Marche de l’Opposition : Forte mobilisation…

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RMI Biladi – A l’appel du FNDU, des marées humaines ont envahi les rues de la capitale, samedi après- midi. La réussite de cette manifestation a dépassé toutes les attentes de ses organisateurs.

aaaa2aaaa2Une forte mobilisation qui risque de ne pas servir à grand-chose : ses auteurs ne pourront certainement pas maintenir leurs troupes mobilisées tout le temps et leur adversaire, le pouvoir, au lieu de lire correctement le message, va chercher, comme à son habitude, de le contrecarrer par l’appel à une autre mobilisation de ses troupes dans les rues de Nouakchott.

Personne ne s’attendait à une telle affluence. Surtout, qu’au départ, la marche du FNDU était motivée par la volonté de s’opposer au fameux troisième mandat. Les propos de Mohamed Ould Abdel Aziz à la clôture des travaux du dialogue entre sa majorité et une partie de l’opposition par rapport à sa ferme intention de ne postuler qu’à ses mandats prévus par la Constitution, devraient logiquement avoir comme effet de démobiliser pour les troupes d’un FNDU, presqu’absent du terrain et déjà très mal à point.
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Mais ce n’était pas uniquement le FNDU qui marchait ce jour-là. Les autres partis et courants de l’opposition (RFD, UNAD, IRA) et quelques personnalités indépendantes (l’ancien président Ely O. Mohamed Vall) ont appelé leurs militants à se joindre à la marche du samedi. Ont-ils eu le temps de faire le message à leurs troupes. Certainement pas. Même si leurs dirigeants ont marché à côté des chefs du FNDU.

Autre facteur démobilisateur, l’absence de discours clair et convaincant autre que la dénonciation des agissements du pouvoir, particulièrement par rapport à sa volonté de modifier l’hymne national et le drapeau de la République. Des éléments qui, parait-il, passent très mal dans l’opinion, mais qui n’expliquent pas à eux seuls la mobilisation des populations de Nouakchott pour répondre, aussi massivement, au mot d’ordre du FNDU. Franchement, il y a un ras-le bol général de l’opinion, très inquiète par le renchérissement continu de la vie et l’absence de perspectives pour le pays…

Que fera le FNDU, et au-delà toute l’opposition, de ce grand succès ? Ont-ils les moyens politiques pour le capitaliser sur le terrain ? Pourront-ils maintenir longtemps une telle pression ? Si l’opposition continue d’agir comme par le passé, en ordre dispersé et en se limitant au service minimum : de rares meetings et marches, elle risquerait bien d’être dépassé par les événements. Et même d’être éclipsée par des opposants spontanés, aussi dangereux qu’imprévisibles…

Quant au pouvoir, il doit comprendre qu’il ne pourrait point profiter, politiquement, et faire profiter le pays des dividendes de la renonciation du président Aziz à un troisième mandat s’il continue de pratiquer cette politique qui consiste à marginaliser une grande partie de la classe politique. La conjoncture requiert, en effet, un peu plus de courage et d’ouverture.

rmibiladi.com

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