La Mauritanie, « une plaque tournante du trafic de drogue » dans le Sahel

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La Mauritanie est devenue, en un temps record, une plaque tournante du trafic de drogue dans la région sahélo-saharienne. Elle est un important point de passage pour alimenter les marchés européens et du Moyen-Orient.

L’information a été révélée dans une enquête (voir ici) de 32 pages réalisée par Carnegie Endowment for International Peace, publiée en septembre 2012 et consultée par Alakhbar.

L’enquête rappelle que 360 kilogrammes de cocaïne ont été saisis à l’aéroport de Nouadhibou en mai 2007 et 830 autres kilogrammes à Nouakchott en août dans la même année.

Des côtes mauritaniennes et guinéennes est également acheminé de la cocaïne et de la résine de cannabis (hachis) vers l’Europe via d’abord le nord du Mali puis l’Algérie, le Maroc et la Libye.

Le cannabis, qui provient de l’Algérie et du Sahara occidental, arrive en Mauritanie par voie terrestre ou à bord de pirogues. Elle est ensuite transporteé à l’extrême nord du Mali ou à la ville malienne de Tombouctou à partir de Nouakchott ou de Néma (Sud-est Mauritanie).

Le trafic de cannabis est assuré jusqu’au Nord Mali par des réseaux mauritaniens, marocains et sahraouis. Des officiers de l’armée algérienne seraient aussi impliqués. À partir du nord du Mali, d’autres trafiquants arabes maliens qui jouissent de relations familiales et tribales avec la Mauritanie et le Niger, prennent le relai. Ils transportent la marchandise au Nord du Niger ou au sud de l’Algérie pour la destination libyenne. La drogue est acheminée par la suite en Europe via les Balkans, en Egypte puis en Israël, ou vers les pays du Golf via le Tchad et le Soudan.

Mais depuis le déclanchement du conflit au Nord-Mali en début 2012, le trafic terrestre de drogue est au ralenti dans la zone sahélo-saharienne en raison de la baisse globale de cette activités illicite en Afrique de l’oust qui dépendait fortement des points de passages côtiers.

En revanche l’exportation de cannabis via la Mauritanie en destination de la Libye, de l’Egypte et des pays du Golf enregistre une importante progression. La preuve: deux tonnes de cannabis ont été saisies près de la ville de Nouadhibou (Nord-Mauritanie) en janvier 2012 et 3.6 tonnes au Timbedra (Est-Mauritanie) en mai 2012. L’instabilité en Libye et le conflit au Mali n’ont pas découragé les trafiquants. Quatre tonnes de cannabis ont d’ailleurs été saisies en Libye en mai 2012. Tripoli est même au centre de ce trafic.

Ces derniers jours, la question de la drogue a investi le débat politique en Mauritanie après qu’un député de la majorité française a accusé le président Mohamed Ould Abdel la Aziz de « parrainage de trafic de drogue ». La Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) a dénoncé « le silence officiel » face à cette « accusation grave ».

alakhbar

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