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Aziz au "cimetière" : Les membres du HCE n’ont pas de compte bancaire à l’étranger

mercredi 11 février 2009, par admin

Invité par Isselkou Ould Izidbih et Ahmedou Ould Haoube, respectivement recteur de l’université de Nouakchott et doyen de sa faculté des sciences, le Général Ould Abdel Aziz, président du Haut Conseil d’État (HCE, junte) a rendu visite, hier, au campus universitaire, entouré d’un dispositif de sécurité étrangement léger.

JPEG - 19.8 ko Les étudiants chahutant le général limogé

Plusieurs étudiants sont venus chahuter la visite du chef de la junte, à coups de pierres et de chaussures et aux cris de "Non à la dictature militaire", "Non au putsch", "Oui pour le retour du Président élu".

Mohamed Lemine Ould Guig, ministre secrétaire général de la présidence, Cheyakh Ould Ely, directeur de cabinet du président du HCE, le Colonel Dia Adama Oumar, chef d’état-major particulier du président du HCE, Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khlil, conseiller chargé de la communication et les autres membres de la délégation se sont éparpillés entre les différentes sorties de l’université, alors que le Général s’est trouvé assiégé par les manifestants à différents endroits de l’université. Ce fut le cas notamment à la salle informatique de la faculté des sciences, à l’université virtuelle, au restaurant à la cité universitaires.

Débordé par les manifestants, le dispositif sécuritaire a dû se circonscrire à la protection de la personne du Général, tandis que le reste de la délégation se réfugiait dans l’enceinte du rectorat. Arrivé sur place, des policiers en civil ont dû accompagner le recteur dans la rue pour faire, lui-même et sous bonne escorte, le tri des membres de la délégation coupée du convoi entre temps.

Il est à noter que les étudiants de l’université avaient déjà exprimé leur rejet du coup d’état en refusant de marcher dans une manifestation de soutien à la junte, organisée par une partie du personnel administratif suite au gèle des relations diplomatiques avec Israël.

Lors de son discours, le Général a dit qu’il n’a pas connaissance d’une éventuelle initiative de sortie de crise parrainée par le Qatar. Concernant sa propre candidature à la présidentielle de juin prochain, il a dit que le sujet est prématuré et que la réponse sera donnée en temps opportun et de manière officielle.

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Concernant les prononcées par le Conseil de Paix et Sécurité (CSP) de l’Union africaine (UA), le président du HCE dira que : "c’est un conseil de 15 membres seulement et ce n’est pas la majorité des pays africains. Ceux qui ont œuvré à la prise de cette décision sont des États qui ne connaissent pas la réalité de ce qui se passe en Mauritanie, ni les tenants et les aboutissants du mouvement de rectification en cours dans notre pays, ni la volonté d’ancrage de la démocratie menée par le HCE. Cela est d’autant plus vrai qu’ils réfléchissent encore à ces sanctions qui visent les membres du HCE pour geler leurs comptes à l’étranger et je leur affirme qu’ils n’ont pas de compte bancaire ni en Afrique, ni en Europe" , dira-t-il.

Avant de continuer : "Les membres du HCE ne se soucient pas de ces sanctions car ils sont prêts à se sacrifier pour leur pays et le peuple mauritanien ne souffrira pas de ces sanctions, l’affaire n’étant pas plus qu’un communiqué rendu public. J’indiquerai ici à ceux qui s’intéressent aux communiqués venus de l’extérieur, que la Communauté des États Sahélo-Sahariens (CEN-SAD), constituée de 28 États, a publié aujourd’hui un communiqué, soutenant ce qui se passe en Mauritanie et appelant à l’organisation des élections présidentielles et que certains de ses Chefs d’États n’ont pas connaissance de ce communiqué du CPS de l’UA, qui a été publié après le départ de la plupart des présidents et premier ministre, qui étaient à Addis-Abeba et qui comprennent ce qui se passe en Mauritanie".

Et de conclure sur ce sujet : "Je dirai enfin que seul le peuple mauritanien peut sanctionner le HCE ou le gouvernement".

Concernant la modification de la Constitution annoncée par le gouvernement, le Général dira : "Nul, fut-il le président ou le premier ministre, n’a le droit de changer la Constitution, tout comme aucun parti ou leader de parti politique n’a le droit de refuser la modification de la constitution, car cela relève de la volonté du peuple mauritanien qui, seul, peut en décider au cours d’un référendum, ou le Congrès (les deux chambres du Parlement, ndlr) s’il se réunit. Cependant, il est du droit de tout parti d’être contre la modification de la Constitution, car nous sommes en pays démocratique", dira-t-il.

A propos des relations avec Israël et de la non application de la décision de gel de ces relations politiques et économiques, le président du HCE déclarera : "Les forces politiques qui cherchent aujourd’hui à minimiser cette décision de gel, sont celles-là mêmes qui avaient encouragé ces relations. Si on revient à la période d’avant le 6 août, nous constaterons que l’ambassadeur d’Israël avait été accrédité par le président déchu dont les soutiens réclament à présent la rupture de ces relations. C’est le parti Tewassoul (islamistes modérés, ndlr) et les autres formations politiques soutenant le président déchu qui ont œuvré à asseoir ces relations avec Israël".

Et d’ajouter : "Après le 6 août 2008, le HCE n’a pas travaillé avec Israël et je n’ai pas reçu les lettres d’accréditation du nouvel ambassadeur d’Israël. De même, suite à la guerre sur Gaza, nous avons rappelé notre ambassadeur et gelé toute relations et ceci, à notre sens, en tant que direction et gouvernement, signifie que rien ne nous lie avec Israël pour le moment et nous avons vidé notre ambassade à Tel-Aviv de tout ce qu’elle contenait qu’il s’agisse de documents, personnel ou véhicules et sont à bord d’un bateau à destination de notre pays".

Sur l’avenir du HCE, après l’élection présidentielle du 6 juin, le Général dira à ce sujet qu’au-delà de l’élection d’un président, le HCE n’aura plus de raison d’exister, que l’armée s’occupera de sa mission et n’aura pas de tutelle sur la démocratie.

Et de terminer en promettant d’améliorer les conditions de vie des étudiant de l’université, qu’il a tout de même qualifié de "cimetière".

© Taqadoumy & Agences (ANI, Al Akhbar, FNDD... etc) - Février 2009


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