Déclaration : Sur le procès de Cheikh Baye

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L’opinion publique est médusée à la suite du verdict de la Cour correctionnelle de Nouakchott Nord, tombé le 14 juillet 2016, condamnant Cheikh Baye ould Cheikh Mohamed à trois ans de prison ferme, pour avoir jeté une chaussure au ministre porte-parole du gouvernement lors de sa conférence de presse hebdomadaire.
Cette condamnation du jeune activiste, journaliste de son état, étonne par sa sévérité. Elle est disproportionnée au regard de l’acte qualifié pour lequel la loi fixe une peine allant d’un mois à trois ans maximum. Une peine maximale appliquée sans tenir compte ni des intentions réelles de l’accusé, ni de l’effet résultant de son geste, ni de la sanction réclamée par le Procureur.
La sentence sévère que vient de subir le jeune Cheikh Baye, de même que les répressions qui l’ont précédé sur les jeunes du M25 février, sur les activistes de Maani Chaari gazoil, sur IRA et sur les protestataires de la gazra dite Bouamatou etc. sonnent comme un message adressé à tout le monde, signifiant que le régime est désormais décidé à réprimer toute manifestation et toute tentative d’expression de la liberté pour la défense de droits légitimes, droits que pourtant la Constitution garantit.

L’UFP, en même temps qu’elle désapprouve toute violence comme forme d’expression :

– Rejette ce verdict disproportionné qui met en lumière la pratique de deux poids, deux mesures, au regard d’autres faits similaires ou plus graves et, de surcroit, ayant été traités par la même juridiction. L’indépendance de la justice en prend une fois encore un sérieux coup ;

– Demande la libération immédiate et sans condition de Cheikh Baye ould Cheikh Mohamed

– Réaffirme avec force son refus de la politique de répression que le pouvoir tente d’instaurer pour étouffer toute velléité de luttes et de revendications de droits légitimes des citoyens.

Nouakchott, le 16 juillet 2016
Le Secrétariat national à l’Information

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