La déconfiture par le troisième âge

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Les observateurs avertis sont, de plus en plus, inquiets des signaux très négatifs qui émanent de certaines personnes qui s’acharnent, comme de concert, à saper l’unité de ce peuple. Même si elles se revendiquent, à priori, de différents « courants », ces personnalités ont, en commun, de vouloir, de manière subtile mais perfide et pernicieuse, ancrer, de façon méthodique et structurée, « certaines animosités » au sein des esprits de la jeunesse. Leur objectif est clair : ameuter une partie de la population mauritanienne, en l’occurrence la composante arabe, contre toute possibilité de cohabitation avec les autres communautés du pays par des voix autres que la domination et le mépris. Il s’agit de tois personnalités ,publiques connues de tous et qui ont chacun marqué son territoire !

Chacun à sa manière, le tribaliste rétrograde, « l’intellectuel » figé perdu, dans les méandres des théories centenaires et oubliées de Clausewitz et l’avocat déboussolé conjuguent l’effort. C’est la pierre, la paille et le briquet réunis ! Et comme pour ne s’assumer que devant leur public cible restreint, ces hommes ne véhiculent leurs idées qu’en arabe vernaculaire (le Hassaniya) ou se font traduire en arabe littéraire leurs messages incendiaires, se gardant soigneusement de publier leurs textes en français, langue qu’ils maîtrisent parfaitement d’ailleurs, car c’est en elle qu’ils pensent et crachent leur venin dissimilé !
En effet, après la malencontreuse sortie de l’ex-sénateur Sidi Ould Dahi sur les écrans d’Al Wataniya et dans laquelle il fait l’apologie des crimes de masse et de génocide commis sous la dictature de Ould Taya en 1989-90 et 91, sans que personne, y compris dans l’opposition et le pouvoir, ne lève le petit doigt, c’est l’avocat nationaliste Mohamedhen Ould Ichidou, panarabiste devant l’éternel, qui écrit une série d’articles sur « le combat pour l’arabisation et l’identité nationale en Mauritanie ».

Servant une version hors contexte, loin de respecter les règles de l’objectivité qu’impose la décence à un homme qui se dit patriote et unitaire, il peint les tenants de l’autre version des faits avec des qualificatifs qui le décrédibilisent avant tout. La version qu’il tente d’imposer dans cette nouvelle tendance répandue de la réécriture fallacieuse et volée de l’histoire de la Mauritanie, née dans une couveuse africaine, fait quelque part, l’apologie de la violence, du déni des droits culturels et irait même jusqu’à l’appel à l’extermination du droit de l’autre à être associé à la destinée de son pays et à choisir la culture qu’il voudrait adopter et la langue qu’il voudrait voir ses enfants parler.

Au mieux, le nationaliste qui se dit progressiste n’a fait étalage que d’une hypocrisie dilatoire qui ne connait pas de mesures, ni de limites. En cela, pour les observateurs avertis qui l’ont suivi, celui-ci aura surtout joué le parfait complément de l’ex-sénateur, visiblement commis de la mission de dire à ceux qui parlent le Hassaniya, ce que pense, réellement, l’intelligentsia de la discorde. Celle qui chuchote aux oreilles des tenanciers du système qui n’ont d’autre chose à proposer aux Mauritaniens que les querelles de race, de langues et de régions.
C’est peut-être pour faire valoir son « repentir » d’être un homme de la « Guibla », donc culturellement suspect d’avoir un penchant présumé pour « la France et ses valets (suivez mon regard), que l’avocat ne cesse de vomir son amour démesurée d’une langue qui demeurera toujours un simple vecteur de culture et un outil de communication. Pas plus, ni moins !

Le troisième invité de la série de la « dérive » n’est autre que M. Mohamed Yehdhih Ould Breidelleil qui s’est évertué à remodeler légèrement ses articles publiés en 2012, à l’apogée de la crise malienne. A l’époque, l’homme avait appelé, ouvertement, à la création d’un Etat sahélo-saharien dont il avait sciemment précisé les composantes ethniques (les Maures, les Touarègues et les Gorans) avant même les limites géographiques.
Ces dernières devaient, pour lui, englober la Mauritanie, le nord Mali, le désert nigérien et le nord Tchad. Remarquez qu’il en a exclu le sud marocain et le sud algérien où vivent, pourtant, d’importantes communautés maures et berbères ! En plus de l’appel à la décomposition de la Mauritanie sous sa forme actuel, c’est l’isolation de communautés cibles aux lignes de démarcation entre l’Afrique noire et le monde arabe qui sous-tend l’idée. La copie « intello » de Ould M’Seika tentait ainsi d’asseoir des idées « intelligibles » pour expliquer la rupture brutale par la violence grégaire et sans discernement qui guidait la stratégie de son idole !

Aujourd’hui, l’homme remodèle ses pensées sur la question de l’Etat-tampon après qu’il eût, peut-être, compris que le temps n’est plus aux idées de Clausewitz, ni à la philosophie de l’Etat comme la percevait un certain Friedrich Hegel. Surtout que les visions et théories de Clausewitz (philosophe allemand de la stratégie du 17ème siècle) dont il tente d’imposer la théorie dans ces contrées, ont montré leurs limites en Europe même, l’Allemagne en premier lieu !

Dans la nouvelle série d’articles écrits exclusivement en arabe (donc à l’adresse d’un public cible bien choisi) sur les « enjeux stratégiques de la démocratie mauritanienne », l’on entrevoit déjà où l’homme veut en venir : arabes, maintenez votre domination, s’il le faut, par les armes et la violence. Ceux qui habitent ce pays, ne sont que des migrants. Au mieux, ils ne sont que des « entités marginales » qui doivent être tenues en tant que telles.

La communauté arabe avait toujours maintenu sa domination par les armes, le feu et le sang, tenant les « voisins » en respect, jusqu’aux limites de Rosso Béthio (lire la seconde partie de la série largement publiée dans les sites arabophones) !
En conclusion, l’on se demande pourquoi, trois hommes, tous septuagénaires, s’amusent-ils à attiser le feu dans leur propre demeure ? Pourquoi, au lieu de revoir leur passé avec du recul, avec une autocritique courageuse, veulent-ils toujours engager la jeunesse du pays dans l’abîme, la discorde et la guerre intestine ? Pourquoi ne s’illustrent-ils pas dans une campagne d’unification des Mauritaniens, toutes couches sociales et toutes communautés confondues, pour le bien-être de tous ? Ce n’est pas de ces messages que la Mauritanie a besoin aujourd’hui qu’elle est plongée dans une crise multiforme !

Aujourd’hui, les Mauritaniens, toutes races et tous courants idéologiques, politiques et sociaux confondus doivent faire bloc face à ces délires d’un autre âge.
Non ! Pour tous les patriotes sérieux et engagés pour l’avenir de ce pays, les pyromanes ne passeront pas !

Amar Ould Béjà

lauthentic.info

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