Libération du président renversé : L’UE exige le rétablissement de Sidioca

Depuis qu’il a été relativement libre de ses mouvements, le président renversé ne cesse de clamer, selon les moyens de diffusion auxquels il peut accéder, la mascarade dont il est l’objet et dont le but serait de spéculer sur sa semi-libération pour desserrer l’étau de la communauté internationale sur la junte.
Déjà, plusieurs voix ont salué cet élargissement de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi tout en recommandant au HCE de faire mieux, notamment pour rassembler tous les mauritaniens autours des journées de concertation.
Dans des entretiens accordés hier à Rfi, le Commissaire de l’UE au développement et à la Coopération humanitaire M. Louis Michel, le porte-parole du ministère des affaires étrangères et le président renversé sont tous revenus sur cette libération. Le Commissaire de l’UE a qualifié la mise en liberté de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi de décision, qui ne suffit pas à elle seule.
La solution véritable de la crise mauritanienne réside dans le retour légitime de Ould Cheikh Abdallahi à ses fonctions constitutionnelles a-t-il indiqué. Louis Michel a précisé que l’UE est résolue dans la prise de sanctions contre les putschistes, si ces derniers s’obstinent à ne pas rétablir la légalité constitutionnelle représentée par le retour du président renversé. "Il est impossible d’envisager une issue sans la participation du président Ould Cheikh Abdallahi" a-t-il ajouté.
Sur la même chaîne, le Porte-parole du Quai d’Orsay Monsieur Eric Chevalier, à propos d’une éventuelle sortie de crise, a dit qu’ "il faut associer les acteurs principaux y compris, bien évidemment, le Président élu". Il s’est également réjoui de ce qu’il pense être "la libération réelle" du Président de la République. Pour le diplomate français, un dialogue entre Mauritaniens est souhaitable mais ne pourrait être envisagé sans la participation de tous les acteurs majeurs en Mauritanie.
Au sujet des journées de concertation, le porte-parole a indiqué que "cette sortie de crise a besoin de la participation de l’ensemble des acteurs majeurs en Mauritanie. Il faut qu’il y ait les conditions d’un dialogue".
Toujours selon lui, "il est évident que la Junte ne comptait pas avec la détermination du Président à faire respecter le choix du peuple mauritanien et à recouvrer ses prérogatives constitutionnelles. Il est évident aussi que, quelle que soit l’inconséquence ou la perméabilité de certains partenaires de la Mauritanie aux diverses influences des lobbies antidémocratiques en Afrique, le Président de la République – et avec lui le Front National pour la Défense de la Démocratie – sont des acteurs majeurs qu’aucune sortie de crise ne pourrait contourner".
Le président déchu, dans un entretien avec Rfi a vivement dénoncé l’organisation par la Junte militaire de manifestations demandant sa comparution devant la Cour Suprême de Justice. "Cette Junte qui, depuis son Coup d’Etat, interdisait toutes manifestations publiques et avait réprimé toutes celles organisées par le Front" a-t-il dit.
Le Président revient sur les raisons de sa libération et sur ce qu’il compte en faire. "Tant que je n’ai pas la possibilité d’exercer mes fonctions, je ne peux pas être satisfait. Mon analyse de la situation est que la Junte voudrait donner satisfaction à une demande formulée par la Communauté Internationale" précise-t-il.
Et d’ajouter "la Junte s’est engagée à me libérer avant le 24 et je crois qu’elle avait intérêt à le faire. Maintenant, depuis hier (dimanche), elle a commencé à dire à des gens de manifester contre la libération du Président. Ils commencent, d’ailleurs, à dire qu’il faut juger le Président. Tout ce que peut faire un chef d’Etat dans ces conditions, je le ferai et tout ce que je ne ferai pas, c’est que j’en étais empêché par la force".
Mohamed Ould Mohamed Lemine
Le Rénovateur Quotidien (Mauritanie)

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