Déclaration à l’occasion de la commémoration de la Fête nationale du 28 novembre.

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Le 28 novembre 1960, notre pays accédait à l’indépendance nationale, à l’instar de la quasi-totalité des anciennes colonies françaises.Cette date marquait ainsi une nouvelle étape dans le processus d’édification d’une nation nouvelle après plusieurs décennies de domination coloniale et de luttes multiformes de ses différentes composantes pour arracher notre pleine souveraineté. 

Bien qu’octroyée par l’ancienne Puissance coloniale avec des garanties de protection de ses intérêts néocoloniaux au cours des décennies qui suivirent, cette indépendance sera de plus en plus effective, notamment grâce à la lutte de notre peuple sous la direction des forces nationales démocratiques et en convergence avec le combat anti-impérialiste dans le monde. 

Au fil des années, le 28 Novembre a été acceptée et fêtée comme une date symbolique de naissance de notre nation par toutes ses communautés et couches sociales et comme le point de départ d’une nouvelle histoire commune, marquée par des convergences fondamentales de leurs intérêts malgré des contradictions et des divergences réelles ou artificielles inévitables dans toutes les familles. Cette date a donc contribué à l’émergence et au renforcement grandissant d’une conscience nationale commune et d’un sentiment patriotique élevée, en particulier au sein de la jeunesse et des masses populaires. 

Aussi, lorsque pour la célébrer à sa manière, le régime de Maawiya Ould Taya a pendu 28 officiers, sous-officiers et soldats négro-africains par pure folie chauvine, dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990, toutes les forces démocratiques ont été profondément affectées par ces horreurs qui souillent notre fête nationale et n’ont cessé de réclamer que toute la lumière soit faite sur cette tragédie et que justice soit rendue comme condition de tout pardon de la part des victimes et de leurs ayants cause.

Un espoir de règlement de ce problème avait brièvement surgi avec la déclaration en Juin 2007 de l’ancien Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi et des mesures concrètes avaient été prises notamment en ce qui concerne le retour des réfugiés mauritaniens au Sénégal. Malheureusement ce processus a été interrompu par le coup d’Etat militaire du Général Mohamed Ould Abdel Aziz qui n’a cessé depuis lors de tergiverser sur la question.

Fidèle à ses engagements vis-à-vis des victimes, l’UFP exige à nouveau du régime en place de cesser de mépriser les droits des victimes en poursuivant sa fuite en avant dans le déni de la vérité et dans l’acharnement à protéger les bourreaux contre la justice qu’exige l’opinion publique et qui seule pourrait laver cette date de la tâche sanglante qui la marque. Elle réaffirme sa ferme détermination à lutter contre les discriminations et contre toutes les pratiques d’injustice qui sont à l’origine de ce crime du 27 novembre 1990 et sa volonté de poursuivre son combat pour une Mauritanie réellement indépendante, égalitaire, unie et démocratique.

Vive le 28 novembre débarrassée de toute souillure.

Vive l’unité de notre nation plurielle.

Nouakchott le 27 novembre 2018

La Présidence

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