Mauritanie : Le respect de la constitution et des serments, signifie aussi finir ses mandats dans un climat apaisé.

0
890
Le président Mohamed Ould Abdel Aziz semble-t-il a  décidé de respecter la limitation de mandats qui est inscrite avec force dans la constitution et en même temps de respecter le serment qu’il avait prononcé devant le peuple mauritanien et face au monde : « Je jure par Allah l’unique de ne point prendre ni soutenir, directement ou indirectement, une initiative qui pourrait conduire à la révision des dispositions constitutionnelles relatives à la durée du mandat du président de la République et au régime de son renouvellement, prévus aux articles 26 et 28 de la présente Constitution». Le respect de la constitution est un acte patriotique et  à contrario son non respect est un acte de trahison nationale et pour le cas présent doublé d’un parjure.
Le Président Mohamed Ould Abdel Aziz a aussi le devoir et l’obligation de respecter l’article 29 de la constitution et également le serment : «je jure par Allah l’unique de bien et fidèlement remplir mes fonctions, dans le respect de la constitution et des lois, de veiller à l’intérêt du peuple mauritanien, de sauvegarder l’indépendance et la souveraineté du pays, l’unité de la patrie et l’intégrité du territoire national ».
Le respect de  article 29 et du serment associé interdit au président Ould Abdel Aziz  de fragiliser davantage l’Etat en le cheminant  vers une voie sans issue, la politique dite «  après moi c’est le chaos ».
Notre pays, la Mauritanie est dans une situation- au moins depuis dix ans et  surtout aujourd’hui particulièrement-  difficile à tout point de vue :
— Un climat politique bloqué, désastreux, lourd et sujet à tous les dérapages.
— Une situation économique où tous les voyants sont au rouge- avec l’unanimité des structures et institutions internationales sur l’état désastreux de l’économie nationale et une dévaluation rampante de la monnaie  et avec un endettement colossal  qui dépasse la capacité du pays pour une longue période (augmentation en 2013 – 2016, atteignant 99.1% du PIB en 2016 – Banque Mondiale-) – Situation aggravée aussi par la corruption à tous les niveaux et la dilapidation des biens de l’Etat.
— L’éducation nationale est à terre – pour faire écrouler ou faire disparaître un pays ou une nation, il suffit de saboter son éducation nationale en la transformant en lambeau (pas besoin de bombes ni de missiles)-
— L’Exacerbation du communautarisme – A cause d’une politique de courte vue chauvine, discriminatoire voire raciste-
— La mise en en cause progressive des libertés fondamentales – la répression et les emprisonnements aveugles pour toute voix discordante-
— Une situation sociale grosse de tous les dangers – une pauvreté galopante, aggravée par la hausse vertigineuse des prix et une sécheresse d’une sévérité rare qui frappe le monde rural-
Un climat d’insécurité sans précédent, à l’intérieur du pays et plus grave encore à Nouakchott – des vols, des viols, des assassinats, des attaques à mains armées,…-
—- Une situation sous régionale chaotique- menace terroriste, prolifération des trafiquants de toutes sortes-
Face à ces graves dangers multiples et multidimentionnels  pour un pays en construction, un pays multiculturel, multiethnique et multiracial, l’inquiétude est grand. Le président Mohamed Ould Abdel Aziz a la responsabilité de préserver ce pays d’un désordre qui pourrait être imminent. Pour cela,  il doit tout mettre  en œuvre,  pour les quelques mois qui lui restent au pouvoir, s’atteler à favoriser un climat apaisé et contribuer à la cohésion nationale, accepter un véritable dialogue national (non pour la forme) mais pour établir des règles justes, démocratiques et viables.  Ainsi, pour conjurer un chaos qui pourrait résulter des échéances à venir. C’est là un souhait insistant du peuple mauritanien et l’opposition.
Maréga Baba/ France

Laissez une réponse

Please enter your comment!
Please enter your name here