Bouhoubeyni s’adresse en termes crus à Sid’Ahmed Ould Rais

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Dans une lettre datée du 12 mars, maître Bouhoubeyni s’est adressé en termes crus au gouverneur de la de la Banque centrale en l’occurrence Sid’Ahmed Ould Rais. Taqadoumy publie la missive de l’avocat dans son intégralité.

A Monsieur le gouverneur de la Banque centrale Sid’Ahmed Ould Rais,

Suite à vos agissements sur instructions des plus hautes autorités de l’Etat vous avez fermé à la Banque GBM l’accès aux devises, la gestion de ses propres comptes, séquestré ses comptes courants ouverts dans les livres de la BCM, qui étaient créditeur de 18 milliard d’ouguiya puis opéré des mouvements non justifiés sur le compte MRO de cette banque , tout en vous abstenant de donner les détails desdits mouvements.

Il s’agit manifestement là d’une violation de vos obligations relatives au respect des règles de bonne conduite de la profession que vous êtes tenus de respecter et de faire respecter ainsi qu’une violation flagrante de vos obligations relatives à la garantie de la stabilité et la crédibilité du système financier Mauritanien.

Je me permets de vous rappeler, Monsieur le Gouverneur, puisque visiblement vous réduisez cette institution jadis respectable et respectée à un outil de répression au service du pouvoir, que la Banque Centrale est une institution indépendante, en vertu des textes qui la régissent. Elle ne peut solliciter ou accepter des instructions.

Dois-je vous rappeler par ailleurs que vous êtes tenus au secret professionnel obligatoire, obligation qui est pénalement sanctionnée par les dispositions de l’article 80 de l’ordonnance 004/2007 portant statut de la Banque Centrale de Mauritanie et que vous avez violée lorsque vous avez demandé à la GBM, par courrier en date du 14 Janvier 2013, communication de l’identité et des soldes des plus gros déposants de la GBM pour en faire l’usage honteux qui s’en est suivi, à savoir lesdites sociétés (SMCP, SNIM, GIP SA, Fondation SNIM, Port Autonome de Nouadhibou, Port Autonome de Nouakchott) ont donné immédiatement et simultanément instruction à la GBM par ordre, de virer les mêmes avoirs, à la virgule près, sur des comptes ouverts dans d’autres banques.

Dois-je vous également vous rappeler, Monsieur le Gouverneur, que « l’indépendance de la Banque Centrale doit être respectée en tous temps et aucune personne ou entité ne doit chercher à influencer les membres des organes décisionnels ou les agents de la banque dans l’exécution de leur fonction ou interférer dans les activités de la Banque ».

Hier chargée de veiller à l’équilibre des banques primaires y compris à travers les appuis financiers à celles en difficulté, aujourd’hui sous votre règne peu glorieux, la Banque Centrale est devenue l’outil approprié pour détruire les institutions les plus performantes du système financier Mauritanien Quel gâchis ! Quel excès de pouvoir dont vous êtes comptable et dont vous répondrez forcément.

Au moment où je vous transmets cette indignation à la hauteur des forfaits dénoncés, je vous mets en garde et vous prie sans délai de mettre fin à vos forfaits pour les quels vous tentez d’impliqués des cadres de la banque connus pour leur intégrité comme Monsieur Dieng Adama Boubou directeur de la supervision Bancaire pour en faire un nouveau « Fodé » chargé du sale boulot, comme le commissaire Fodé Dramé qui, selon mon client Mohamed Debagh, a dénaturé ses procès verbaux police.

Je me réserve le droit d’engager contre vous personnellement et tous les cadres et agents impliqués dans ce qui ressemble à une association de malfaiteurs qui, dans le sens du code pénal mauritanien est toute association formée, quelque soit sa durée ou le nombre de ses membres, toute entente établie dans le but de préparer ou de commettre des crimes contre les personnes ou les propriétés, qualifiée de crime contre la paix publique.

J’ajoute que ceci intervient au moment où les auditeurs de la Banque Centrale de Mauritanie ont émis des réserves sur les états financiers de ces dernières années et au moment où toutes les banques primaires vous accusent de concurrence déloyale notamment au regard de votre marché parallèle de change et relations douteuses avec les entreprises minières et sociétés de pêche sommées désormais de ne plus traiter avec les banques primaires mais directement avec la Banque Centrale .

Vos agissements m’empêchent de conclure par les formules de considérations d’usage j’attends néanmoins votre réponse.

Maître Ahmed Salem Bouhoubeyni

Le 12/03/2013

taqadoumy

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