Mauritanie : Du général, au général président, quelques éléments d’appréciation

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– Un premier coup d’Etat en 2005 et un deuxième  en 2008 contre un président démocratiquement élu, Sidi Ould Cheikh Abdallah ;

– les accords de Dakar signés à Nouakchott, rejetés dés la première semaine ;

– la loi oblige le président de la république à publier son patrimoine, refus catégorique ;

– Engagements pris avec nombre de partis qui avaient rejoint la « majorité » mais jamais respectés et certains ont fini par la quitter;

– les accords dans le cadre de « différents dialogues »  signés ou des engagements pris avec une partie de l’opposition ou avec l’opposition, jamais respectés ;

– une procédure de changement de la constitution  qui est passée par l’Assemblée Nationale, le Sénat bloque, l’engagement est pris d’aller contre ce vote en violation de la constitution ;

– nous faisons ici abstractions sur des révélations régulières de la presse nationale et internationale sur la corruption, sur les affaires et sur la gouvernance chaotique du pays etc.

A travers ces quelques points cités ci-dessus parmi d’autres, il apparait clairement que ce sont : le  non  respect, les violations et le mépris qui ont émaillé tout le long de ce règne sans partage, et la morale, l’éthique et l’intérêt national semblent avoir eu peu d’intérêt. 

Monsieur le président vous avez pris le pouvoir par la force allez-vous le quitter sans soumettre les populations à d’autres épreuves encore ?

Et pourtant l’aspiration profonde du peuple mauritanien est à l’apaisement, à la paix et à la concorde nationale et de vivre une vie descente. Le peuple aspire, entre autres, au règlement de la crise politique, au règlement de la crise avec les pays voisins et frères, à la réduction l’endettement du pays, à la baisse les prix, à l’amélioration du  système éducatif  -qui est en lambeau-, à sortir notre système de santé dans l’agonie, à une cohabitation saine entre ses composantes, à permettre à tout mauritanien de jouir de tous ses droits : à avoir droit d’être recensé et se sentir mauritanien, au respect de l’égalité de droit entre  tous les citoyens et à tous les niveaux,… Non à un référendum insidieux qui couterait une bagatelle de six milliards sans aucun intérêt pour le pays.

Face à ces aspirations profondes du peuple que dire à notre « super » ou « sur-président », qui ne connait ni « la démission » ni «  l’échec »?

Lorsque les hommes et les femmes, en un mot le peuple donne sa confiance à un homme ou une femme en un moment donné, il arrive parfois par sa turpitude, ses erreurs ou ses errements, il le (ou la) désavoue donc lui  retire cette confiance. Si cela arrive, la seule issue honorable et respectable est la démission. Refuser de prendre ce chemin c’est de la déviance et c’est mettre le peuple au défi et on ne provoque pas un peuple.

Lorsqu’on est un homme ou une femme, en un mot un être humain, donc une créature respectée d’Allah, on vit entre deux choses : entre autres, la vie et la mort, le bonheur et parfois le malheur, entre réussite et  parfois l’échec. Oser dire que l’on n’est pas un homme qui  connait l’échec ou qui ne peut pas échouer, ou avoir cette prétention, c’est une tentation à vouloir se mettre au dessus de l’humain. Et Allah n’aime pas ça.

Monsieur le président, est-ce, c’est à cause de votre refus de cette autre alternative possible et inhérente à tout être humain -l’échec- qui vous avait conduit en 2008 à :

Déstabiliser notre pays par un coup d’Etat, en violation de votre serment d’officier supérieur de la république et la constitution de notre pays, parce que, général, vous avez été limogé par le président la république, démocratiquement élu par le peuple?

Est-ce parce que vous êtes un homme qui ne connait pas l’échec – du moins comme vous le prétendez – qui ne connait pas la démission, qui vous amène à considérer tout compromis national comme un échec et qui vous conduit à ne point respecter les accords que vous signez ou vos engagements ?

    Après votre deuxième coup d’Etat en 2008, la communauté internationale est intervenue au secours notre pays, pour trouver  un accord entre vous et vos protagonistes de l’opposition, dans le souci d’apaiser la situation politique qui devenait de plus en plus dangereuse. Ces accords n’ont pas connu un début d’application, parce que vous avez considéré ces accords, pourtant que vous avez signé, comme n’étant qu’un bout de papier et vous les avez considérés comme tel.

    Vous vous êtes engagé également dans différents « dialogues » avec une partie de l’opposition, les conclusions convenues n’ont pas connu un début d’exécution.

    Vous avez prêté serment devant le peuple en vous engageant au respect des lois de la république. Alors que la loi vous oblige à publier votre matrimoine  et vous refusez de vous mettre en conformité  avec celle-ci.

    Vous avez prêté serment et juré sur le Coran devant le peuple mauritanien et en face du monde entier, en vous engageant au respect la constitution de la république, alors vous voila encore, brandir fallacieusement l’article «  38 » hors contexte, pour tenter  de violer cette constitution encore une fois de plus.

Un pays comme la Mauritanie qui fait face à de multiples défis : défi de sa cohésion nationale, défi  de la menace du marasme économique et social, défi de son environnement géopolitique et stratégique, donc défi de son existence. Etes-vous en mesure aujourd’hui de comprendre ces défis, ces enjeux majeurs? 

Monsieur Président, vous êtes arrivé au pouvoir, comme disait l’autre, par rébellion contre l’autorité,  on pourrait  ajouter rébellion contre votre serment et rébellion contre la constitution, il est aujourd’hui plus que urgent que vous vous ressaisissez face aux  graves dangers qui accourent vers ce pays de partout : de l’intérieur comme de l’extérieur et éviter à votre pays des lendemains qui déchantent.

On peut l’espérer. Quoi qu’il en soit le peuple mauritanien dans toutes ses composantes doit s’unir aujourd’hui plus que jamais pour faire face aux défis énormes et multiples auxquels le pays fait face. 

Nous prions Allah, le tout puissant, qui, lui ne connait pas « l’échec et n’échoue jamais qui ne connait pas la démission et ne démissionne jamais de porter secours à ce pays meurtris depuis  maintenant des décennies qui se trouve aujourd’hui au bord du chaos.

Maréga Baba/ France.

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