L’opposition défendra avec détermination l’aspiration du peuple Mauritanien au changement

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Haimout  BA Chargé des relations internationales de l'Union des Forces de Progrès en Europe 
Haimout  BA Chargé des relations internationales de l'Union des Forces de Progrès en Europe 
 

 Certains observateurs se plaisent souvent de souligner, non d’ailleurs sans gêne, le «  rôle joué » par la Mauritanie dans la  «  stabilité et la sécurité » de la région, omettant volontairement de  souligner la déliquescence de l’Etat, la communautarisation du pays en raison de la politique chauvine et d’exclusion  menée par le pouvoir en place,   ainsi que les risques sérieux  qui pèsent sur l’existence même du pays et ses conséquences chaotiques  pour la sous- région.

Seule donc une alternance pacifique pourra garantir le maintien de l’Unité du pays sur la base d’un nouveau pacte social, conférant au pouvoir qui en sera issu la légitimité et la force d’assurer  efficacement la lutte sans complaisance contre le terrorisme  en pleine coopération avec ses partenaires.

 Et  le succès de la marche du  Front National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU) du dimanche 13 mai 2018 prouve que le peuple est prêt pour le changement, qu’il ne peut plus de ce pouvoir qui  l’assoiffe, l’affame  et avec lequel  l’avenir est inconcevable. Si l’aspiration du peuple mauritanien  au changement ne fait aucun doute, les conditions et modalités  d’expression de cette volonté  font cependant l’objet  de préoccupations  légitimes de  l’opposition.

C’est pourquoi, la marche du 13 mai s’est focalisée sur  la transparence des élections de 2018 et de 2019, à commencer par la modification de la composition de la  Commission  Nationale Electorale Indépendante (CENI ) pour la rendre conforme  aux dispositions de l’article 6 de la loi qui l’a institué , qui dispose que  ses « membres sont choisis de manière consensuelle par la Majorité et par l’Opposition », sauf à considérer  qu’il n’y a d’opposition que celle que le pouvoir a lui- même  choisie. Ce qui est non seulement illégal  et complètement absurde, mais également révélateur de l’intention assumée du pouvoir  d’organiser des élections dont les résultats  sont connus d’avance, compte tenu des pouvoirs dont dispose cette CENI : validation du fichier électoral, établissement de la liste électorale, fixation du nombre de bureaux de vote et leur localisation, la confection, l’impression et la distribution des cartes d’électeurs et des cartes de vote, l’organisation des bureaux de vote, leur composition, la détermination du nombre d’inscrits par bureau, le dépouillement, l’établissement des procès-verbaux, leur acheminement et la proclamation des résultats.  On voit bien l’enjeu de la composition de cette institution  qui ne peut en l’état assurer la transparence, et doit donc être dissoute conformément à l’article 3 de la loi portant sa création comme le demande légitimement l’opposition.

Il faut souligner par ailleurs que l’Union Européenne   abonde dans le même sens par la voie de son Ambassadeur en Mauritanie , qui appelle  «  à des élections transparentes, consensuelles et inclusives » à l’occasion de la célébration  la semaine dernière de la journée de l’Europe, ce qui,  me semble-t-il, témoigne de sa disponibilité à y participer par l’envoi d’observateurs. Et l’Union africaine ferait bien de s’en inspirer, car il s’agit d’élections  de la dernière chance qui marqueront de manière prégnante l’avenir du pays.

Dans ce contexte, grave, une nouvelle gouvernance de l’opposition est indispensable, fondée un consensus de tous les acteurs du changement et légitimant une nouvelle organisation de la société  qui sera  ressentie  par le plus grand nombre comme devant fonder le Mauritanie de demain.  L’opposition aura ainsi réussi sa propre transition en levant les barrières des considérations personnelles pour n’avoir en vue que l’intérêt général. Dans  cette perspective, les sacrifices  des uns et des autres seront les vecteurs d’une nouvelle Mauritanie qui leur sera à jamais reconnaissante.

 L’opposition pourra alors aborder  avec force  et confiance  cette  situation politique inédite, car c’est la première fois  dans notre histoire politique et constitutionnelle qu’un  Président de la République ne peut se représenter au terme de son mandat par le jeu des dispositions constitutionnelles de limitation des mandats.

Si cette situation devait se confirmer, et si le chef de l’Etat se mettait à équidistance des candidats à sa succession, il  entrerait  alors doublement dans l’histoire politique et constitutionnelle de la Mauritanie pour avoir acquis le pouvoir par un coup d’Etat constitutionnel et pour l’avoir quitté par respect de la constitution.

Cependant, les déclarations de certains hommes politiques de son camp et de certains Oulémas,  montrent que le chef de l’Etat n’est pas prêt à quitter le pouvoir de son propre gré. Et la récente menace d’Al-Qaida contre les intérêts Européens en Mauritanie, et notamment des intérêts français,  ne vise qu’à créer un climat d’insécurité  et de peur pour justifier  un pouvoir ‘’fort’’,  alors que la force d’un pouvoir réside dans sa légitimité et sa capacité à créer une union nationale crédible et durable. Ce serait par ailleurs oublier  les causes réelles ou supposées de la situation actuelle de la Mauritanie apparemment calme par rapport à celle du Mali, du Niger ou encore du Tchad, qu’il faut chercher ailleurs que dans une vraie lutte antiterroriste du pouvoir de Nouakchott.

Toute tentation des amis de la Mauritanie de céder aux sirènes de probables incendiaires qui se draperaient ensuite d’habits de pompiers seuls capables de faire face à l’incendie,  serait catastrophique pour la Mauritanie et pour la sécurité dans la sous- région. Et la lucidité commande en effet de ne pas compter en de telles circonstances  sur la faiblesse de la force apparente !

 Dans tous les cas, l’opposition défendra l’aspiration légitime du peuple Mauritanien  au changement.

Par Haimout  BA Chargé des relations internationales de l’Union des Forces de Progrès en Europe 

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