Mauritanie : Le « limogeage » de M’Rabih,  manœuvre dilatoire ou changement de cap ?  

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Un recensement national  de la population, qui devrait être, comme  dans tout pays normal, une opération sensée amener les autorités à aller à la rencontre des populations, les inciter, les encourager et les motiver à se recenser, a pris plutôt le chemin inverse, la voie de l'humiliation et du drame. Cette opération a été conçue par des idéologues sectaires et obscurantistes pour saper l'unité nationale. Ainsi  elle s'est transformée en un véritable parcours de combattant, en un cauchemar, parfois même en drames humains et  une catastrophe pour des centaines de milliers de Mauritaniens. Et les enfants ne sont pas épargnés.

Il y a dix ans M’Rabih est nommé à la tête de l’Agence Nationale pour le Registre de la Population et Titres Sécurisés (L’ANRPTS), depuis, que des larmes, que de détresses, que des drames, et sans répit.

Cette opération dite de recensement, dés son début s’est enveloppée dans un amateurisme nauséabond  à caractère provocateur, discriminatoire voire raciste, visant une partie de la population, plus particulièrement  négro-africaine.  Elle est devenue aujourd’hui  un cauchemar pour l’ensemble de la population sans distinction.

Ce recensement, devenu un non sens, une absurdité, sans règles, ni lois ou des exigences non écrites changent en fonction du locuteur, en fonction du lieu et chaque jour, c'est un désastre ! 

A l'extérieur du pays, combien de bras nourriciers ont été victimes de cette folie, de cette aberration qui a mis de milliers familles à l’intérieur du pays dans le désespoir ?

Beaucoup de mauritaniens à l’étranger sont  devenus apatrides, et ne peuvent même plus se rendre dans leur propre pays faute de papiers. Des centaines de milliers de mauritaniens à l’intérieur de leur propre pays sont devenus également sans états civils donc apatrides ?

Autre innovation de cette idéologie destructrice qui gouvernait ce recensement, est l'interdiction aux enfants à partir de dix ans à passer les examens ou concours sans une carte d'identité. Mettant ainsi de nombreux d'enfants hors du circuit de l'éducation, ce qui est contraire à toute morale et éthique de l'islam.

Après le « limogeage » de M'Rabih, le bilan de cette structure particulière, devenue même « institution » – qui, semble-t-il, est sans équivalent nulle part, sauf peut être en Syrie de Assad (et encore) ? – : ce sont des centaines de milliers de mauritaniens, aujourd’hui, qui vivent dans une situation de détresse particulièrement difficile voire dramatique.

Que M’Rabih soit directement ou indirectement responsable, ou tout au moins qu’il ait  été une caution, une couverture, ou entraîné  dans cette entreprise dramatique de déstructuration de l'unité nationale – contraire en tout point à notre sainte religion de tolérance et d’entraide- peu importe, si l’humanisme a un sens ; il doit avoir la conscience affectée pour le restant de sa vie par cette détresse collective qu'il a  directement ou indirectement engendrée et qui restera attachée, collée à son nom pour l’éternité.

M’Rabih est « limogé » aujourd’hui à la veille d’un référendum illégal  et incertain pour le pouvoir. On peut se poser la question pourquoi seulement aujourd’hui, après dix ans de, larmes, de dégâts et de drames ? Pourquoi seulement à une année et quelques mois de la fin d'un 3è et dernier mandat de Ould Abdel Aziz et à quelques semaines d’un scrutin référendaire inutile et  illégal, incertain pour le pouvoir? 

Le « limogeage » de M’Rabih le « cauchemar » de centaines milliers, suffirait-il à faire accepter aux populations ce référendum contraire la constitution ? Tout laisse à croire qu’il s’agirait plutôt d’une grosse manœuvre cousue de fil blanc.

Le successeur de M'Rabih, M.Ahmed O. Moctar O. Bousseif, est-il venu pour la continuité de de son œuvre destructrice, ou s'agit-il une pose, le temps d'une campagne fallacieuse pour un référendum illégal ? Ou s'agit-il d'un changement de cap ?  les jours ou les semaines à venir nous éclaireront sur la portée de ce changement.

Que M. Ahmed O. Moctar O. Bousseif, nommé dans ce mois béni du Ramadan le sache, seul Allah est éternel. S'il entreprend de déconstruire cette œuvre maléfique de son prédécesseur dans l'intérêt supérieur de l'unité nationale, alors nous lui souhaitons bon courage. Sinon, il partira aussi un jour, comme son prédécesseur, comme celui là même qui l'a nommé, et le prix payé dans ce bas monde  pourrait être lourd dans l'au-delà, seul Allah le sait.

Qu'Allah le tout puissant préserve et protège la Mauritanie.

Marega Baba/France

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