Communiqué : Problème des dockers

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Dans une ambiance marquée par une connivence officielle douteuse et une indifférence suspecte des médias, la crise qui oppose les dockers du Port de l’Amitié (PANPA) et la société d’import –export Trecom appartenant à un homme d’affaires proche du pouvoir se poursuit depuis déjà deux mois.

Cette crise s’est déclenchée lorsque Trecom a décidé d’enfreindre l’accord conclu l’année dernière et qui a mis un terme à une crise similaire au PANPA, permettant aux dockers d’obtenir une augmentation sensible du prix à la tonne.

Mais cette augmentation n’a pas été du gout du propriétaire de Trecom qui monopolise près de 70% de l’importation des denrées alimentaires et qui a décidé alors de recourir au système dit « sortie TC » qui consiste à sortir les containers du port sans les ouvrir en se servant dune main-d’œuvre sous-payée pour les décharger dans ses dépôts situés dans le centre-ville.

Les dockers ont alors manifesté leur colère et réclamé l’annulation de cette décision injuste et désastreuse pour eux. Et ce d autant plus qu’elle est le d’un seul importateur à l’exception de tous les autres.

Devant l’entêtement de la société à sortir ses produits dans des containers, les dockers ont décidé d’un mouvement de grève et refusé de décharger les bateaux dont les cargaisons sont destinées à cet importateur. Des produits arrivés en sacs à bord de bateaux vraquiers. C’est le cas de produits comme le riz, le sucre, le blé.

L’objectif de cette grève ciblée- les dockers affirmant leur disponibilité à décharger tout autre navire- était de faire pression sur l’importateur pour obtenir des concessions et parvenir, le cas échéant, à une solution consensuelle. Cette action s’est avérée toutefois contre-productive lorsque Trecom décida, avec la complicité évidente de la direction du Port Autonome de refuser l’accostage de tout autre navire que celui de TRECOM et d’affecter définitivement le poste destiné à ce type de bateau à celui de ce puissant Groupe, privant ainsi de travail et donc de revenu des milliers de dockers. Résultat : une quinzaine de navires sont depuis six semaines en attente d’accostage dans l’espoir d’un hypothétique tour qui ne pourrait arriver que trop tard.

Cette crise illustre une fois de plus, de façon scandaleuse et indéniable, la connivence et l’imbrication des intérêts des directions du PAN et de la douane, ainsi que des ministères du Travail, de l’Équipement et des Transports avec certains milieux d’affaires, tous mobilisés pour couvrir les violations flagrantes et constantes de la loi et des droits des travailleurs par une société de la place.

Une société qui exerce un monopole de fait sur le secteur de l’import, contourne ouvertement la surveillance des marchandises par la gendarmerie et les douanes, occupe illégalement l’un des deux postes d’accostage du port et empêche à travers le système de sortie container toute identification de la nature des produits importés.

Cette société va beaucoup plus loin dans la violation des droits des travailleurs qu’elle prive du chargement des containers, les condamnant à une alternative dramatique : se plier à ces conditions illégales ou mourir de faim. Il s’agit, faut-il le rappeler de plus de six mille dockers.

L’UFP :

– Condamne fermement la complicité irresponsable du pouvoir en place avec la société Trecom pour affamer plus de six mille familles parmi les plus pauvres du pays, sous la direction de celui qui se faisait appeler jusqu’à une période récente, président des pauvres.

– Exige de la direction du Port Autonome de Nouakchott qu’elle libère, sans délais, le poste d’accostage devant les navires en attente, soit en déchargeant le bateau de Trecom qui l’occupe, soit en le chassant hors du port tout en lui faisant payer tous les impôts et amendes inhérents à l’occupation illégale du port et le condamnant à dédommager les dockers pour tous les préjudices subis durant cette période.

– Met en garde les autorités contre les conséquences graves que pourraient entraîner les abus et le trafic d’influence auxquels s’adonnent quelques groupes influents entretenant des relations suspectes avec le pouvoir en place et contre les dérapages auxquels pourrait conduire une situation de plus en plus intenable.

Nouakchott, le 23 février 2014

Le Département de la Communication

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