Loupe du ‘Le Rénovateur’ : Etre Président en Mauritanie

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Etre Président en Mauritanie est à fois exercice aisé et risqué. La première guerre décisive et très déterminante pour la suite du mandat présidentiel est celle à engager contre les conspirateurs de tous bords du fauteuil royal qu’ils soient de l’armée militaire ou politique.

Surtout si le président est lui-même venu par un coup d’état. Qu’il soit élu démocratiquement ne lui donne aucune garantie d’être renversé un jour si l’occasion se présente pour un bidasse. La loi fondamentale n’y peut rien.

L’exemple de Sidioca en est la parfaite et triste illustration. Sachant tous les risques auxquels il s’expose le maitre de la situation consacre toute son énergie à la domestication économique des hautes sphères militaires en s’entourant d’hommes « dignes » de confiance et de marionnettes acquises aux ordres.

Le reste devient facile. Il pourra alors naviguer comme il veut dans les profondeurs d’une mer tranquille. A moins d’un coup de théâtre, la gestion politique et économique du pays devient pour lui un exercice doux, et surtout plein de tentations.

Ses opposants ne comptent pas grand-chose tant qu’ils ne soulèvent pas une insurrection populaire. Les grognes provoquées par la montée des prix ainsi que d’autres mouvements sociaux ne sont que des épiphénomènes faciles à mater à coups de grenades.

Quel président mauritanien eut-il une fois le courage de céder le pouvoir parce qu’il estime ne plus être en mesure de continuer ou que son mandat ne lui permette plus de diriger constitutionnellement le pays ? La question se pose aujourd’hui avec force à celui qui vient de briguer un second mandat et qui déjà respire l’ambition d’en ajouter un autre avant d’entamer celui en cours.

C’est là où les goulots d’étranglements commencent pour un glouton qui, n’ayant pas fini d’avaler ce qu’il a dans la bouche envoie une autre commande dans le pharynx.

Nous n’avons malheureusement pas eu la chance d’expérimenter une nouvelle génération de Présidents dont l’élection ne souffre d’aucune défaillance. L’espèce et son entourage qui continuent de régner sans partage avec ou sans les suffrages électoraux encombre les institutions politiques du pays, entrave son développement et désagrège les valeurs morales et éthiques qui en restent encore.

Au final la Mauritanie n’a encore droit qu’à un homme venu au pouvoir par le hasard de l’histoire qui verrouille toutes les portes et qui se fout éperdument du sort des millions de miséreux, de victimes silencieuses d’injustices, de hordes de marginalisés loin des somptueuses villas scintillant des matériaux précieux et sentant le jasmin… A suivre

Cheikh Tidiane Dia

lerenovateur

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