Le président, les journalistes et les poètes

mardi 24 avril 2012

En s’en prenant aux journalistes lors d’une discussion "off" avec l’un des nôtres, mais aussi pendant l’interview qu’il a accordé il y a une semaine à un groupe de journalistes français, le Président Ould Abdel Aziz ne mesurait, peut-être pas, les portées de sa "moquerie". Dans cette même interview, le président dira plus tard, publiquement cette fois que la "Mauritanie comptait trop de poètes et assez peu de techniciens". Les poètes y ont vu une insulte et les journalistes une "hogra" !

Résultat  : des poètes et des journalistes se sont mesurés à la "taille" du Président à qui ils ont restitué ses galons de "général".

Pour tous, Aziz a failli à un code d’honneur aussi bien social que politique dans ce pays. Et ce n’est pas la première fois, que le président agirait de la sorte. Et d’aucuns de constater que même si l’homme s’est inscrit dans la logique de "l’hérésie" en se prenant aux journalistes et en minimisant le rôle social des poètes, choses qu’aucun président n’avait fait avant lui, il avait aussi renversé le régime démocratique du pays après qu’il ait été démis de ses fonctions de chef d’état-major particulier. Alors, l’homme est familier de ce genre de "propos" et de "comportement".

Pourquoi lui en vouloir s’il n’a fait que ce qu’il avait l’habitude de faire ? Et pourquoi lui en vouloir tant qu’il y a un poète toujours disponible à le défendre à aligner des alexandrins et à créer des rimes pour sa gloire ? Pourquoi lui en vouloir quand on trouve des gens et même des journalistes prêts à mouiller la plume et à verser les larmes des mots pour déifier l’omnipotent Président qui est tout aux yeux de ceux qui lui doivent la petite vie d’un instant ? Ceux qui, comme ces cadres, jadis gauchistes "révoltés" vivant aux chimères du vent et de l’idéalisme , assagis par une sinécure qui ne sert qu’à insulter les autres, les anciens compagnons et à aduler le Général que certains ont le plaisir de qualifier de "général climatisation" qui n’ont jamais mis pied dans un front autre que celui des cartes sur table et des bons de trésor !

On a beau insulter les journalistes, minimiser les poètes, mais que dire de ceux qui ont échoué à faire de bons militaires avant de s’imposer en experts en manipulations, intoxications et qui ont fini par mettre tout un pied en panne ?

Que dire de ceux qui ont menti à leur peuple en lui faisant miroiter des paradis qu’ils sont aujourd’hui les seuls à vivre alors que la populace languit dans l’enfer de leurs mauvaises politiques sur tous les plans ? Que dire de ceux qui chantent les "vertus" de la démocratie et de la liberté qu’ils ont censé avoir offert alors que les jeunes manifestants, les leaders de l’opposition sont privés de tout, y compris du droit à manifester pacifiquement ?

Que dire de ceux qui poursuivent toujours le faux lapin en s’en prenant à des civils étrangers à Nouadhibou sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme alors qu’ils regardent, passifs et la peur au ventre, Ansar Dine, Aqmi et autres MUJOA installer un Aqmiland ou un Aqmistan aux portes de Fassala, sans broncher ? Que dire de ceux qui encouragent la médiocrité car incapables de dissocier entre les moins bons, les pires, les bons et les excellents ? On a beau insulter les journalistes, négliger le rôle combien précieux des poètes, mais que dire de ceux qui se sont parachutés sur la scène politique alors qu’on les attendait ailleurs ? Que dire de ceux-là qui croient pouvoir mener seuls le monde alors qu’ils savent qu’ils n’en sont pas capables ? Que dire de ceux qui sont persuadés de se tromper de chemin et qui continuent de s’entêter malgré tout dans la voie gauche et sombre qu’ils se sont tracés ? Il faut savoir raison garder et respecter les autres. Les militaires doivent respecter les civils, les civils doivent leur rendre la pareille. Et tout le monde ne s’en sentira que mieux, le pas aussi. Et dès lors où ils ont le pouvoir, les militaires doivent davantage de respect aux civils.

Pour autant, il est facile de s’en prendre aux journalistes et aux poètes ; lesquels ne sont pas capables d’allumer un foyer révolutionnaire contre le régime, mais il ne faut surtout pas oublier que les journalistes et les poètes peuvent accompagner et "encadrer " la révolution ?

Excusez-les militaires, ils n’ont jamais eu le temps de tirer les leçons du siècle des lumières, car ils ont toujours vécu loin des "lumières" !

Amar Ould Béjà.

lauthentic.info



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