Aziz et les haillons !

0
97

Dans la soirée de samedi, le Wali de Nouakchott et le Directeur régional de la Sûreté de Nouakchott auraient notifié aux responsables de la Coordination de la Marche du 25 avril et du Comité de solidarité qu’il n’était pas permis aux marcheurs de progresser vers le Palais présidentiel, leur destination finale, à travers une marche à pieds.

Selon eux, l’Etat ne pouvait pas tolérer une marche de Tinouieich à la Présidence à pied, car il ne pouvait pas assurer la sécurité des marcheurs et ne pouvait point les prémunir contre les infiltrations éventuelles. Pourtant, cette même Wilaya et ce même Directeur régional de la sûreté avaient bien assuré avec brio la sécurisation de toutes les marches « bien vues ».

Pourtant aussi, ils avaient bien été outillés lorsqu’il fallait canaliser les rangs des marches tolérées sinon initiées par le Pouvoir. Que craint-on ? Pourquoi donc a-t-on peur d’hommes en haillons, épuisés, qui ont marché dix jours, portant avec eux seul comme arme l’espoir de voir leur présent amélioré ? Pourquoi a-t-on peur de ces paisibles hères innocents, passifs et qui à l’état présent, ne son même pas capables de faire mal à une mouche ?

Partis de leurs camps pour être reçus par le Président de la République auprès de qui ils comptent poser leurs doléances, les rapatriés pourraient bien voir leur démarche à l’eau. En effet, il semblerait, selon certains, que des lobbies malveillants qui entoureraient le Président Aziz feraient des pieds et des mains pour que les rapatriés marcheurs n’aient pas accès à la Présidence. La raison essentielle est que ces derniers auraient peur que le président ne demande des comptes à ceux qui avaient en charge le dossier des Rapatriés, qui ont dépensé comme ils le voulaient les fonds libérés à propos faisant et défaisant la scène comme ils l’entendaient.

Ce sont ceux-là, qui finalement, lui avaient toujours menti sur la situation des rapatriés qui craignent aujourd’hui surtout que des comptes soient demandés sur les modalités de dépense de plus de 23 milliards d’UM que l’ANAIR dit avoir mis au service des rapatriés. A ceux-ci, il faut ajouter des ONG, parrainées par des réseaux qui gravitent autour du Président, qui elles aussi ne seraient pas exentes de tout reproches, elles qui ont toujours fait miroiter au Président que tout allait bien au misérable monde des rapatriés.

L’alliance des adeptes de ce cache sexe de la misère des rapatriés est en train de noyer l’esprit des marcheurs (et leurs droits avec) dans une série de mensonges, de BR montés de toutes pièces et d’autres instruments de rabotages de basse classe. En tout état de cause, et malgré tout, les marcheurs de Houdalaye ont réussi leur action. Leur acte militant aura un important impact sur l’avenir de la lutte des opprimés, des oubliés et laissés pour compte en Mauritanie. Elle rallumera, avec vivacité, la flamme des revendications pacifiques des droits dans ce pays.

Mieux, désormais, personne ne peut plus dire qu’il n’était pas au courant de la situation de calvaire et de précarité absolue que vivent les rapatriés dans leurs camps d’infortune. Personne ne pourrait désormais dire qu’il ne sait pas ce qui se passe avec l’état-civil des rapatriés, avec la question des terres, du calvaire du village de Donnaye. Personne ne pourra plus jamais se prévaloir de l’ignorance sur la situation des jeunes qui avaient vu leur avenir compromis par les déportations et qui devraient avoir droit à la priorité dans la réinsertion à travers une formation adéquate et profitable.

A la vue de ces « gueux » sortis de toutes parts, personne ne pourra plus jamais dire que ce qui se passe dans les sites d’accueil est « exagéré ». Elles sont 112 personnes qui se sont sacrifiées tout au long de 400 km, à pieds, pour attirer l’attention sur leur misère… L’image laissée par leurs visages perdus à la vue de la capitale restera longtemps encore gravée dans la mémoire des populations de Nouakchott parties à leur accueil. En tout état de cause, le Président Ould Abdel Aziz gagnerait beaucoup de crédibilité et de clairvoyance s’il acceptait de recevoir les cent marcheurs en haillon !

Amar Ould Béjà

lauthentic.info

Laissez une réponse

Please enter your comment!
Please enter your name here