La 2000 édition de l’Authentique

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L’édition que voici est censée être la 2000e dans le cours de l’histoire de votre quotidien. Ces quinze dernières années sur deux mille parutions, vous aviez eu à lire L’Authentique avec ses imperfections, ses prétentions, ses prophéties et ses « lectures ». Parfois, il a choqué. Souvent, il a réconforté. Le plus souvent, il a été au vitriole contre un (dé)sordre imposé en « un » système en Mauritanie. Souvent, il a chauffé l’encre pour se dresser contre l’injustice, le sectarisme, le racisme, le clanisme et la marginalisation. Il a crié contre l’appauvrissement structuré et contrôlé du peuple pour étouffer ses aspirations à la liberté, à l’égalité et au droit d’être respecté, écouté et pris en compte. Bref, L’Authentique n’a jamais cessé de chanter la démocratie. Pour le reste bonjour l’obscurantisme.

L’obscurantisme ne se trouve pas seulement chez certains « barbus » qui sont prêts à brûler le monde (et la Mauritanie avec) parce que quelqu’un a osé penser autrement ou a humé l’air de ce qu’il croit être une liberté innée. Non, il est partout l’obscurantisme. Chez nous, il est d’abord familial. Il est aussi clanique, tribal et ensuite racial avant de prendre d’autres formes dont la plus asphyxiante aujourd’hui, pour nous, est sa forme politique.

A chaque fois que l’occasion lui est donnée, L’Authentique ne s’est pas privé d’écrire, dans des termes crus et parfois provocateurs contre la réalité combien triste et amère des damnés de ce pays. Ce journal qui se veut un pied de nez contre les puissants et les forts, puise ses thématiques de la réalité au jour le jour. Loin des discours creux et des promesses imbéciles. Loin aussi des contraintes classiques d’un journaleux en Mauritanie. Ménager les « susceptibilités » des gros payeurs n’est pas son beurre. Baisser la tignasse devant un « abonné » catégorie « privilégié » n’est pas son verre de thé. Quand il se positionne en sniper, il dégaine et tire. Dans la logique du snipper, la nature de la cible compte très peu. C’est la leçon de Sarajevo. Les stratèges et autres hommes politiques de notre pays, le savent. Ils l’ont appris dans l’ABC de la « gestion » des maillons du Système. Encore lui, ce système !

L’Authentique est convaincu que la classe politique mauritanienne a pourri tout dans ce pays. Ses journalistes en ont vu de toutes les couleurs. Du temps du PPM où ils avaient assisté aux cérémonies de sacrifice de tout pour le Père de la Nation. Après ce dernier, ils ne comprenaient plus rien, si ce n’est que dans ce pays, l’hypocrisie est un art et le mensonge une vertu chez le politique. Et dans la foulée, c’est l’homo mauritanien qui a été façonné de la sorte. Et à force de se mentir, de mentir son ami à son collègue, à son chef, à son épouse, puis à ses enfants, celui-ci a fini par croire en la religion du mensonge. D’où l’impossibilité de faire quoi que ce soit de notre existence, excepté mentir, mentir et faire hypocrite. Mentir pour la forme, mentir pour arriver au sommet des choses, qui elles-mêmes, sont mirages !

A L’Authentique, nous sommes sur un nuage quand nous écrivons. Non plutôt, sur un volcan. Nous voulons que les Mauritaniens se sentent responsables devant l’Eternel, puis devant leur conscience et puis devant leur pays. Que chacun fasse son mea culpa et qu’il se dise que ce pays ne mérite pas cela et que, à force de laisser les choses se poursuivre, on n’aura pas mérité de pays, ni d’indépendance et encore moins de patrie. Oui en 50 ans d’indépendance, on a cultivé le rêve pendant seulement 18 ans. Puis vint l’époque de pieds bruyants. Les anciens disaient « le fantôme des chaussures du diable ».

Depuis le départ du Père, nous avons perdu notre âme. Nous ne croyons plus en rien. Notre cerveau a opéré une mutation rapide et invraisemblable. Il a « gazré » la place centrale entre le nombril et les vertèbres. Depuis, c’est le ventre qui commande. Et ce ventre, ne pense d’abord que pour lui.

Et dès lors où le bureau central, le comité militaire et le conseil national ou le bureau exécutif ne sont que l’association de défenseurs du ventre (dans tous les sens du terme) rien ne peut fonctionner. Voyez vous-mêmes, l’école est constipée, la morale a disparu, les repères ont fondu, l’administration sclérosée, et la jeunesse pervertie !

Dans l’empire du ventre rampant, tous les responsables ont la hideuse face d’une vipère. Imperturbables, ils migrent au gré des pouvoirs et des saisons. La raison… ! Ils s’en foutent. La morale… ! Au diable ! Pourvu que le ventre soit content. Ils n’ont d’idéal, ni d’objectif autre que satisfaire aux exigences du ventre. Pour le reste, il n’y a rien à voir : la Mauritanie n’est pas bien pourvue. Elle manque de tout. Y compris de classe politique. Dites donc avec ce penseur qui a affirmé : « supprimons la classe politique et faisons la démocratie ».

Seulement, sommes-nous capables de mener cette démocratie. A y voir de près, la démocratie est presque impossible chez nous. Théâtre d’une tragédie comédie que la « classe politique » les puissances locales des finances, les commerçants, les acteurs de la société civile, la presse, les intellectuels et la force rétrograde de la féodalité vassalisée lui imposent, le pays est d’abord à la recherche d’un peuple. Et celui-là ne présente encore pas de prémices de sa venue au monde. En tout état de cause, le jour où ce peuple naîtra, la démocratie prospérera et tous les ventres feront… pschuuuut !

Ligne de mire de l’Authentique

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