FNDU : déclaration sur le dialogue du 3e mandat

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Le Calame – Après trois semaines, les participants aux réunions du Palais des Conférences ont rendu public les résultats de leur dialogue unilatéral ; des résultats insignifiants et mal formulés et qui n’apportent pas de réponse aux questions posées.

Fidèle à ses principes et à ses positions et conscient de ses responsabilités, le Forum National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU) :

1. Rappelle que son rejet du dialogue unilatéral était bien fondé et justifié, car les préparatifs de ce conclave, le déroulé de ses séances et même le traitement réservé à ceux qui y on participé, ont montré qu’il s’agissait d’une mise en scène ratée de décisions préalablement annoncées par Ould Abdel Aziz (discours de Néma).

2. Réaffirme que les résultats de ce dialogue unilatéral en reflètent la vraie nature : il s’agit, en effet, d’une succession de points qui ne clarifient rien, n’abordent rien d’essentiel et occultent totalement les problèmes cruciaux du pays, et à leur tête la nécessité, au plan politique, de mettre fin à la prise en otage de l’Etat par le régime et l’instrumentalisation de son autorité, de ses ressources et de ses institutions contre les autres acteurs politiques.

C’est ce que nous entendons par la neutralité de l’Etat et de l’administration dans la compétition politique et l’égalité des chances et la transparence du jeu électoral. C’est là un aspect fondamental de notre contentieux avec le pouvoir. Parmi les grands dossiers nationaux occultés par ce pseudo-dialogue, figurent également l’instauration d’une citoyenneté égalitaire et équitable qui préserve l’unité nationale, éradique l’esclavage et ses séquelles, met fin à la discrimination et à l’exclusion.

Ces résultats ont en outre ignoré la souffrance des citoyens et la détérioration de leurs conditions de vie rendues intenables par la hausse des prix, les taxes abusives et le chômage, tout comme ils ont escamoté les problèmes de l’état civil, de la déliquescence de l’administration, de la santé et de l’éducation, et le pillage systématique et la gabegie qui gangrènent les rouages de l’État.

3. Salue l’engagement de l’ensemble des forces démocratiques d’opposition, les patriotes sincères, les jeunes promoteurs d’initiatives, les blogueurs créatifs, certains partis politiques participants au « dialogue » et nombre d’autres citoyens pour le sursaut avec lequel ils ont exprimé à l’unisson et de diverses manières, leur rejet de toute prolongation des mandats verrouillés par la constitution et le serment, contraignant ainsi le chef du régime à battre publiquement en retraite sur cette question. Même s’il est explicitement prévu par la loi fondamentale, ce geste mérite qu’on en prenne acte, tout en incitant notre vaillant peuple à rester vigilant pour défendre sa Constitution et les dispositions qu’elle a fixées pour garantir l’alternance.

4. Réaffirme que l’amendement de la Constitution requiert un climat consensuel, loin de la situation de tension et de crise qui prévaut actuellement. En effet, il ne s’agit pas d’un document banal susceptible d’être tripatouillé au gré des caprices et humeurs de qui que ce soit, d’autant plus que les questions proposées au référendum n’ont aucun caractère d’urgence et touchent, de surcroît, des symboles que les mauritaniens ont connus depuis fort longtemps, qu’ils se sont appropriés, qu’ils ont célébré, qu’ils ont identifié à la Patrie et qu’il est inconcevable de modifier à la légère. Force est de noter qu’il est légitime de craindre que tout processus d’amendement constitutionnel n’ouvre la voie à des tentations pour le moins suspectes et injustifiées.

5. Réitère sa condamnation ferme des arrestations arbitraires et sentences disproportionnées à l’encontre des jeunes qui protestent contre l’injustice, le chômage et la dictature, ainsi que des militants de Ira appréhendé dans leurs domiciles. Le FNDU condamne avec la même fermeté les menaces proférées par le chef du pouvoir qui a assumé, sans vergogne, le fait d’avoir maintes fois violé la légalité constitutionnelle par le passé et s’est dit capable de récidiver si ça le tente maintenant. N’est-ce pas là un mépris flagrant du peuple mauritanien et de sa Constitution ?

6. Appelle toutes les forces d’opposition à davantage de coordination pour faire face, comme un bloc, aux manœuvres du pouvoir en place. La situation actuelle et les développement futures le commandent et l’exigent.

7. Invite les populations de Nouakchott à participer massivement à la marche prévue le 29 octobre courant pour manifester leur rejet de toute manipulation de la Loi fondamentale, de toute pérennisation du régime de la corruption et de la faim et pour se dresser contre toutes les politiques répressives et toutes les atteintes aux libertés publiques.

Nouakchott, le 22 octobre 2016

La commission exécutive

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