Kawtal Ngam Ƴellitaare (KNY) : Communiqué

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La situation des détenus de la marche contre les expropriations foncières et l’esclavage foncier, Messieurs Djibi Sow, président de Kawtal Ngam Ƴellitaare, Brahim Ould Bilal et Biram Oud Dah Ould Abeid, respectivement vice-président et président de l’IRA, ne cesse d’empirer depuis leur extraction de leurs juridictions naturelles à Rosso par un transfert arbitraire à la prison d’Aleg.

Evacué à Nouakchott, le 28 février 2015 pour des problèmes de santé, Djibi Sow, est en train de mourir à petits feux dans l’indifférence générale dans les cellules de la Prison civile de Nouakchott.

Tout corrobore pour confirmer que les autorités mauritaniennes veulent récidiver les horreurs de Oualata dans les années 88 et 89 en refusant, mordicus, de permettre à Djibi Sow de se faire traiter d’une maladie rénale qui le terrasse depuis le mois de janvier 2015.

Depuis son transfert à Nouakchott, les autorités de la prison, probablement sur instruction des ministères de l’Intérieur et de la Justice, se rechignent à présenter le détenu à des médecins. A chaque fois qu’elles y consentent, c’est menotté et escorté de plus de trois éléments de la Garde nationale que le détenu est vu par les rares médecins qui ont eu à le consulter.

Comble de l’humiliation, la consultation se déroule toujours en présence des gardes et du chauffeur du véhicule de la Prison!! D’ailleurs, Dr Mariame Kébé, son médecin dermatologue qu’il n’avait pu rencontrer que plusieurs semaines après la date de son rendez-vous par la faute des mensonges et des subterfuges de l’administration pénitentiaire, refuse désormais de le consulter tant que les conditions de présence obligatoire de tous les gardiens de prison dans son cabinet au moment de la consultation ne sont pas revues.

S’étant rendu la première fois aux urgences du CHN, le 03 mars 2015, le médecin Professeur Cheikh Ahmed diagnostiquera des calculs rénaux devant être rapidement extraits par opération chirurgicale. Malgré ce grave constat, Djibi Sow ne verra son médecin pour une seconde consultation que dix jours plu tard. Cette fois, le médecin demande un scanner qui ne sera fait que dix jours après.

A chaque fois qu’il se plaignait des douleurs qui s’accentuaient, l’affaiblissant à vue d’œil, il se voyait répondre par ses geôliers que le scanner du CHN est en panne. D’autres fois, ce sont les radiologues ou les médecins qui sont absents. Finalement, un scanner sera fait, le 23 mars. Les résultats de ce scanner ne seront remis au patient que le 05 mai 2015, soit plus d’un mois et demi plus tard alors qu’ils étaient disponibles une semaine après les examens. Et depuis, il attend, en vain, que les autorités de la prison daignent le ramener voir le médecin. Les faux-fuyants le disputent aux subterfuges et aux mensonges pour que Djiby s’en aille de sa belle mort à laquelle semblent vouloir le destiner les autorités!!!

En attendant, Djiby Sow souffre énormément dans sa cellule. La fonctionnalité de ses reins est menacée. De graves symptômes d’une insuffisance rénale se manifestent déjà. L’homme ne s’alimente que peu, ne dort pratiquement plus, en bute à des œdèmes et à des démangeaisons qui accentuent son calvaire. Chaque matin, il ne se réveille que le corps et les habits couverts de sang et de pus.

Face à cette grave situation, Kawtal Ngam Yellitaare :

– Dénonce le comportement raciste et chauvin des autorités face au cas de Djiby Sow qu’elles veulent laisser mourir en toute indifférence et sadisme à l’instar des détenus Négro-mauritaniens du tristement célèbre bagne de Oualata à la fin des années 80;

– exige le transfert immédiat de Djiby Sow dans une structure sanitaire et que le temps nécessaire qu’exige son traitement convenable soit donné aux médecins conformément aux engagements nationaux et internationaux de la Mauritanie ;

– dénonce le silence complice de la plupart des partis politiques et des organisations nationales des droits de l’homme, et particulièrement, celui du groupe parlementaire de défense des droits de l’homme, resté passif face à cette grave atteinte aux droits fondamentaux d’une personne détenue pour ses convictions et son engagement pour une Mauritanie juste, égalitaire et respectueuse des valeurs de la citoyenneté et de l’Etat de droit ;

– porte les autorités mauritaniennes responsables de tout ce qui pourrait advenir de M. Djiby Sow suite aux mauvaises conditions de détention et au refus de le mettre à la disposition de médecins spécialisés pour lui prodiguer les soins nécessaires à même de sauver sa vie.

Fait à Nouakchott, le 26 mai 2015

Kawtal Ngam Ƴellitaare

source : Cridem

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