Déclaration : A propos de la crise qui affecte les relations entre le régime et Kinsross Taziast

0
65

Longtemps présenté comme exemplaire par le régime, le « partenariat » établi avec la firme multinationale canadienne Kinross Taziast pour l’exploitation industrielle de la principale mine d’or du pays, sombre dans la crise.
Pour des raisons non encore éclaircies, le gouvernement a subitement décidé de soumettre les cadres étrangers de cette entreprise à la législation en vigueur en matière de séjour et d’emploi des ressortissants étrangers, comme le réclament en vain depuis des lustres, les principaux syndicats du pays.
Sans doute prise de court par cette demande tardive inattendue, Kinross a non seulement immédiatement rapatrié son personnel d’encadrement mais, surtout, décidé d’interrompre l’essentiel de ses activités minières dans les sites d’exploitation. Un bras de fer semble donc avoir commencé entre ces « partenaires » privilégiés, alors que se poursuivent aux Etats-unis les investigations et les procédures de justice engagées contre Kinross, accusée de prévarication et de corruption touchant de très hauts responsables politiques et administratifs en Mauritanie. Cette crise éclate aussi au plus fort de la baisse généralisée des prix de nos exportations de minerai dans un contexte de crise minière mondiale, affectant profondément le taux de croissance et les recettes budgétaires du pays.
Quelles que soient les causes réelles de cette crise, force est de constater qu’en décidant seulement maintenant de « faire respecter le droit » après presque 8 ans de présence de la firme dans le pays, le Gouvernement reconnaît lui avoir fait bénéficier d’un véritable et illégal régime de faveur, tout en lui accordant une véritable rente de situation dans l’exploitation de l’or dont aucune entreprise n’a jamais bénéficié en Mauritanie depuis Miferma dans les années 60. Au total, à l’exception d’une petite poignée de bienheureux commissionnaires en tous genres, le pays n’aura bénéficié jusqu’ici que d’une part infime des revenus considérables de l’or dont les prix avaient pourtant atteint des sommets durant toutes ces années de « partenariat » avec Tasiazt.
Face à cette situation calamiteuse et devant les risques qu’elle implique pour notre économie largement dépendante de ses exportations minières, l’UFP réaffirme ses positions de principe suivantes :
– Définir et mettre en œuvre une approche équilibrée, « gagnant-gagnant », dans nos relations avec tous nos partenaires, pays et entreprises, en ayant constamment en vue nos intérêts à long terme;
– Mettre graduellement mais réellement fin au modèle de croissance fondé sur l’industrie purement extractive et l’exportation des produits bruts, en promouvant une industrie de transformation diversifiée qui corrige les grands déséquilibres économiques et territoriaux du pays, appuie réellement notre secteur privé et irrigue les autres secteurs de l’économie nationale, en particulier l’agriculture;
– Appliquer réellement la transparence effective dans la gestion des richesses du pays et l’égalité complète dans l’accès aux différents marchés qu’elles occasionnent ;
– Faire respecter les règles essentielles d’un Etat de doit démocratique à tous, gouvernants ou citoyens, nationaux comme étrangers ;
– Faire profiter les innombrables richesses du pays à nos concitoyens, en particulier les plus pauvres et les chômeurs, en respectant la législation et la réglementation en vigueur et en garantissant les intérêts légaux des étrangers établis dans le pays.
Notre parti est convaincu que le respect rigoureux et effectif de ces principes et règles permettra à notre pays d’exploiter judicieusement nos richesses et de s’engager dans la voie d’un véritable développement humain durable au service de l’ensemble de notre peuple.

Fait à Nouakchott le 22 juin 2016

La Présidence

Laissez une réponse

Please enter your comment!
Please enter your name here