Communiqué de presse : sur Journée mondiale de lutte contre la corruption

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A l’instar de la communauté internationale, la Mauritanie a célébré hier, vendredi 09 décembre 2016, la Journée mondiale de lutte contre la corruption, instituée par la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC), adoptée en décembre 2003 à Mérida, Mexique.

Au sein du Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU), nous aurions voulu que la solennité avec laquelle cette célébration a été faite, par le régime en place, soit justifiée par des avancées significatives en matière de lutte contre la corruption.

Bien au contraire, la corruption – qui sape les fondements de la démocratie et de l’Etat de droit, renchérit le coût des politiques de développement et réduit la qualité des services publics, contribuant ainsi à la détérioration continue des conditions de vie des citoyens – est devenue, depuis le coup d’Etat de 2008 et l’avènement du pouvoir actuel un véritable fléau, pire, un mode de gouvernement.

En effet, dès son installation, ce pouvoir traduisit dans les faits, et malgré son leitmotiv de lutte contre la gabegie, son inclination profonde à l’enrichissement rapide, à travers la corruption notamment. Ainsi, il traîna les pieds pour n’adopter que le 09 décembre 2010 la stratégie nationale de lutte contre la corruption, alors que son processus d’élaboration avait été quasiment parachevé début 2008. La plupart des réformes prévues par cette stratégie n’ont pas connu un début de mise en œuvre, alors que les rares mesures qui ont été prises sont restées lettre morte. Par ailleurs, tout le monde connait le refus obstiné du chef de l’Etat à ne pas rendre publique sa déclaration de patrimoine comme le prévoit la loi n° 2007-054 du 18 septembre 2007 relative à la transparence de la vie financière de la vie publique.

Depuis août 2008, notre pays vit un feuilleton, aux épisodes quasi hebdomadaires, d’affaires de mauvaise gestion dans la plupart desquelles des présomptions, quasi irréfragables, pèsent sur le pouvoir. Tout mauritanien et tout observateur, même non avisé, de la vie publique du pays connait ces scandales dont chacun, sous d’autres cieux, aurait conduit à la démission des responsables publics concernés et de leur protecteurs et associés, y compris le chef de l’Etat en personne, et leur comparution devant la justice pour répondre de leurs crimes.

Il n’est donc pas besoin de lister ces affaires, toutefois, nous en rappelons quelques-unes :

  • L’achat dans des conditions opaques d’avions et d’équipements militaires, sur le don de 50 Millions de Dollars américains accordé par le Royaume frère d’Arabie Saoudite ;
  • L’achat dans des conditions non moins opaques des différents avions de la compagnie aérienne Mauritania Airlines ;
  • La fameuse opération de construction de l’aéroport international de Nouakchott Oum Tounsi ;
  • Les différents marchés de travaux et de prestation de services conclus à l’occasion de la préparation et de l’organisation du Sommet de la Ligue des Etats arabes à Nouakchott en juillet 2015 ;
  • Les différents marchés d’infrastructures jamais réalisées conformément aux normes, qu’il s’agisse de la voirie urbaine à Nouakchott, des différentes routes à l’intérieur du pays, de l’extension du Port autonome de Nouakchott ou de la nouvelle centrale électrique de Nouakchott inaugurée en 2015 ;
  • L’affaire Kinross Tasiast.

Le  FNDU appelle toutes les forces vives du pays et l’ensemble de ses partenaires du pays à prendre conscience de l’ampleur, jamais égalée auparavant, de la corruption dans le pays et les invite à prendre leurs responsabilités afin de lutter efficacement contre ce fléau qui menace la stabilité du pays et annihile tous les efforts de développement économique et social.

Nouakchott, 10 décembre 2016

Le FNDU

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