B’il a dit : La Mauritanie officieuse…

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B’il a dit : La Mauritanie officieuse…
RMI Biladi – La banque centrale de Mauritanie a adressé la semaine dernière une circulaire aux banques primaires les enjoignant de procéder au rapatriement intégral des devises, produites de la vente du poisson mauritanien à l’étranger.

Il est d’usage que les banques primaires maintiennent un niveau, aux alentours de 50%, autorisé de ces recettes, en monnaies étrangères auprès des banques extérieures, pour honorer leurs engagements vis-à-vis de leurs clients importateurs. La circulaire parait d’autant plus surprenante qu’il y a seulement quelques mois, on vantait les réserves en devises au niveau de la BCM à même d’assurer la couverture, se gargarisait-on, jusqu’à six mois d’importation des produits de premières nécessités.

La vantardise revenait, se prenait et se reprenait de la bouche du premier citoyen du pays à celle de la plus petite autorité financière publique. Un beau jour, on découvre ‘’ la dalle’’, le que dal, le néant monétaire. La situation était prévisible pour tant d’observateurs économiques nationaux.

Les usagers et cadres de la BCM parlaient déjà de la direction générale des marchés et des relations extérieures comme une chasse gardée de l’homme qui la dirige, avec laquelle il occupe, contre toute logique, tout esprit de bon sens et souci d’équité, le poste de gouverneur adjoint, depuis janvier 2014, jusqu’à l’heure où s’alignent ces mots.

C’est comme on dit, dans ce qu’on dit, juge et partie. Comme si à la banque centrale, il n’y a pas quatorze cadres parqués au cabinet du gouverneur. Dans la Mauritanie Nouvelle on préfère la cigale à la fourmi.

On a vu cela à la SNIM, qui s’évertuait à payer du blé, à la place du CSA, des avions, à la place d’une compagnie aérienne qui ne sert qu’aux déplacements sans fin, ni terme, vains et inutiles du premier citoyen du pays, prêter au privé pour arriver enfin à une enveloppe, dont elle aura le plus besoin quelque temps après.

A la BCM, c’est pareil. On a puisé, sans aucune forme de pitié ou de scrupules, dans les réserves qu’on a tant chantées. Aveuglés par l’appât du gain, les dessous-de-table, la soumission intéressée aux injonctions de l’entourage présidentiel immédiat, on sape toute politique monétaire pérenne et on fait plonger la souveraineté monétaire du pays dans le rouge.

Aujourd’hui, on revient aux banques primaires pour sauver un commerce extérieur qui, déjà, battait de l’aile, à cause de bien d’autres facteurs, tous générés par la politique économico-financière faite d’amateurisme et d’irresponsabilité, selon plus d’un opérateur économique national.

B’…

Prêterait-elle à l’officielle ?

Il suffit, alors, pour comprendre, que la machine économique du pays est grippée, de faire un petit tour auprès du marché des grossistes. Biladi a tenté le tour. Le constat est alarmant. La situation, chaotique. Hier et depuis quelque temps déjà, dans ce marché, personne ne veut acheter.

Tous veulent vendre. L’ouguiya ne circule plus. Elle ne saurait circuler, elle est morte, de sa mauvaise mort lâche un commerçant. La monnaie nationale a été écrasée, détruite, puisqu’elle a servi à construire – encore espérons qu’elle y parvienne- un méga projet d’aéroport international. Qui se construit au finish par le peu de liquidité qui circulait.

Comment ça ? Eh, bien c’est catastrophiquement simple, avance un industriel : Le projet de l’aéroport n’est pas le fruit d’un financement extérieur. C’est la monnaie nationale, qui le finance. Il est le produit de la vente d’un millions de mètres carres, viabilisées. Si ce n’était qu’un million de mètres carrés, on s’en sortirait à peine avec des dégâts énormes.

Or, derrière l’affaire de l’aéroport, se cache bien une autre, plus pernicieuse et plus cruelle. Des centaines d’hectares ont été offerts, pas offerts, placés, disons, chez des prête-noms, des intermédiaires pour ne construire aucun aéroport, mais pour les écouler, les vendre et remettre la recette à qui de droit.

Ces domaines fonciers ont aspiré une masse monétaire importante de notre ouguiya, explique cet acteur foncier. L’ouguiya aura servi finalement à acheter des devises qui seront bien placées dans les ailleurs plus discrets ou à payer la matière première pour les usines de l’industrie de bâtiment, fer à béton, ciment, ou, en partie, des équipements pour le projet de l’aéroport.

C’est une masse monétaire qui sort du circuit de l’économie nationale et ne risque pas d’y revenir de sitôt. Puisque, les acheteurs fonciers ne disposent désormais que d’immenses parcelles foncières sans âmes, ni intérêt immédiat, ni sur leurs détenteurs, ni sur l’économie locale. L’argent ne se mange pas deux fois. C’est connu.

Ça rend fou quelquefois, ce genre de situation. L’énervement, n’en parlons même pas, c’est le degré zéro de la démence. On comprend mieux, alors, l’emportement du premier citoyen du pays, en disant, dans ce qu’il disait, éteignez la télévision. L’affaire n’est pas celle du poisson, comme il a dit, lui, récemment essayant de railler la position de la délégation européenne au sujet de l’accord de pêche.

Non, l’affaire est celle de l’argent. La Mauritanie Nouvelle, l’officielle, bien entendu – il ne faut pas rêver – est au rouge. C’est bien compréhensible que celui qui l’incarne voit rouge. Qu’il Il voit rouge. Allez savoir pourquoi ? Aussi simple que ça. Ce n’est pas parce que le mensonge arrive à son échéance ou à cause de quelques engagements, promesses ou vantardises pris et prononcés ça-et-là.

Non ! Jamais ! Il voit rouge, puisque la Mauritanie officieuse, la Mauritanie parallèle, disons, la presque privée, celle faite des produits des ventes de toutes les espèces, humaines, politiques, foncières halieutiques, minières, foncières et on passe et repasse ne dispose plus de rivière nourricière. La rivière a tari. On fait quoi maintenant ?

Eh ben, on fait un dialogue. Ça ne marche pas. On achète les larmes publiques de quelque ponte politique. On rallonge son budget et on l’envoie pleurer sur la scène pourvu qu’il piège quelques âmes sensibles. Ça ne marche pas. Il faut négocier. Envoyer un fin négociateur de ministre au palais ocre.

Où il demanderait audience à Mohamed Ould Abdel Aziz, l’homme. Et engager par la suite avec lui des négociations sérieuses au nom de la collectivité. Pour prêter, à la collectivité, quelques liasses monétaires jusqu’à la saison nouvelle. C’est un dialogue, en plus, pour ceux qui aiment tant parler dialogue. Et c’est l’unique dialogue qui vaille.

B’…

biladi

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