L’assourdissant silence du… vide !

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Depuis cinq semaines maintenant, les ouvriers de la SNIM sont entrés en grève. Le mouvement qui avait concerné plus de 3800 travailleurs sur un peu plus 4000 à Zouérate s’est élargi la semaine dernière à Nouadhibou, mettant la société, quoi que l’on dise, le dos au mur. La production qui s’est totalement arrêtée pour la première fois dans l’histoire du « Fleuron » de l’économie nationale ne risque pas de reprendre de sitôt. Tant que le gouvernement continuera dans son attitude aussi stupide qu’irresponsable à refuser le dialogue avec des ouvriers qui sont bel et bien dans leur droit.

Se prévalant d’un accord dûment signé par la SNIM qui s’engageait à leur accorder des indemnités et des augmentations de salaire, les travailleurs grévistes ne sont pas allés au-delà de leurs droits. Ils n’ont fait que poser une demande : que l’engagement de leur employeur soit tenu. Une attitude somme toute, ordinaire sous tous les cieux !

Et il revenait à la SNIM, au lieu de faire dans l’arrogance et la brutalité, d’expliquer, de discuter, le cas échant, de renégocier avec ses employés qui allaient sûrement comprendre, avec une simple méthode didactique de persuasion, que la société n’était pas, à l’instant précis, en mesure de respecter ses engagements. Cela n’étant pas fait, la situation devait s’empirer de jour en jour.

La direction de la SNIM, et l’Etat avec elle, appréciera très mal par la suite, l’élan de solidarité et l’unité dans le rang des travailleurs. Au début, elle avait cru pouvoir casser le mouvement par les vieilles méthodes habituelles : infiltrer les grévistes par des agents connus qui souffleraient sur les braises de la division en convoquant la race, la tribu, la région ou l’appartenance idéologique ou politique supposée des uns et des autres. En vain !

Des émissaires politiques, de hauts officiers de l’armée, des notabilités, des religieux, seront mis à profit par une Direction de la Snim qui ne savait finalement plus où donner de la tête. Chaque fois, le résultat était le même : l’échec… avec des travailleurs plus que jamais déterminés à recouvrer leurs droits. Même l’engagement acharné de tous les segments des renseignements, civils et militaires, n’a pas lézardé le solide mur en fer des travailleurs. A obstiné, désespéré et demi !
Le plus étonnant dans cette honteuse débâcle de la direction de ce qui passait pour être le plus crédible consortium économique national est que celui-ci est en train de couler du fait de trois cadres supérieurs, tous ingénieurs et fins connaisseurs du secteur et de la société.
D’abord le PM qui a fait carrière dans la boîte. Ensuite l’actuel ADG de la société qui fût aussi ses premiers pas professionnels dans la boîte avant d’être poussé à la sortie, dit-on, suite à un scandale qui devait empêcher, moralement, qu’il revienne dans la société, à plus forte raison dans un si haut niveau de responsabilités. Et enfin, le ministre de tutelle qui, même s’il n’a jamais travaillé dans la boîte n’en demeure pas moins un brillant ingénieur qui avait eu à diriger un autre mammouth du genre, la Somelec.

Ce trio devait, dès le départ, éviter que l’on en arrive à ce stade où les positions des uns et des autres sont braquées. Les signaux assez flous et souvent contradictoires émanant de la Présidence ne seront pas d’une contribution positive et utile à la solution du problème. L’on prête même à l’homme sur qui tout le monde comptait pour voir une sortie rapide de la crise s’amorcer des propos peu courtois à l’égard des travailleurs. S’y ajoutent les mesures « coercitives » de la direction visant à faire plier les travailleurs : fermeture de la clinique médicale, suspension des salaires et arrêt de tous les services de base, etc. Si ce n’est pas de la surenchère, cela lui ressemble.

Plus que jamais les positions entre les deux parties sont éparses et contradictoires.
Tout cela est inutile et contre-productif. Pour la société et l’Etat d’abord, pour les ouvriers ensuite et puis pour le pays tout entier. Aujourd’hui, la seule réponse logique et équitable est celle d’accepter de dialoguer et de discuter. Tout autre alternative conduit à l’irréparable. Seule la raison doit prévaloir. Il y va de l’intérêt de la nation et de la SNIM. Donc partant, de l’intérêt de tout le monde !

Amar Ould Béjà
lauthentic.info

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