Campagne présidentielle : étrange spectacle

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Quel étrange spectacle que de voir le président sortant, candidat presqu’unique à sa propre succession, s’en prendre aux gens de l’opposition qui boycottent l’élection présidentielle et épargner de ses critiques ses adversaires directes dans la compétition !

Depuis l’ouverture officielle de la campagne pour la présidentielle du 21 juin prochain et pendant toutes les meetings qu’il a organisés dans les capitales régionales, Aziz s’est, en effet, emporté à plusieurs reprises et dans différentes villes contre les ‘’vieillards révolutionnaires’’, ‘’prévaricateurs et auteurs de la gabegie’’ depuis la création de l’Etat… Qui ont eu le tort, impardonnable apparemment aux yeux du président, d’appeler au boycott de l’élection…

Et parce que les candidats déclarés à cette élection ne font pas le poids contre l’auteur de la rectification et parce qu’il est plus que certain de remporter très facilement cette partie, son principal devient donc objectivement celui qui appelle les citoyens de s’abstenir d’aller aux urnes, dans la mesure où cela puisse altérer la victoire du champion toutes catégories des joutes électorales passées et à venir sous nos cieux.

Dès lors, il est compréhensible que le président candidat s’attaque à ces adversaires invétérés qui avaient déjà appelé en 2011 à son Rahil d’un pouvoir qu’il a arraché par son fusil et qui de surcroit viennent de réussir à mobiliser un grand monde à Nouakchott en faveur de leur mot d’ordre de boycott.

L’homme atypique au pouvoir dans notre pays depuis 2008 et auquel tout a réussi jusqu’à présent, n’a rien changé dans son verbe ni dans ses méthodes. Il continue d’attaquer frontalement ses adversaires, lui personnellement, au moment où ses lieutenants, à l’image de son directeur de campagne, observe un peu plus de retenu à l’égard des adversaires et paraissent ménager l’avenir…

Ce qui n’est pourtant pas le cas de l’outil politique du pouvoir et porte voix de son maitre, l’Union pour la République (UPR), qui vient de pondre un communiqué dans lequel il s’en prend à l’opposition avec des mots acerbes et parfois même vulgaires…

Il est loin, le cas échéant, le débat d’idées auquel on pouvait s’attendre dans de telles circonstances politiques. C’est consternant… mais on est chez nous en Mauritanie où le ridicule ne tue plus !

biladi

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