Ould Abdel Aziz qui a peur du verdict populaire

La mauritaniens, ceux qui ont encore un cœur battant pour ce pays, vivent ces jours-ci avec un grand espoir que la médiation sénégalaise aboutisse. Ils ne voient, en effet, que le succès de cette initiative avec à la clé une sortie de crise qui satisfait tout le monde et permet de tourner la page controversée – et pleine de risque !- des neuf derniers mois, ou l’incertitude d’une élections unilatérale dont le manque de crédibilité et de sérieux est déjà écrit dans le profil des candidats qui vont rivaliser avec l’auteur du putsch de la discorde, le général Mohamed Ould Abdel Aziz.
Tous les points de la médiation sénégalaise ne semblent susciter aucune opposition des parties prenantes à la crise, sauf un : le report des élection. Tous les protagonistes de la crise en font une revendication et acceptent le principe d’en discuter des modalités sauf un : le général Mohamed Ould Abdel Aziz.
Ce refus, qui constitue un réel obstacle au succès de la médiation mérite qu’on s’y arrête et qu’on l’explique.
Qu’est-ce qui empêche Mohamed Ould Abdel Aziz, si vraiment il est le patriote qu’il prétend, de sacrifier pour la stabilité, la paix civile et la crédibilité du processus électoral de la Mauritanie, la longueur qu’il a acquise- mal du reste – sur ses éventuels contradicteurs du FNDD et du RFD ? La Mauritanie ne vaut-elle pas pour lui d’aller à des élections organisées par un gouvernement, une CENI et une administration de consensus crédibles ? Ne vaut-elle pas pour lui d’aller à des élections où les dés ne sont pas pipés d’avance ?
Qui a donc peur des élections ? Ceux qui veulent y aller avec des garanties maximales de transparence et de régularité ou celui qui a mis toutes les cartes dans sa main et qui veut jouer à des élections de dupes ? Soyons sérieux ! Si Mohamed Ould Abdel Aziz veut être un président d’une Mauritanie apaisée et gouvernable, il ne peut pas l’espérer sans des élections consensuelles, crédibles et supervisées par la Communauté internationale. Or, les élections du 6 juin ne seront jamais transparentes, car elles sont organisées par une seule partie. Elles ne seront pas crédibles car la Communauté internationale ne soutiendra jamais un agenda unilatéral. Ceux qui poussent Ould Abdel Aziz donc à des élections rapides, presque en catimini, ont une vue très courte : ils misent sur une donne peu probable : l’essoufflement de l’opposition au putsch. Celle-ci ne fait que s’élargir. Ils misent sur la lassitude de la Communauté internationale. Celle-ci ne fléchira jamais devant un autocrate du tiers monde, de surcroît en Afrique de l’Ouest ! Ils ne peuvent même plus miser sur la « victoire » de leur candidat car, à voir le staff de celui-ci et la manière avec laquelle il travaille, on peut jurer qu’il fera une élection calamiteuse !
Qui a donc peur des élections ? C’est Ould Abdel Aziz et surtout l’entourage de Ould Abdel Aziz, habitué à ce genre de manœuvres qui finissent toujours par le suicide politique du Chef et le recyclage des lieutenants dans l’entourage de son successeur. Il se trouve, malheureusement pour eux que la Mauritanie a changé et que ce genre de calcul est devenu obsolète. Nous espérons que Mohamed Ould Abdel Aziz le comprendra. A temps !
Kadiata Ousmane Ba, pharmacienne

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