Conséquences des consultations à Paris : Après Sarr, O. Daddah sommé par les siens

Hier, 20 octobre, quelques heures après l’échec, à Paris, de la première réunion de consultations entre l’Union Européenne, la zone Afrique Caraïbes et Pacifique et les autorités actuelles de la Mauritanie, se tenait, dans la capitale Nouakchott, une réunion houleuse du Bureau Exécutif du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD), principal parti de l’Opposition statutaire.
Durant les débats, ponctués d’applaudissements nourris de l’assistance, la ligne pro putsch fera l’objet de critiques acerbes, de la part de nombreux intervenants, prenant ainsi de court la direction du Parti.
Les orateurs ont dénoncé le bradage des principes au profit d’ambitions personnelles et de stratégies de placement de cadres dans l’appareil de l’Etat. D’autres mirent en garde contre l’appui opportuniste à la junte, alors que celle-ci s’apprête, manifestement, à valider la candidature de l’un de ses membres. Les griefs ont visé l’influence des « groupes de vice-présidents » autour de Ahmed Ould Daddah et exigé, à la majorité du Bureau, le recentrage de la position du Parti, en faveur de la troisième voie « Ni le Président détenu ni les militaires ». Enfin, la plupart des délégués se sont élevés contre l’éventuelle participation du RFD aux journées de concertation que le gouvernement tente d’organiser unilatéralement, sans l’implication de l’ensemble de la classe politique.
Ahmed Ould Daddah, imperturbable essuiera, sans réagir, la salve de critiques, avant de clore la réunion.
Si ces recommandations devaient être retenues, le camp favorable au coup d’état subirait deux désaffections consécutives, au moment où croît la pression extérieure. La veille, avant le RFD, l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement National de la Rénovation (AJD/MNR) rompait leur alliance et prenait ses distances d’avec le Haut Conseil d’Etat.
Source : taqadoumy

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