Me Bouhoubeyni : les victimes d’inondations ont droit à indemnisation

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La ville de Nouakchott est encerclée par les eaux, les populations sinistrées vivent fatalement leur calvaire, Les sinistrés, demandent à être relogés dans de vrais logements, et vivre dignement, ils ont fait part de leur sentiment d’avoir été abandonnés par les pouvoirs publics, pour eux, les voix des responsables publics sont restées inaudibles dans le débat sur la réponse à apporter à leur calvaire.

Nombre de ministres sont demeurés silencieux. Pendant ce temps, le gouvernement a les yeux rivés sur la ceinture verte, paradoxalement au moment où la ville sent le besoin d’une désertification poussée, une fois n’est pas coutume, pour absorber les eaux que le gouvernement observe avec impuissance.

Personne au chevet des populations sinistrées. Les sinistres sont vécus avec fatalisme, les sinistrés savent que l’état devait agir mais reconnaissent que les autorités sont incapables, incompétentes et frappées de malédiction.

Mais force est de constater que rares sont ceux qui raisonnent en terme de droit, Le droit au logement, le droit à la protection, le droit à la sécurité, le droit à l’assainissement, le droit à l’indemnisation, sont des droits économiques et sociaux qui font partie intégrante des droits de l’Homme.

Rares sont, en effet, ceux qui savent que les États assument la principale responsabilité en matière de réalisation des droits humains. Même si les gouvernements peuvent avoir besoin de temps pour faire des droits économiques, sociaux et culturels une réalité, cela ne signifie pas qu’ils ne doivent pas agir.

Ils doivent prendre des mesures en vue de la concrétisation de ces droits. Ils doivent s’acquitter en priorité de leurs « obligations fondamentales minimales », c’est–à-dire satisfaire l’essentiel de chacun de ces droits.

Partout dans le monde le gouvernement débloque un soutien financier aux propriétaires ayant subi des dégâts provoqués par les inondations, Il y’a quelques mois, au Togo, les victimes des incendies du marché de Lomé ont été indemnisées par le gouvernement.

Au Maroc il y’a moins de deux ans, lors des inondations de la ville de Tanger, le gouvernement a reconnu à la région le statut de zone sinistrée afin de bénéficier du fonds spécial dédié à l’indemnisation des victimes des inondations et des grandes catastrophes naturelles.

Nouakchott et certains villages doivent être déclarés zones sinistrées et bénéficier du soutien de l’Etat. Il s’agit pour les citoyens d’un droit et pour l’Etat d’un devoir. Mais hélas, on ne le dira jamais assez, la culture juridique fait cruellement défaut en Mauritanie.

Un repli sur le fatalisme est observé à chaque fois que le citoyen est frappé par une négligence caractérisée ou une violation notoire de ses droits les plus élémentaires. Les chômeurs s’accommodent bien de leurs boulots informels et précaires nonobstant leur droit au travail,

Les évacués sanitaires continuent de peser sur les bourses collectives de « leurs proches » alors qu’il appartient à l’Etat de leur assurer le droit à la santé, L’absence d’une véritable prise de conscience de ses droits par le citoyen conjuguée à la négligence caractérisée des pouvoirs publics font que dans pareilles situations ( comme celles des inondations de Nouakchott) les sinistrés sont laissés pour compte. Ceci est inadmissible dans un État de droit.

La démission des autorités, observée, depuis le début des inondations, est inacceptable.

Maitre A.S.Bouhoubeyni

source : cridem

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