter face à face l’ex-puissant DGSN. Prenant prétexte des propos prêtés à Ely Ould Mohamed Vall, les sbires du régime, dans une certaine partie de la Vallée, ont organisé une marche achevée par un meeting pour soi-disant dénoncer l’ancien chef de l’Etat. Ils ont rouspété, insulté, évoqué les grandes épopées creuses du verbiage du PRDS pour l’incriminer dans des crimes dont les auteurs, connus et identifiés, se pavanent encore au sommet des hiérarchies administratives, sécuritaires et militaires. En agissant de la sorte, les " Toucouleurs de Aziz " ont tenté de mettre le feu en la demeure, invoquant jusqu’à l’apocalypse. Pourtant, à y voir de plus près, cet ancien chef d’Etat, n’avait dit que des choses que ces indignés de la dernière minute ont toujours entendues sans jamais broncher. Où étaient-ils quand pendant de longs mois le rapatriement de nos compatriotes du Sénégal avait été suspendu Qu’ont-ils dit lorsque le ministre de l’intérieur niait jusqu’à l’existence de réfugiés mauritaniens au Mali ? Pourquoi n’exigent-ils pas que la fameuse opération d’identification soit menée avec la participation des représentants des associations des familles des victimes et des organisations neutres des droits de l’homme ?

Plus grave, certains parmi eux, aujourd’hui dressés pour jouer aux indignés vertueux, avaient même dit et fait pire que Ely à l’égard de la communauté négro-africaine qu’ils prétendent défendre. Tout le monde se rappelle encore, comme si c’était encore hier, les déclarations de certains parmi eux, en 1989. Maintes fois sollicités par le pouvoir en place à l’époque, ils s’étaient finalement transformés en avocats inconditionnels et fidèles de la cause des " purgeurs ". A la Radio et à TVM, comme lors des meetings populaires, ils avaient alors soutenu, mordicus, que tous les gens qui s’étaient retrouvés au Sénégal y étaient parce qu’ils étaient sénégalais, donc étrangers ou menaçaient la sécurité du pays par leur appartenance supposée à telle ou telle organisation. D’autres parmi eux avaient même été les initiateurs de la fameuse loi d’amnistie de 1993. D’autres encore avaient fait le tour du monde pour convaincre l’humanité entière qu’en Mauritanie, il n’ y a jamais eu de 89, ni de passif humanitaire, ni d’esclavage, ni barbarie, ni torture, ni déni de droits et encore moins de discriminations. Leurs " tournées " à Vienne, Banjul, Alger, Genève, Durban, Paris, New York et ailleurs sont connues de tous. L’affaire des babouches et des c... de Bruxelles est encore présente dans toutes les mémoires des opprimés et des justes engagés dans ce pays !

Comme si le ridicule ne tuait plus chez les "Toucouleurs de l’UPR", des hommes se présentant prétendument comme étant populaires dans la société Halpulaar sont montés sur des chevaux de guerre pour vilipender Ely. Pourtant, la plupart d’entre eux sont connus pour avoir été des clients éternels des services de renseignements auxquels ils vendaient des mèches souvent réelles, mais le plus souvent imaginaires sur le compte des leurs, donnant ainsi aux enragés de la denégrification le parfait alibi qu’ils ne cherchent jamais à corroborer par des preuves irréfutables pour fonder leur arbitraire orienté. A ce titre, ils ont longtemps brouté des mains de Ely à qui ils doivent leurs ascensions antérieures dans l’administration.

Ils auraient dû être plus décents, plus respectueux d’eux-mêmes, au lieu de se livrer à ce tragi-comique exercice qui les décrédibilise et les dévalorise eux qui doivent maintenant penser plus à l’au-delà qu’aux vils petits et mesquins privilèges de ce bas monde de plus en plus nauséabond.

Au lieu de chercher des poux morts dans la tête de Ely, les nègres du système devaient plutôt interpeller leurs maîtres du moment sur la situation de plus en plus tragique que vit le pays en général et les négro-mauritaniens en particulier. L’opium de la supercherie de trop ne sera d’aucun effet. Les populations Halpulaareen meurtries, ne suivront pas. Elles qui aspirent à voir la vérité, toute la vérité, sur ces évènements éclater au grand jour ne seront pas distraites par ces agitations qui suscitent, à la fois, la pitié et le dédain. Et si les instigateurs de la mascarade du samedi soir sont si attachés aux valeurs et idéaux qu’ils leur prêtent, qu’ils instruisent leur majorité pour abroger la loi d’amnistie de 1993 autorise l’ouverture d’une large commission d’enquête pour élucider les circonstances de ces crimes avant de traduire leurs auteurs devant les tribunaux au lieu d’en faire ses fidèles collaborateurs qu’il décore périodiquement ! Aujourd’hui, les choses sont claires.

Les leaders qui avaient toujours triché par un discours égoïste, faussement progressiste, sont connus. Le subterfuge ne tient plus. Les agitateurs qui n’ont plus que les thèmes opportunistes à nous vendre ne doivent plus avoir les dragées hautes au niveau des sphères publiques.

Les forces démocratiques et modernistes de notre société se doivent de s’unir pour apporter la contradiction et la bonne parole face aux mensonges ventilés par les oiseaux de mauvais augure qui instrumentalisent la blessure de tout un peuple dans l’espoir de solder des comptes politiques trichés. Le discours de la haine, de la division et du mensonge à ciel ouvert ne doit pas payer. La Mauritanie mérite plus que le désolant spectacle que veulent lui proposer les hypocrites agitateurs de tous bords, ennemis de la démocratie, de la justice et du développement.

Amar Ould Beja

lauthentic.info



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