Déclaration relative aux visites carnavalesques de Ould Abdel Aziz

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FNDU – Le Chef de l’Etat a décidé d’effectuer des visites carnavalesques dans l’ensemble des wilayas du pays, dans une vaine tentative d’occulter la crise profonde et multiforme que vit le pays depuis son arrivée au pouvoir.

Ces visites revêtent six caractéristiques essentielles :

1. Visites inopportunes et sans objet réel
Cela apparait clairement à travers un certain nombre de considérations telles que :
– L’absence de nouveaux projets à inaugurer, ce qui pousse parfois le ridicule à rééditer l’inauguration de projets déjà inaugurés dans le passé

– La non prise en considération des préoccupations quotidiennes des populations (sécheresse et besoin en aliment de bétail, soif, questions foncières etc..)
– Visites des écoles et centres de santé qui, bien qu’artificiellement apprêtés pour la circonstance, restent cependant dans un état lamentable et n’attendent pas d’améliorations

2. Visites ayant ravivé les antagonismes tribaux et régionaux et donné lieu au retour en force des « Moubadara » de triste mémoire, promouvant le culte de la personnalité et la basse flagornerie au rang de conduite à suivre

3. Visites extrêmement coûteuses pour l’Etat et les populations Cela peut être illustré par :

– La construction de dizaines de pistes d’atterrissage pour l’avion présidentiel

– Le déplacement du Président en avion, même dans les étapes secondaires

– Utilisation de dizaines de véhicules tout terrain aux frais de l’Etat

– Transport et hébergement de plusieurs centaines de fonctionnaires civils et militaires à la charge de l’Etat

– Paralysie des services de l’Etat pendant des mois entiers du fait de l’absence du Chef de l’Etat, de plusieurs ministres et de centaines de hauts fonctionnaires

– Transport et hébergement de milliers de personnes à la charge des populations

N’est-il pas légitime d’observer que dans les conditions extrêmement difficiles que vivent nos citoyens, il aurait été plus judicieux d’utiliser les sommes colossales affectées à ces visites carnavalesques à des besoins autrement plus urgents et vitaux tels que les aliments de bétail ou la fourniture d’eau potable ?

4. Visites mettant en flagrant délit de despotisme et de totalitarisme le régime de Ould Abdel Aziz

Toute la propagande officielle sur la prétendue séparation des pouvoirs et l’autonomie des institutions s’est écroulée durant ces visites. Cela peut être illustré par :

– L’embrigadement de l’Administration et de tous les fonctionnaires pris individuellement dans la préparation des visites, mettant en défaut leur neutralité présumée

– L’implication de la hiérarchie militaire et de sécurité dans la préparation des visites, mettant en défaut sa neutralité présumée

– L’implication des magistrats dans la préparation des visites, mettant en cause leur indépendance présumée

– L’utilisation des médias publics comme instruments de propagande pour la couverture des visites, mettant en cause leur neutralité présumée

– 5. Une forte propension à la violence dans le camp du Pouvoir

-violence dans le discours politique, le Président donnant lui-même le mauvais exemple

-apparition d’une milice privée au service du pouvoir, utilisant l’intimidation et parfois la violence contre les manifestants pacifiques

-Cette milice constitue une menace réelle pour la sécurité des citoyens et la stabilité du pays

-Dans ce contexte, la tentative d’assassinat du journaliste Hanevi Ould Dehah et des membres de sa famille, à travers l’incendie de leur domicile, est à méditer…

6. Finalement, il s’agit d’une visite destinée à détourner l’opinion publique de la crise profonde et multiforme que connait le pays :

– La crise économique et financière globale se reflétant dans la rareté de la liquidité au niveau du Trésor Public, de la Banque Centrale, des banques commerciales et des opérateurs économiques

– La crise de la SNIM dont la dernière grève ne fut que la face visible de l’iceberg, la situation de la société étant en détérioration rapide du fait de l’effondrement des cours mondiaux du fer et du fait qu’elle a dilapidé les ressources des années fastes en projets inutiles ou largement surfacturés

– La corruption et la gabegie sans précédent au niveau du Trésor Public, de la Banque Centrale, de la SNIM, des marchés publics de gré à gré dans tous les secteurs, l’appropriation du patrimoine de l’Etat par quelques proches du Chef de l’Etat (Blocs, Ecole de Police, Stade Olympique, quelques écoles etc..)

– La crise sociale (hausse des prix, chômage, pauvreté) et les menaces sur l’unité nationale (esclavage, passif humanitaire)

– La crise politique et le piétinement du dialogue qui n’est en fait qu’un slogan creux que le Pouvoir agite de temps à autre dans sa fuite en avant et dans sa vaine tentative de détourner le peuple mauritanien et ses forces vives de leurs véritables préoccupations.

Nouakchott, le 11/06/2015

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